‹ Le Portugal et ses coloniesChapitre 87 sur 194 · DÉPENSES DÉPENSES RECETTES ORDINAIRES EXTRAORDINAIRES · texte numérisé non relu

DÉPENSES DÉPENSES RECETTES ORDINAIRES EXTRAORDINAIRES

Les causes de cette situation sont diverses. Il faut remarquer, tout d'abord, que cette colonie, qui fournissait de nègres les îles du Cap Vert et d'autres colonies africaines, a été atteinte dans une des sources de son ancienne prospérité par labolition de l'esclavage. L'agriculture et le commerce ne sont pas encore parvenus à compenser cette perte. On accuse souvent aussi le climat de la Guinée — peut-être avec quelque exagération. Les luttes continuelles entre les diverses tribus ont été un autre obstacle au développement économique de cette région. Mais il faut ajouter qu'ici comme dans la plupart des colonies portugaises, c'est l'administration qui est surtout responsable.

Les grands fleuves et les rivières navigables fécondent toute cette contrée, dont la richesse naturelle contraste étrangement avec l'abandon où elle est laissée. En 1906, la mission franco-portugaise de délimitation, chargée de poursuivre l'exécution du traité du 12 mai 1886 et présidée parle D"" Maclaud pour la France, et par le lieutenant de vaisseau Musanty pour le Portugal, constatait l'importance de cette richesse et la faciUté relative avec laquelle on pourrait l'exploiter. En effet, si l'on fait exception de quelques ti'ibus, Tindigène de la Guinée est, en général, travailleur et plein de bonne volonté, et il serait aisé, semble-t-il, de développer ragriculture en utilisant sur une vaste échelle un système agraire assez curieux, depuis longtemps connu dans le j)ays, et qui rappelle le système de « colonat partiaire » en vigueur dans les régions salic oies de nos départements de l'Ouest'.

1. Le propriétaire ou fermier loue des travailleurs, auxquels il Idurnit

Parmi les cultures susceptibles de grand rendement, on cite : la canne à sucre, particulièrement dans les terres basses du lilloral; le caoutchouc, dans les îles comme sur le continent: le carapa, qui donne une huile de bonne qualité; le coton, introduit en Guinée, il y a dix-huit ans par un Français, M. Pierre Puvelj et qui semble appelé à un certain avenir; là kola, le tabac, etc. 11 faut ajouter que les richesses forestières sont innombrables, mais presque absolument négligées.

Actuellement, les principales exportations sont : le caoutchouc (225 contos de reisen i905) les arachides ou mancarra (152 contos}, la noix de palme (97 contos), les pignons d'Inde, la cire d'abeilles et les cuirs.

Le mouvement commercial a élé de 1349,3 contos de reis en 1905, dont 857, i contos àTimportation et 492,2 à l'exportation. Il était en 1895 de 504 contos, dont 286 à l'importation et 921 à l'exportation.

Il est à noter que, tant à l'exportation qu'à l'importation, c'est rAllemagne qui occupe la première place'. Elle importe surtout de l'alcool, du riz, du tabac, des tissus de coton. Les uniformes militaires et le vin sont fournis à peu près exclusivement par la métropole.

En 1901, les statistiques mentionnent l'entrée dans les ports de Bolama et de Bissao respectivement de 23 et 26 vapeurs allemands, avec un total de 21.000 et 23.800 tonnes. La

des semences et des moyens d'existence jusqu'à la récolte. La récolle faite, le travailleur prélève d'abord la quanlité de graines nécessaire pour rembourser au propriétaire les avances faites : il n'a ensuite d'autre obligation que de lui vendre tout ou partie du surplus.

(Voir de Almada Negreiros, loc. cit., p. '268).

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