‹ Le Portugal et ses coloniesChapitre 95 sur 194 · CHAPITRE V A N G 0 L A · texte numérisé non relu

CHAPITRE V A N G 0 L A

La colonie d'Angola* est peut-être In plus ancienne des colonies portugaises (1483), bien que rnclion olticielle et l'initiative des particuliers se soient longtemps cantonnées dans les régions du littoral. De même que le Brésil autrefois, on l'a toujours considérée comme un prolongement de la mère-

1. La province d'Angola embrasse une ligne de côtes de 1.625 kilomètres de long, du Congo à remboucliurc du Cunéné. Elle occupe une superficie de 1.255.700 kilomètres carrés ; sa population est évaluée -k 4.200.000 habitants. La population blanche se compose de Portugais, do Brésiliens, de métis de Goa, de Boers amenés en 1875. Le gros de la population est constitué i)ar des Bantous fétichistes, qui paraissent susceptibles de rendre des services à la colonisation.

La colonie comprend deux parties d'inégale grandeur : le district de Cabinda, au nord du Congo iZairé) est complètement entouré par le Congo français et le Congo belge (traités du 12 mai 1880-23 janvier 1901 avec la France et du 25 mai IX'Jl avec l'IClat du Congo). Le district tlu Zairé, au sud du fleuve, a eu ses limites fixées par la convention de 1891. Une autre convention, de la même année, a séparé l'Angola de la Zambézic anglaise, enlevant aux Portugais tout espoir d'unir leurs possessions de l'Atlantique k celles de l'Océan Indien, linfin. la convention avec l'Allemagne du 30 décembre 1886 a fixé la limite méridionale.

Le sol présente les caractères généraux du plateau africain.

Des fleuves très nombreux franchissent les montagnes. Ils sont généralement navigables dans leurs cours moyen et inférieur. Le Congo borde la colonie sur KiO kilomètres, largement ouverts à la navigation.

Climat. — Le courant froid du Benguella qui suit de près lacAte (du Cap au Congo) et la brise de mer abaissent dans une certaine mesure la température tropicale. Mais ce qui domine, c'est le vent de terre, porteur des miasmes |)aludéens. La température, les pluies et la malaria vont en décroissant, à mesure que l'on s'approche du bassin inférieur de la Counéné, où il ne |)leiit presque pas. La région la plus salubre de la colonie est le plateau de IIuilla-Bihé.

Angf)Ia |)os.sède des ports naturels très nombreux : Anihriz, Loanda. Lobito,

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patrie. En dépit des déboires de l'heure actuelle, on fonde encore sur elle bien des espérances, que justifient — il faut le dire — son étendue et ses richesses naturelles. Quatorze fois plus grande que le Portua^al — deux fois et demi la superficie de la France — bordée par l'Atlantique sur des centaines de milles, avec des ports d'une grande valeur commerciale, elle est, en outre, dotée d'un important réseau fluvial, qui facilite les relations à l'intérieur, en même temps qu'il aide puissamment au développement de l'agriculture. Son sol fertile se prête à une grande variété de cultures et l'on peut attendre beaucoup de la mise en valeur de vastes régions de la colonie, qui sont encore inexploitées ou même explorées imparfaitement.

Malheureusement, depuis un certain nombre d'années, cette colonie souffre d'une crise économique et financière très aiguë, qui se traduit dans ses budgets par des déficits constants (contos de reis) :

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