IMPORTATION' EXPORTATION
La majeure partie des importations proviennent, naturellement, de la métropole. C'est cette dernière qui fournit Angola presque exclusivement de tissus de coton, d'huile, de chaussures fines, de farine de blé, de savons, de vins. Les conserves alimentaires importées du Portugal figurent pour 83 p. 100, les médicaments pour 77 p. 100, la poudre (destinée aux échanges avec les indigènes) pour 57 p. 100, le tabac pour 93 p. 100, le lard et la viande pour 94 p. 100. Les autres pays importateurs ont été, en 1902 : l'Angleterre avec 488 contos, l'Allemagne 322, les États-Unis du Nord 96, la France 91, la Belgique 47 et l'Italie 28 contos'.
Les principaux produits exportés sont : le caoutchouc (1899 :
1. La faible part du pavillon étranger à Texportation s'explique par le fait que la législation douanière portugaise oblige, en fait, à entreposer à Lisbonne toutes les exportations d'Angola. Les produits portugais ou naturalisés ne paient, à l'entrée des ports de la colonie, que 10 p. 100 des droits de douane portés au tarif; les produits étrangers nun-naturalisés, mais entreposés à Lisbonne et réexportés de ce port pour l'Angola, ne paient encore que 80 p. 100 de ces mêmes droits ; tandis que les marchandises d'Angola, importées sous pavillon portugais, bénéficient d'une réduction de 50 p. 100. D'où l'intérêt des étrangers : 1» à faire naturaliser leurs marchandises ; 2" tout au moins, à débarquer leurs marchandises à l'entrepôt de Lisbonne, quand ils ne peuvent les dénaturaliser ; 3» à faire battre pavillon portugais par des navires, qui appartiennent en réalite à des armateurs étrangers (Hauser, loc. cit.)
Avant l'abolition de la traite, le commerce d'.Angola se faisait surtout avec le Brésil. Depuis, il est complètement passé entre les mains étrangères.
5.700 contos; 1902 : 2.240; 1905 : 4.150), le café (1899 : 716; 1902 : 479,5; 1905 : 610), la cire d'abeilles (1899 : 360 contos, 1902 : 289; 1905 : 697); et aussi (chiffres de 1905) : le poisson salé (350 contos) ; les peaux et cuirs (150) : la coconotte (26); le sucre de canne (15) ; le coton (15)'.
La diminution de l'exportation du caoutchouc, manifeste après 1899, est due surtout, semble-t-il, à la baisse considérable du cours de ce produit sur le marché de Lisbonne. En un an, de 1899 à 1900, l'exportation diminua de 2.110 contos. La dépression particulièrement forte en 1902 semble coïncider avec Tétat de guerre dans le district de Benguella, dont le port fut le plus atteint. La crise fut encore aggravée du fait de la question des transports : nombre d'indigènes se refusaient à transporter le caoutchouc de l'intérieur à la côte, à cause des prix plus bas qu'on leur offrait, et dans la crainte aussi, paraît-il, d'être attaqués, en cours de route, et contraints par la force d'aller travailler à Sâo Thomé' ; d'autre part, la compagnie du chemin de fer de Loanda à Ambaca avait malencontreusement élevé ses tarifs'. Cette diminution de l'exportation du caoutchouc de la province d'Angola contrastait avec le développement considérable de l'exportation de ce produit au Congo, sans qu'il y ait pourtant un rapport direct entre les deux phénomènes, l'augmentation dans l'Etat libre (1898 : 15.851.000 francs; 1899 : 28.101.000; 1900 : 39.874.000) résultant simplement de la plus grande facilité des communi-
\. II convient de remarquer que ces chiffres, qui ne concernent que l'Angola, ne comprennent pas la valeur des produits exportés jiar le Districl du ConrjOy qui dépend administrativement du gouvernement général d'Angola. Ce district jouit, en effet, du régime douanier spécial du bassin conventionnel du Congo, qui résulte de l'acte du 2 avril 189"2. C'est pour cette raison que son commerce n'est pas contrôlé dans lensenible du mouvement commercial angolais. La valeur moyenne annuelle des exportations du district varie entre 800 et t. 000 contos de reis : elles comprennent surtout du laoulchouc. du café et des noi.x de palme.