V. la première partie de ce travail
guère. Malgré cela, les ports du royaume voient entrer chaque année plus de dix mille navires jaugeant environ 13 millions de tonneaux, et si on ajoute à ce mouvement celui des ports coloniaux, on dépasse les chiffres respectables de vingtsix mille navires et de 24 millions de tonnes. Hàtons-nous de dire, du reste, que ces chiffres imposants, tout en montrant que les ports portugais sont encore très fréquentés, ne représentent nullement la circulation réelle des marchandises introduites dans le Portugal et dans ses colonies, ou exportées. En effet, beaucoup de bâtiments ne débarquent ou ne prennent que des voyageurs, des ballots de correspondance, ou quelques tonnes de provisions ou de marchandises. La part du pavillon national dans ce trafic est minime [. En 1907, la marine marchande ne comptait dans la métropole que sept cents embarcations de toute espèce2 pour 120.000 tonnes, dont cent six bateaux à vapeur pour 58.000 tonnes, et le reste à voile. Ces bateaux sont employés presque exclusivement au petit cabotage de port à port, ou bien au grand cabotage colonial, strictement réservés à la marine portugaise. La navigation au long cours se réduit à une ligne régulière ientre Lisbonne et New- York, et à quelques voyages faits vers la côte d'Afrique, le Brésil et l'Argentine, surtout par des voiliers. Encore doit-on dire que ce mouvement est plutôt en voie de diminution. Ainsi, d'une part, malgré les circonstances nouvelles, le Portugal est encore touché par de nombreux navires, et, de l'autre, sa propre marine est en décadence. Cette anomalie s'explique par les causes générales qui ont déprimé l'essor économique de la nation, en la désorganisant dans ses institutions sociales. Après ces indications générales, nous entrons dans l'examen sommaire de diverses branches des transports par eau.
1. Nous devons sur ce point de précieux renseignements à M. Pereira de Mattos, lieutenant de vaisseau et secrétaire de la Liga navale; il a publié un important ouvrage sur la marine marchande.