‹ Le Portugal inconnuChapitre 6 sur 68 · EXTRAITS DU RAPPORT DE M. E. F · texte numérisé non relu

EXTRAITS DU RAPPORT DE M. E. F

DU BRUL A LA « NATIONAL ASSOCIA- TION OF MANUFACTURIERS » SUR L'ÉDUCATION PROFESSIONNELLE.

American Industries. — August 1910.)

La « Continuation school ».

L'élément le plus curieux de l'éducation professionnelle primaire à Cincinnati est la Continuation school.

Cette école a été établie originairement comme école privée d'apprentis. Elle avait été créée et dirigée par un groupe de fabricants de machines pour leurs apprentis. On s'était rendu compte, en effet, que l'apprenti ordinaire arrivant dans un atelier pour apprendre le métier, avait perdu toute confiance dans la méthode sèche (dry-as-dust) et abstraite de l'école et que, abandonnant l'école de bonne heure, l'instruction qu'il y avait reçue était pratiquement sans utilité pour lui à l'atelier. Ce qu'il avait appris à l'école était même tellement dépourvu d'intérêt pour lui qu'il n'en retirait aucun profit.

Pour corriger les lacunes de cette pre-

i. voir la Science sociale, fascicule a" 72.

mière instruction, deux membres de notre Association créèrent à Cincinnati une école d'apprentissage, sous la direction d'un jeune instructeur qui avait été luimême mécanicien : M. Renshaw a trouvé dans son expérience pratique la source de méthodes d'instruction entièrement différentes de tout ce qui a été fait jusqu'ici par les maîtres d'école. Il apprend aux enfants à épeler et à lire dans des catalogues; il leur enseigne l'arithmétique, la géométrie, l'algèbre et la trigonométrie, en prenant pour point de départ les machines qu'ils ont sous les yeux. Il leur enseigne la composition littéraire en leur faisant écrire des essais sur le gaspillage de la main-d'œuvre. Il leur enseigne la comptabilité sur des listes de salaires et des dépenses d'usines, tout cela dans le but de faire de l'apprenti un meilleur ouvrier et de lui donner une appréciation exacte du métier qu'il apprend.

Le succès de M. Renshaw a été si grand dans les deux écoles privées que nous venons de dire, que d'autres chefs d'établissements industriels se sont intéressés à sa méthode. Un Comité de l'Association métallurgique de Cincinnati a adressé une pétition au School Board et a demandé qu'une continuation school fût établie, à laquelle tous les apprentis de la construction mécanique pourraient être envoyés.

Le programme a été dressé par M. Renshaw et le School Board a créé l'école. Les usines et fabriques envoient leurs apprentis pour une session ou pour une demi-journée par semaine, d'après les convenances de chacune d'elles. Les élèves reçoivent un demi salaire pendant le temps qu'ils passent à l'école. S'ils arrivent en retard à l'école, ils sont frappés de fortes amendes. Il y a actuellement environ 275 garçons inscrits et leur nombre augmente chaque semaine. Chaque instructeur employé à l'école doit passer un jour par. mois dans un atelier, de façon à se rendre compte des problèmes prati- I ques que l'apprenti rencontre dans son travail journalier.

Aussitôt que des installations matérielles nouvelles seront prêtas, c'est-à-dire à

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l'automne prochain, l'école recevra cinq cents garçons provenant uniquement des ateliers de machines. Les industriels engagés dans d'autres branches ont demandé au surintendant de l'école s'il ne serait pas possible d'avoir une continuation .school pour leurs apprentis. Il leur a été répondu qu'aussitôt qu'ils seraient en mesure de fournir un nombre de garçons suffisant pour légitimer la création d'une classe, le School Board créerait pour leur spécialité un enseignement correspondant à celui qu'il a créé pour les ateliers de machines.

Une continuation school pour les filles sera créée à l'automne prochain pour les demoiselles de magasins et pour les jeunes filles employées dans la couture, les fabriques de chaussures et de vêtements. Cincinnati se trouve avoir la première en date des continuation school s existant dans le monde, mais nous espérons que notre exemple sera suivi ailleurs.

La continuation school s'occupera de l'ouvrier ordinaire et lui apprendra ce qu'il a besoin de savoir pour comprendre entièrement le métier auquel il s'adonne.

L'école primaire supérieure, avec son cours créé d'après le coopérative sya tem, préparera les garçons aux situations comportant une faible responsabilité et les cours de l'Université destinés aux ingénieurs et à la formation commerciale prépareront les jeunes gens aux situations supérieures réclamant un degré plus élevé d'éducation. Tout cela est basé sur le coopérative System avec un minimum de dépenses, l'enseignement scolaire, le travail scolaire, l'enseignement de l'atelier et le travail de l'atelier étant tous dirigés d'après les méthodes commerciales.

L'école ne se verra plus dans la nécessité de dépenser des sommes importantes pour acquérir un outillage qui bientôt ne correspond plus aux progrès nouveaux et se trouve ainsi dépourvu de toute utilité pour l'instruction des jeunes gens. L'école ne préparera plus d'ouvriers incomplets comme les écoles dites professionnelles l'ont toujours fait jusqu'ici. L'influence des ateliers sur les écoles sera fort utile et l'influence correspondante de

maîtres bien choisis sur les contremaîtres des ateliers produira aussi d'heureux effets. Tous les deux travailleront en harmonie, chacun apprenant de l'autre ce qui lui manque, et nous sommes convaincus que, dans dix ans d'ici, ces méthodes d'éducation professionnelle feront de Cincinnati un centre industriel de premier ordre.

A ceux que la question intéresse, nous adressons une cordiale invitation de venir à Cincinnati faire une enquête sur nos méthodes: nous leur promettons le meilleur accueil, tant dans les écoles que dans les ateliers et nous croyons que le plus grand service que nous puissions rendre à ceux qui viendront nous visiter, est de les mettre en mesure de nous imiter selon la parole évangélique : « Allez et faites de même ».

Le « Coopérative System ».

Il y a deux ans, j'ai eu l'honneur de faire un rapport sur la création et la marche d'un système d'éducation professionnelle, créé et expérimenté par le professeur Herman Schneider, directeur du collège des ingénieurs de l'Université de Cincinnati, et connu sous le nom de « Coopérative System ». Le trait essentiel de cette méthode consiste en ce que l'élève est apprenti dans une fabrique en même temps qu'il suit les cours de l'Université. Dans ce but, les élèves sont groupés par couples, l'un d'eux étant à l'Université pendant une semaine, tandis que son partenaire est à la fabrique, et la semaine suivante, celui qui était à la fabrique venant à l'Université, tandis que celui qui était à l'Université travaille à la fabrique. Cet essai compte maintenant quatre années de succès. Il a rendu de grands services à la fois à l'Université et aux industriels de notre ville. La première année, il fut difficile de trouver assez d'élèves pour faire l'essai. La seconde année, l'Université reçut environ 800 demandes:

60 élèves furent choisis. La troisième année, plus de 2.000 demandes furent reçues et on put prendre 80 élèves. Enfin, l'été dernier, au commencement de la

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quatrième année, l'Université reçut plus de 3.000 demandes et ne put donner satisfaction qu'à 75, des difficultés matérielles d'installation ne permettant pas d'en recevoir davantage. Cette année, à la suite de dispositions prises par l'Université, elle pourra choisir environ 125 élèves parmi les 4.000 ou 5.000 qui demanderont à être admis.

C'est actuellement, comme on le voit, l'Université qui limite le nombre des jeunes gens suivant ce système d'éducation professionnelle. Les industriels qui, au début, à peu d'exceptions près, montraient peu d'enthousiasme pour le système proposé, sont maintenant convaincus de ses mérites e1 sont disposés à donner des places à autant d'élèves que l'Université pourra en prendre elle-même. Ils se sont, en effet, rendu compte depuis quatre années que les élèves ayant suivi le coopérative system leur rendent plus de services que les jeunes gens ayant conquis leurs grades à l'Université après quatre années de travail et ayant fait ensuite deux ou trois ans d'apprentissage spécial dans une usine. De son côté, l'Université a reconnu que les élèves du coopérative system travaillent plus pendant la moitié du temps qu'ils consacrent aux études, que l'élève ordinaire ne le fait en donnant tout son temps à l'étude.

Il est vrai que les étudiants qui suivent le coopérative System présentent un degré de capacité et de volonté remarquablement élevé. C'est le résultat de la sélection opérée parmi le très grand nombre de jeunes gens qui envoient des demandes à l'Uni versité. Nous n'avons pas ce genre d'étudiant ■ qui est envoyé au collège par des parents prévoyants et dévoués. Nos étudiants appartiennent, au contraire, à la catégorie de ceux qui viennent au collège de leur plein gré avec un appétit personnel d'instruction. La plupart d'entre eux n'au raient jamais pu s'assurer le bénéfice d'un cycle complet d'études sans la combinaison du coopérative system. Aucours dece cycle, ils arrivent à gagner environ 2.000 dollars à Cincinnati, ce qui couvre en grande partie les dépenses de leur entretien. Nous n'avons pas de jeunes gens perdant leur temps, et la preuve en est que, jusqu'ici, il

n'y a pas d'exemple d'un étudiant du coopérative system puni disciplinairement par la Faculté. Ils sont là pour leurs propres affaires. Ils utilisent chaque minute du temps qui leur est laissé pour acquérir des connaissances qui leur assureront des positions dirigeantes dans les industries mécaniques, électriques, chimiques, etc.. Il y a actuellement environ 100 établissements industriels coopérant avec l'Université à l'éducation professionnelle de ces jeunes gens. Les directeurs des usines qui ont accueilli les élèves de la première année, seraient disposés à leur accorder, dès à présent, des situations comportant une responsabilité sérieuse, s'il n'étaient pas convenus avec l'Université d'un cycle de six ans.

A partir de l'été de 1911, la durée du cycle sera modifiée. Le premier essai comportait une durée de six ans, avec huit mois et demi chaque année partagés entre le collège et la fabrique et trois mois et demi passés entièrement à la fabrique pendant les vacances de l'Université. Mais le progrès des élèves a été si rapide, aussi bien à la fabrique qu'à l'Université, que la durée du cycle peut être réduite avantageusement à cinq années de travail partagées également entre l'école et l'usine. Par suite, à partir de l'année 1910-1911. l'Engineering Collège de l'Université sera ouvert pendant onze mois de l'année ; les élèves partageront leur temps également entre le collège et l'usine pendant ces onze mois; et pendant le mois d'août le collège chômera entièrement, chacun desélèves passant la moitié de ce mois à l'usine et l'autre moitié en vacances. Cette combinaison permettta aux fabriques d'avoir un chiffre de personnel d'ouvriersélèves constant pendant toute l'année, alors que jusqu'ici elles étaient obligées d'accueillir pendant les mois d'été un nombre double d'élèves.

Depuis cette année-ci, le coopérative system a été étendu à la construction mécanique pour laquelle jusqu'ici nous n'étions pas arrivés à faire une combinaison efficace. Actuellement, des arrangements ont été pris permettant aux élèves de travailler à la construction des ponts.

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en semaines alternées, pour une certaine période. Nous avons aussi fait un arrangement avec la Compagnie de l'Union Pacific Railway, qui prend nos élèves pendant l'été pour les préparer à l'industrie des chemins de fer. La compagnie a organisé pour nous une combinaison tout à fait différente de celle qu'elle avait créée pour les élèves d'autres institutions et qui est connue sous le nom de summer job. C'est un témoignage rendu au professeur Schneider et à ses méthodes, que le fait d'une organisation spéciale établie par la Compagnie Union Pacific, en faveur de ses élèves. L'année prochaine, nous organiserons sur le même plan une école de métallurgie en coopération avec les fonderies, les laminoirs, les aciéries et les hauts fourneaux qui se trouvent dans le voisinage de notre ville.

Nous préparons également des plans pour l'établissement d'un collège de commerce, d'après le coopérative System.

L'idée essentielle est que les jeunes gens ayant conquis leurs grades partageront leur temps entre l'Université et des situations commerciales, soit par semaines alternées, soit par trimestres alternés, d'après ce que l'expérience montrera possible.

Nous sommes informés que l'Université de Pittsburg a décidé d'établir une section sur le même plan que le nôtre. Pittsburg offre un champ magnifique au coopérative System, avec ses industries importantes et variées qui ont besoin d'hommes possédant une haute technologie, particulièrement dans les situations dirigeantes. Il n'y a pas de doute que l'Université de Pittsburg, profitant de ses avantages, arrivera à prendre une situation de premier ordre dans la formation des ingénieurs.

Nous estimons que c'est actuellement une question de temps et que toute institution de ce genre se rendra promptement compte de la valeur de notre méthode, surtout lorsque les chefs d'entreprises, ayant besoin de recourir à des hommes techniques, obligeront les directeurs de l'Université à organiser à la fois l'apprentissage pratique et l'instruction technique des ingénieurs.

Nous croyons que le principal mérite du

coopérative System est de produire des ingénieurs ayant eu un contact intime, en qualité d'apprentis, avec toutes les classes d'ouvriers. Ils gagneront à ce contact une appréciation exacte des difficultés rencontrées par les ouvriers, aussi bien que de celles que les ingénieurs éprouvent euxmêmes. Cette connaissance aura une grande importance lorsque nos ingénieurs occuperont des positions leur donnant l'autorité et tendra à diminuer les conflits entre ouvriers et patrons. Souvent, en effet, ces conflits prennent leur source dans l'ignorance des Directeurs qui n'ont jamais été associés, d'une façon intime, à leurs ouvriers. Nous pensons aussi qu'un débouché important se trouvera pour les jeunes gens ayant passé par notre système, dans le corps enseignant des autres institutions de tout ordre. Il faut un homme pratique pour enseigner un travail pratique à de jeunes praticiens. Dès aujourd'hui, le maître qui n'a reçu aucune formation d'école, n'est pas à la hauteur de sa tâche pour l'apprentissage manuel. On peut dire sans crainte que ce qu'on appelle aujourd'hui l'enseignement professionnel est une pure invention de maître d'école, développée jusqu'à la folie. Les professeurs de l'apprentissage* manuel ont gaspillé des milliers de dollars à équiper des ateliers dans les écoles publiques, sans intéresser le moins du monde les enfants au travail industriel.

D'une façon générale, les jeunes enfants aiment la classe d'apprentissage manuel et c'est une pitié de voir que les connaissances de leurs maitres ne leur permettent pas d'en tirer plus d'avantages qu'ils ne le font actuellement. Dans le Massachusetts, la Fitchburg ffigh School a établi, sur le modèle de Cincinnati un cours qui est un véritable succès. M. Hunter, le directeur de l'école, a cité dernièrement, à une réunion de la National Métal Trades Association, des articles envoyés par ses élèves à des journaux de Pittsburg, montrant toute la valeur, qu'ils ont acquise par son enseignement. Il y a là un profit très supérieur à celui qu'aucune High School a jamais retiré de son soi-disant apprentis sage manuel.

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EXTRAIT DU DISCOURS PRONONCÉ PAR M. CHARLES W. ELIOTT. PRÉSIDENT DE L'UNIVERSITÉ DE HARVARD, DE-

' VANT LE MASSACHUSETTS BOARD OF TRADE SUR LA RÉVOLUTION ACCOM- PLIE DANS LE MONDE DES AFFAIRES.

{American Industries. August 1010.)

La préparation aux affaires.

11 y a à Chicago un vieux gentleman à peu près de mon âge, qui a reçu une éducation d'affaires à la vieille manière et qui, pendant de longues années, a dirigé avec grand succès une importante industrie. 11 soutenait avec fermeté qu'une éducation de collège était non seulement inutile, mais absolument pernicieuse pour l'homme qui devait être à la tête d'une usine ou d'une grande entreprise quelconque.

Il éleva son fils d'après ses principes. Son fils ne fréquenta jamais le collège, mais fut mis aux affaires aussitôt que possible, réussit comme avait fait son père et acquit toute sa confiance. Mais le fils n'adopta en aucune manière les principes de son père, en ce qui concerne l'éducation de collège. Il s'aperçut bientôt que la direction de l'industrie était devenue une affaire exigeant un haut degré d'intellectualité; qu'elle réclamait un soigneux apprentissage de l'esprit avec une connaissance complète de tous les éléments de la branche d'industrie à diriger. En conséquence, il envoya son fils à Harvard, où le jeune homme prit ses grades, il y a environ cinq ans, avec distinction. Aussitôt après, il fut pris dans l'usine de son grand-père. Au bout de quatre ans, son grand-père reconnaissait loyalement qu'il était l'homme le plus compétent qui eût jamais contribué à la direction de l'usine. Aujourd'hui, ce jeune homme est à la tête de l'entreprise familiale, parce que son grand-père est devenu trop âgé et que son père a pris une situation dans un service public. Ce fait marque les changements prodigieux qui se produisent dans la conduite des grandes industries de ce pays. Elles sont toutes semblables à cet égard, qu'il s'agisse du coton, de la laine, du fer, de l'acier, du cuivre, de

l'or ou de l'argent. Les hommes qui ont à conduire les industries se rapportant à ces objets, doivent être des hommes ayant reçu une haute éducation intellectuelle.

L'effort collectif et l'effort individuel.

J'ai souvent signalé la difficulté particulière qu'éprouve une démocratie à instaurer sur de sages principes une action collective; j'ai signalé que l'action collective ainsi établie peut souvent entraver la liberté individuelle que nos pères considéraient comme la seule chose qu'un gouvernement libre eût à assurer. Cette lutte entre l'action individuelle et l'action collective est à son début dans notre pays; elle continuera pendant plusieurs générations et, sans aucun doute, les intérêts collectifs seront de plus en plus importants par rapport aux intérêts individuels. Remarquons cependant que, dans son ensemble, la société humaine, dont tout groupement industriel fait partie, avance, comme le fait une armée, sous la direction d'individus, sous leur autorité et aussi grâce au dévouement des pionniers, de l'avant-garde d'hommes qui marchent en tête de la masse de l'armée. Les hommes qui inventent, grâce à la puissance de leur esprit, qui soumettent leur propre invention à des expériences de réalisation, prennent à leur charge les premiers risques. Nous ne nous passerons jamais des pionniers, des inventeurs, des conducteurs d'hommes, de ceux qui ont un grand pouvoir de commandement. Mais ce que nous voyons de plus en plus depuis ces vingt dernières années, c'est que, dans toutes sortes d'affaires, ces pionniers, ces chefs, ces inventeurs, ces hommes d'initiative dirigent des masses d'autres hommes, des intérêts d'une importance croissante et ont à leur disposition un pouvoir de plus en plus grand.

L'avenir nous montrera la continuation de ce que nous avons vu dans ces vingt dernière années. L'individu ne sera pas supprimé ou diminué. Il est possible qu'il y ait moins d'inventeurs et de pionnjers, mais ils seront de plus en plus importants pour le progrès de la société démocratique. Les armées démocratiques ont toujours

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eu besoin d'un chef de génie. Les armées industrielles seront précisément dans le même cas. mais leurs chefs devront être des hommes dune haute éducation, des hommes pour lesquels on aura fait tout ce qu'il est possible de faire en vue d'augmenter leur rendement et leur puissance.

Je ne pense pas qu'ils arrivent à cette haute situation plus tard qu'ils ne l'ont fait jusqu'ici : au contraire, si on applique des moyens d'éducation et d'entraînement appropriés et efficaces, les hommes de premier rang parviendront plus jeunes aux situations dirigeantes. Le très grand avantage d'un système démocratique d'éducation sur le système aristocratique est que la gratuité de l'école primaire, du collège et de l'université permet au garçon le plus pauvre de mettre en valeur les dons intellectuels et les dons de direction dont il peut être doué. Les écoles gratuites devraient avoir pour effet de sélectionner tous les hommes de cette sorte que contient une démocratie. Les formes aristocratiques d'éducation comme celles qui prévalent en Europe n'ont jamais fait cela. Elles ne le pouvaient pas. Elles n'étaient pas organisées pour découvrir l'individu remarquable; mais maintenant, par le moyen de notre organisation scolaire gratuite, nous pouvons, si les maîtres sont capables d'établir une sélection, découvrir des garçons de génie ayant des facultés remarquables, et arriver à ce que ces garçons ou ces filles soient entraînés au rôle élevé qu'ils peuvent remplir. Nous avons l'habitude de penser que les cinquante dernières années ont été une période de changements et de révolutions. Cela est exact. Mais il y a des raisons de croire que les cinquante années qui vont suivre seront une période de changements, de révolutions et de progrès plus extraordinaires encore. C'est là une pensée réconfortante. Ceux d'entre vous qui ont contribué au développement d'une industrie, d'un commerce, d'une fabrication quelconque et qui savent combien ont été grandes les améliorations produites depuis cinquante ans, doivent se réjouir à la pensée que les cinquante années qui suivront seront encore plus profitables à l'humanité dans toutes les directions.

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