‹ Le Positivisme depuis Comte jusqu'à nos joursChapitre 10 sur 342 · Notice biographique'-. — Maximilien · texte numérisé non relu

Notice biographique'-. — Maximilien

1. La Chaîne d'union, journal de la Maçonnerie universelle. Or.-, de Paris. 1881 (E.-. V.-.), p. 209.

2. La plupart de ces indications biographiques sont empruntées à Garo, Litlré et le positivisme (Paris, 1883. Voir aussi Revue des Deux-Mondes, 1882, ii, 516 et suiv. m, 5 et suiv.) Caro a puisé ses renseignements dans les œuvres mêmes de Littré.

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Paul-Emile Littré naquit le 1" février 1801. Sa famille appartenait au parti Jacobin et était en rapport avec des membres de la Convention et des conspirateurs. Son père, ancien sous-officier dans l'artillerie de la marine, puis chargé d'un bureau de droits réunis, était un adversaire déclaré de la religion ; mais un certain sérieux et la droiture de son caractère lui rendaient odieuses les frivoles railleries de Voltaire. Sa mère — une protestante — était une femme de la plus grande énergie, mais en même temps pleine de tendresse pour ses enfants. En politique et en religion elle partageait entièrement les idées de son mari. C'est ce qui explique pourquoi Emile fut, comme son frère aîné, Barthélémy, élevé en dehors de toute religion. Pour cette famille, le baptême luimême semblait une simple formalité dont on pouvait fort bien se dispenser. Malgré tout, Emile croyait, dans sa jeunesse, à Dieu, à l'existence de l'àme, à l'immortalité : mais naturellement, il y croyait en déiste. A sa sortie du collège (Lycée Louis-le-Grand) , ne pouvant résoudre ses doutes toujours grandissants, il rejeta jusqu'à ce mince bagage de croyances, et dès lors, en ce qui concerne les plus importants problèmes de la vie humaine, il resta sans orientation, jusqu'à ce qu'en 1840 il crut trouv^er une direction dans la philosophie d'Aug. Comte.

Malgré cette absence totale de religion, le jeune Littré semble, à la différence de Comte, n'avoir pas connu, sous le rapport des mœurs, les grossiers égarements. Il le devait surtout à

l'éducalion sévère et virile qu'il avait reçue dans la maison paternelle. Il était intelligent, actif; son application était vraiment extraordinaire, comme ses travaux et ses écrits devaient le prouver dans la suite.

Littré avait choisi la médecine pour carrière. Mais bien qu'il ait passé dix ans en qualité d'interne ou d'externe dans divers hôpitaux, bien qu'il ait publié nombre de travaux ou d'articles parfois très précieux sur des sujets de médecine, il ne subit pas ses examens de doctorat, et il n'exerça jamais, sinon pour donner quelques consultations à des paysans durant son séjour à la campagne. C'est que, au moment même où il préparait ses examens (4 827), il perdit son père et dut alors pourvoir à son propre entretien et à celui de sa famille. A ce point de vue, il jugea que la carrière médicale lui offrait peu d'avantages. En outre, habitué à des travaux de cabinet, il gardait dans les affaires de la vie pratique une timidité et une irrésolution qui lui faisaient redouter les responsabilités du médecin. Il se décida donc à se créer des ressources par des travaux littéraires. En 183o, il se maria, après avoir passé par une période douloureuse où, poursuivi par des idées noires, il hésitait entre le mariage, un voyage dans des pays lointains ou le suicide. Sa mère lui choisit une femme intelligente, catholique fervente avec laquelle il vécut jusqu'à la mort dans l'union la plus heureuse. INon seulement il trouva en elle une compagne pleine d'une tendre sollicitude, qui demeura toujours à ses

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côlés dans les épreuves et les souilVances de la vie, et qui lui révéla, à l'heure de la mort, le véritable but de l'existence ; il rencontra encore en elle, comme dans sa fille Sophie, un secours précieux pour ses travaux littéraires.

5. — Travaux littéraires de Littré, sans caractère philosophique. — En 1828, Littré écrit déjà des articles pour le Journal de médecine. En 1821, il devient un des collaborateurs du National. La même année, il publie sa brochure sur le Clioléra asiatique. De 1837 à 1842, avec le concours de Dezeimeris il fait paraître la revue VExpérience. En 1839 et 1840, il donne une traduction de la Vie de Jésus par David Strauss. En 1847, nous trouvons La poésie homérique et et V ancienne poésie française. De 1847 jusqu'à sa mort, il collabore à Vllistoire littérai.re de France (Tom. xxi, et suiv.). En 1848, il traduit l'Histoire naturelle de Pline; et, en 1831, le Manuel de physiologie, de MûUer. En 1834, avec Charles Robin, il refond dans le sens positiviste, le Dictionnaire de médecine, de chirurgie, etc., de P. Nysten ; ouvrage qui, en 188G, atteint sa seizième édition. De 1839 à 1861, il travaille à son plus célèbre ouvrage de médecine, la traduction et le commentaire d'Hippocrate (dix volumes). En 1862, il publie YHistoire de lalangue française (2 vol.; 8° édit., 1882). Dès 1841 il entreprend le travail qui fut l'œuvre propre de sa vie, le fameux Dictionnaire de la langue française (4 vol.) dont le manuscrit est achevé en 1863, et qui fut imprimé de 1863 à

1872 ; un cinquième volume (supplément) parut en 1878. En outre, Liltré fut longtemps rédacteur du Journal des savants ; il écrivait aussi dans la Revue des deux mondes. Il s'occupa également de la publication des Œuvres d'Armand Garrel. On a encore de lui diverses monographies, par exemple : La vérité sur la inort d'Alexandrele-Grand (1864), Médecine et médecins (1871), etc. Il publie en 1875 : Littérature et Histoire; Les Barbares et le Moyen Age ; — en 'Î879, une traduction de l'Enfer du Dante, en langue d'oil du xvi° siècle, et en vers ; — en 1880, De rétablissement de la troisième république ; et Etudes et glanures pour faire suite à l histoire de la langue française. Ban^ ce dernier volume, qui est un recueil de plusieurs articles parus dans le Journal des savants, on trouve une charmante causerie, intitulée Comment j'ai fait mon Dictionnaire de la langue française, dont il a paru une traduction allemande. (Leipsig ; 1881, Friedrich).

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