Revue Occidentale, 1891, ii
2. 59« Circulaire (1887), pp. 5, 6; 38' Circulaire (1886), . 53, etc.
178 LE POSITIVISME DANS LES ÉCOLES ISSUES d'a. COMTI
déjà parlé des divers pèlerinages du groupe an-| glais au sanctuaire du positivisme, c'est-à-dire à la demeure d'Aug. Comte, 10, rue Monsieur-le- ] Prince.
74. — Le culte positiviste devant l'opinion publique, — Le public anglais a pris le nouveau culte plus au sérieux qu'on ne l'a fait en France. Le Times croit pouvoir prédire un brillant avenir à l'Église nouvelle. Dans son numéro du 2 janvier 1884, il disait, à l'occasion de la fête des Morts (31 décembre) et de la fête de l'Humanité ( 1" janvier) célébrées à Newton-Hall :
(( Ces signes du temps paraîtront peut-être regrettables à un grand nombre ; ce sont pourtant là des faits avec lesquels il faut compter. H n'y a pas longtemps encore, il leur eût été impossible de se produire. Mais les temps ont changé. Les doctrines prèchées par Harrison sont aujourd'hui dans l'atmosphère. Ces réunions positivistes prennent une importance qui ne doit pas échapper du moins aux membres clairvoyants de notre clergé. Il faut reconnaître que le terrain est réellement bien préparé pour les adeptes de la nouvelle religion. Au milieu de sectes qui se disputent sur des arguties — au milieu d'une société qui s'enllamme à propos d'une toilette, d'un bel extérieur, d'un geste — au milieu d'églises pleines d'intolérance, , voilà un groupe d'hommes qui se déclarent libres de tout préjugé, qui choisissent pour modèles les types les plus nobles de l'histoire, qui se proposent pour but la satisfaction des meilleurs instincts et des!
III, LE POSITIVISME ORTHODOXE A l'ÉTRANGER 17^
plus douces espérances de l'humanité... Que ces hommes se réunissent à ^^ewton-Hall ou ailleurs, •ce qu'ils disent, des milliers d'autres peuvent l'accepter comme eux. Combien ont-ils déjà d'adhérents, nous ne voulons point le rechercher. Une chose est certaine : c'est qu'ils ne prêcheront pas longtemps dans le désert ».
Les organes de l'Eglise anglicane commencent aussi à se préoccuper de la nouvelle religion de l'Humanité: Carlisle, le célèbre évêque anglican, est déjà descendu dans la lice *. En 1888, à Manchester, un congrès de laïques et de ministres appartenant à l'Eglise anglicane a consacré une séance tout entière au positivisme religieux. On y est tombé d'accord pour reconnaître que le positivisme religieux est populaire et que, par conséquent, il est tout indiqué qu'on peut « apprendre quelque chose d'Aug. Comte ». L'emploi que le positivisme fait des arts pour l'exercice du culte et le calendrier de Comte ont été, en particulier, jugés dignes d'attention^.