Revue Occideniûle, janvier 1890, pp. 109 et suiv
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forts tentés pour donner une importance factice à « 1 Eglise universelle positiviste », cette Eglise tient une place bien secondaire parmi les autres théories et systèmes dont Tesprit moderne se préoccupe aujourd'hui. Elle n'a de valeur qu'en tant que curiosité historique : c'est la démonstration, par les faits, des illusions auxquelles Aug. Comte s'est laissé entraîner; c'est la preuve que ses vues sont irréalisables ; et, sous ce rapport, elle ne manque point d'intérêt. Rapprochée du pompeux tableau que le Maître fait dans ses écrits de sa religion finale et des progrès victorieux qui doivent lui soumettre le monde, la réalité ne peut sembler qu'une parodie.
Il n'est pas jusqu'aux « succès » du continuateur de l'œuvre d'Aug. Comte qui ne doivent paraître un véritable échec, si l'on se place au point de vue du Maître. En effet, au lieu de mettre un terme à la crise dans laquelle la société se débat aujourd'hui, ces prétendus succès augmentent la crise et la prolongent. Ce ne sont point les éléments organisateurs et conservateurs qui en bénéficient : ce sont les éléments perturbateurs et révolutionnaires.
L'Eglise de l'Humanité a pourtant mis en lumière une importante vérité, à savoir l'impossibilité de fonder sur des principes purement humains une puissance doctrinale qui, du reste, est d'une grande importance pour l'existence et le bien-être de la société. Ni Aug. Comte, ni P. Laffitte son successeur ne sont parvenus, en tant que représentants de cette puissance, à la faire pré-
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valoir môme pour la durée d'une génération au milieu du petit groupe de leurs adeptes *.
L'école positiviste en général et celle de Comte en particulier ont encore rendu un autre service: elles ont redressé certains jugements injustement portés sur le passé du catholicisme et surtout sur le moyen âge.
1. En acceptant officiellement une chaire au Collège de France, P. Laffilte a donné de nouvelles armes à l'opposition formée depuis longtemps contre lui. Lagairigue. d'accord avec Lemos, Aiulifïrent, Kun, Gongreve, etc., etc., reproche cette acceptation au « sophiste » Laftitte. Par là, « il a fait cause commune avec les fils et les successeurs de ceux qui persécutèrent son Maître ; il est entré dans le cénacle des savants spécialistes et des discoureurs patentés qui sont les pires ennemis du Positivisme », « Il s'est incorporé ainsi à la pépinière de la pédantocratie bourgeoise, il s'est réfugié dans la principale forteresse des ennemis du Positivisme, dans cette véritable Bastille moderne ». « On ne peut s'empêcher de qualifier une telle conduite de la plus indigne et de la plus lâche des trahisons, de celles... que Danle fait si justement punir dans le plus profond de son enfer». (Voir Lagarrigue, Le faux et le vrai posilivisme, 1892, pp. 7 et suiv.). — Le 16 octobre 1892. Lagarrigue, d'accord avec ses coreligionnaires, a fondé un nouveau' centre du positivisme à Paris, 13, rue de Poissy, pour l'opposer au groupe de Laffitte. (Voir Lagarrigue, Inauguration de la salle de conférences de V Apostolat positiviste de Paris; 1892).