I. Spencer et l'inconnaissable (unknowable
J02. Toutes les religions et tous les systèmes philosophiques, dit Spencer, s'accordent avec le sens commun (sensus communis), qui est comme leur base universelle, pour reconnaître un absolu inconnaissable, une réalité absolument inconcevable i. Cela se démontre a posteriori par l'examen des différents systèmes religieux 2 et philosophiques 3, aussi bien qu'a priori, par la nature même de l'intelligence *. Tous les systèmes religieux et scientifiques contiennent, par rapport à 1' « inconcevable » qu'ils s'accordent à reconnaître, un principe commun de vérités. La religion et la science apparaissent donc ainsi comme le pôle positif et comme le pôle négatif d'une seule et même pensée humaine : ce sont deux aspects différents d'un seul et même univers c. Les idées religieuses et scientifiques sont de purs symboles du réel : ils n'en sont pas la connaissance 7,
Toute tentative faite pour saisir l'existence réelle (par opposition aux phénomènes) est une contradiction, et aboutit au suicide intellectuels. D'une part, donc, la religion doit admettre que l'absolu est entièrement inconnaissable ; elle doit se borner, avec une crainte toute
i. First principles (b"» edit. d884), §. 27. — Dans ses Essays (m, p. 293), il dit : « Further it should be olservedthat this Non-Relative (inconnaissable) spoken ofas a necessary complément to the Relative, is not spohen ofas a conception, but as a consciousness » ; c'est-à-dire que nous avons la conscience de l'inconnaissable, mais sans en avoir absolument aucune notion.