supplément, tom. 17«, 1708, col
Ribot se place sur le terrain de la doctrine du transformisme. Conformément aux principes de <;ette doctrine, et sous l'influence des nouvelles investigations psycho-physiques et physiologi- -ques qui écartent le plus possible toute déduction philosophique, il s'efi"orce d'opposer à l'ancienne psychologie métaphysique, dont il attaque à chaque instant les c entités » (principe vital, facultés, etc.), une psychologie exclusivement empirique. C'est ce but qu'il se propose surtout dans les travaux intitulés: L'hérédité (1873); Les maladies de la mémoire (iSS^); Les maladies de la personnalité (1885) ; La psychologie de Vattention (1889)^
Les principes suivants, que nous empruntons aux œuvres de Th. Ribot, donneront l'idée de ses théories. — L'être et la vie psychiques ne viennent pas d'en haut, c'est-à-dire de certaines « entités mystérieuses » supérieures à l'organisme {l'âme, etc. .); mais, conformément à la doctrine
1. Les autres ouvrages de Th. Ribot sont: La psychologie anglaise contemporaine, école expérimentale {1'<"0) ; La psychologie allemande contemporaine, école expérimentale (187'.^) ; La philosophie de Schopenhauer (1874) Non seulement la plupart de ces livres ont eu plusieurs éditions ; mais ils ont été traduits en diverses langues. En outre, Ribot dirige la Revue fondée par lui en 1876, que nous avons citée bien des fois : Revue philosophique de la France et dti l'étranger. Cet auteur semble se ressentir surtout de l'inlluence de Spencer. Il reconnaît lui-même son étroite parenté avec Taine, dans une étude sur la psychologie de Taine publiée par la Eevue philosophique (1877, II, 17, suiv.)
de l'évolution, cet être et cette vie ont leur fondement « par en bas »* , grâce à une complication et a^ne centralisation graduelles des éléments de la matière dans l'organisme et surtout dans le système nerveux. La propriété fondamentale de lâTmatière vivante est l'irritabilité^. De l'irritabilité sortent, par une différenciation ultérieure, la sensibilité proprement dite et la motilité, ces deux grandes bases de la vie psychique^. Le support de la vie psychique est le système nerveux, dont la propriété fondamentale consiste à transformer une excitation primitive en un mouvement*. Le type de l'action nerveuse et la base de toute activité psychique est le réflexe simple^.
Conscience. — Toute activité nerveuse n'est pas en même temps activité consciente ou psychique''. Il y a aussi une activité nerveuse subconsciente. La conscience est « quelque chose de surajouté j^'. Elle n'est « qu'un phénomène, qu'un accompagnement »^ du processus nerveux, qui est lui-même « l'élément fondamental et actif »^. Essayer la détermination des conditions de l'appa-