Paroles de xjhilosophie i osilire, p
d. Auguste Comte et la philosophie positive, pp. 43, 44; Paroles de philosophie jjositive, p. 20; Reçue des Deux Mondes, 1866, iv, 839 ; Philosophie positive, xvu,
4. Littré parle ailleurs (Aug. Comte et la philosophie positive, p. 677) de la nécessité de compléter le système de Comte par une « théorie subjective de Thumanité », qui comprendrait la morale, l'esthétique et la psychologie.
elle a fait ce principe, et d'ailleurs il n'est dans la relativité psychologique de la connaissance humaine aucune vertu contre la notion des causes premières » *.
L'Incognoscible. — Littré insiste toujours sur cette affirmation , que la recherche des causes premières et des causes finales est vaine et stérile, comme le prouve l'expérience. Bien que les esprits les plus profonds s'en soient occupés pendant de longs siècles, aucun progrès n'a été obtenu. Les abîmes restents muets : ils ne répondent pas à nos questions '2. — D'autre part, cependant, Littré affirme l'existence d'un incognoscible qui reste, il est vrai, en dehors du domaine de la science positive, mais qui, pourtant est une réalité. Voici comment il parle à ce sujet :
« Ce qui est au delà (de la sience positive), soit matériellement, le fond de l'espace sans borne, soit, intellectuellement, l'enchaînement des causes sans terme, est absolument inaccessible à l'esprit humain. Mais inaccessible ne veut pas dire nul ou non existant. L'immensité tant matérielle qu'intellectuelle tient par un lien étroit à nos connaissances et ne devient que par cette alliance une idée positive et du même ordre ; je veux dire que, en les touchant et en les bordant, cette immensité apparaît sous son double caractère, la réalité et l'inaccessibilité. C'est un océan qui vient battre
♦ . Voir Revue des Deux Mondes, 1866, iv, 858. 2. Voir, par exemple, Principes de philosophie positive, p. 53.
notre rive, et pour lequel nous n'avons ni barque ni voile, mais dont la claire vision est aussi salutaire que formidable » *. Sans doute, Littré a été conduit à cette merveilleuse idée de « Tincognoscible » par Finfluence de Spencer dont il croyait pouvoir ainsi détrôner Y Unlinowable . Mais ces deux « inconnaissables » — celui de Spencer comme celui de Littré — sont d'absurdes créations d'une imagination de philosophe, des subtilités pleines de contradictiou. Du reste Littré reproche à Spencer de confondre lïncognoscible « religieux », qui est l'objet delà foi, avec « lïncognoscible « scientifique », qui est la frontière et la limite de nos connaissances : ces deux incognoscibles sont d'une nature fort différente ^.
(d). Autres idées philosophiques de Littré.
En parlant de Littré, il ne peut être question d'un' système philosophique qui lui appartienne en propre : il faut donc nous borner à exposer quelques-unes de ses idées. Nous lui laissons la parole.
13. — Le monde et l'âme. — Le monde n'est que la matière avec les forces inhérentes à la matière 3. Le domaine intellectuel et moral est une
1. Auguste Comte et la ]^hilosophie positive, p. 519 ; voir aussi p. o2o.
2. Principes de philosophie positive, pp. 61 et suiv. ; Revue des Deux Mondes, 1866, iv, 863.