‹ Le Positivisme depuis Comte jusqu'à nos joursChapitre 265 sur 342 · C. WiLHELM AVuNDT (né en · texte numérisé non relu

C. WiLHELM AVuNDT (né en

W. AVundt, physiologiste de profession, est le représentant le plus éminent de la psycho-physique scientifique de Fechner et de la «psychologie physiologique » en général. Parmi tous ceux qui représentent aujourd'hui en Allemagne la philosophie empirique, c'est lui qui jouit de la plus haute réputation dans sa patrie comme à l'étranger. 11 professe, lui aussi, une sorte de positivisme théorique de la connaissance *■ que

t. A première vue, il peut sembler étrange que nous fassions rentrer le système philosophique de Wundt dans notre exposition de la philosophie positiviste. Mais en réalité, tout en déclarant qu'il accorde une place importante en philosophie à la métaphysique que condamnent les positivistes, Wundt se place résolument sur leur ter-

l'on peut regarder comme une reprise en sousœuvre de la philosophie de Kant transformée dans le sens positiviste. Dans l'exposition que nous allons faire de sa doctrine, nous nous guidons d'après son livre intitulé System der Philosophie (1889), oîi il a résumé ses théories' philosophiques *.

rain et il représente une phase du mouvemeiit positiviste. Comme la plupart des autres positivistes modernes, en Angleterre, en Allemagne, en France et en Italie, il ramène tout a savoir » réel à Ja « représentation » (sensation, état conscient) comme à la seule donnée primordiale de l'expérience. Les connaissances de Tintelligence et de la'raison, dès qu'elles s'étendent au-delà des données de la représentation, ne sont pour lui que des hypothèses, des j)05<M/a<a, des suppositions nécessaires, l'idéal, etc. — Donc, au fond, la « métaphysique » de Wundt n'est, pas plus que les systèmes des autres positivistes, en contradiction avec le principe fondamental du positivisme. Il y a davantage: malgré toutes les apparences métaphysiques qu'il veut donner à ses théories, il est plus positiviste que la plupart des autres positivistes euxmêmes. Spencer, par exemple, est assurément beaucoup plus métaphysicien que lui. Si tous deux, en effet, arrivent à linlini absolu comme dernier principe du monde, Wundt est bien éloigné d'admettre, comme Spencer, la réalité objective de cet absolu. Il ne voit dans cette idée, comme dans toutes celles qui vont au-delà de l'expérience, qu'une forme purement idéale de la pensée.

1. Les autres œuvres philosophiques de Wundt sont : Yorlesungen ûber Menschen-und Thierseele (18133 ; une seconde édition profondément modifiée a paru en I8i;>2) : Grundzûge der physiologischen Psychologie (1874 ; 3^ édit., 1887); Logi, Keine Untersuchung der Pri/icipien der Erkenntniss und der methoden-wissenschafi lichen Forschung (2 vol.. 1880 et 1883); ElhiJi, eine Vnlersuchung der Thatsachen und Gesetzedes sittlichen Lebens

Ml. — Théorie de la connaissance. Point de dépai't, etc. — Le point de départ de la philosophie, comme de la science et de toute connaissance en général, est la « représentation » qui est en même temps « objet » ; c'est « l'objet de la représentation », qui a la propriété d'être à la fois et indissolublement représentation et objet'. Voilà la seule donnée expérimentale fournie primordialement à notre connaissance. Par une transformation ou modification logique de cette donnée primitive, au moyen de combinaisons nécessaires et grâce au complément de l'expérience, toutes nos connaissances, notions et idées aboutissent à une conception satisfaisante du inonde -. Le monde extérieur tout entier n'existe pour nous que dans nos représentations ^: qu'il nous soit donné, c'est ce qu'on ne peut « concevoir (et non pas percevoir expérimentalement) que par une supposition métaphysique » *. Toutefois, le caractère d'objectivité prend une « signification réelle », quand une donnée primitive de la représentation persiste sans avoir besoin d'être corrigée ou redressée 5.

{1886 ; 2e édit., 1893). — Depuis 1883. Wundt publie une Revue philosophique fondée par lui Philosophische Studien], consacrée principalement à des études psychophysiques.

1. System der Philosophie (Leipsig, 1889), lOi, 42, 92 etsuiv., 212, 2-20.

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