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tiens, mais encore lorsqu'il s'agit du monde extérieur et du sujet connaissant. Yoilà ce qu'il faut admettre nécessairement si l'on veut pouvoir parler de la vérité et de l'erreur de nos connaissances, ou même tout simplement d'une connaissance quelconque. Les criticistes' eux-mêmes s'appuient sur cette supposition fondamentale, quand ils affirment que leurs théories soit de la connaissance soit des problèmes métaphysiques sont les seules théories justes et vraies, et que toutes les autres sont fausses et inexactes, et. par conséquent, en contradiction avec la réalité objective.
Dans nos idées ou par elles nous connaissons, du moins dans une certaine mesure, les objets qui les font naître ou qui en sont la condition : nous connaissons aussi, du moins en quelque chose, le sujet qui pense et qui veut. Nous connaissons l'objet et le sujet non pas seulement par l'attribut de l'existence, mais encore dans leur nature. La distinction entre le sujet et l'objet, et d'autres distinctions du même genre ne sont donc point de pures illusions ou des conclusions erronées de la connaissance : elles sont le résultat inévitable de la pensée normale, un résultat dont les criticistes eux-mêmes ne peuvent pas ne point tenir compte dans la réalité et dans la pratique. De même, les idées « âme», « monde », -■<■ Dieu » etc., ne sont pas l'expression purement subjective de certaines aspirations à l'unité qui sont au fond de notre organisation. Bien plutôt, partant du principe de causalité que
nul criticiste ne saurait nier, du moins dans lu réalité et la pratique, un raisonnement sérieux et logique conduira irréfutablement à la certitude que ces idées ont une valeur objective.
Quant à la théorie du concept du monde donnée par Avenarius, nous ferons remarquer en outre qu'en supposant môme la vérité de cette théorie, on ne voit pas évidemment comment un système nerveux d'une nature en désaccord avec le milieu environnant a pu se former, ni pourquoi, étant donné que l'évolution du monde progresse depuis Téternilé, il n'est pas encore parvenu à cet état définitif qui le mettra en parfaite corrélation avec le pur et constant concept universel.