‹ Le Positivisme depuis Comte jusqu'à nos joursChapitre 309 sur 342 · R. G. IngersoWs Lectures (P. W. CarroU ; Chicago · texte numérisé non relu

R. G. IngersoWs Lectures (P. W. CarroU ; Chicago

et par ses articles publiés dans différentes Revues et surtout dans la North American Revie\ç, le colonel Robert G. Ingersoll a fait une active et retentissante propagande en faveur de Tagnosticisme. Sans avoir ni une science très remarquable ni un grand sens philosophique, il manie avec adresse la raillerie. Il est, avant tout^ un habile conférencier.

Pour donner une idée de ce qu'il y a de superficiel dans la philosophie d'Ingersoll, nous renverrons le lecteur à l'un de ses articles intitulé Why am I am Agnostic?^. Là, sans daigner accorder la moindre attention aux réponses tant de fois opposées par l'apologétique chrétienne aux objections qu'il apporte, l'auteur déclare qu'aucun homme intelligent, s'il étudie sans préjugé, ne peut croire sérieusement à Jéhovah le Dieu de la Bible, ni même simplement au Dieu de la nature. Les cruautés racontées par la Bible, les maux dont la nature offre le spectacle sont inconciliables avec la bonté et la sagesse d'une prétendue divinité. La manière dont Ingersoll parle du miracle prouve bien qu'il ne se fait pas une idée exacte du miracle. A propos de l'inspiration, par exemple, il croit supprimer le miracle en disant qu'aucune science ne l'a jamais rencontré dans ses investigations, que la science consiste à comprendre le sujet ou la

1. North American Revieic, vol. 149 (1889), pp. 741 et suiv.; vol. IbO (1890), pp. 330 et suiv.

question et que, par conséquent, elle exclut le merveilleux, etc., etc.

b. — Societies for ethica.1 culture. — La première de ces Sociétés a été fondée en 1876, à i\ew-York, par Félix Adler, fils d'un rabbin juif. D'autres se sont établies en 1883, à Chicago ; en 1885, à Philadelphie; en 1886, à St-Louis. En 1887 la South Place Religions Society de Londres s'est transformée en ethical Society.

165. — Tendances et travaux de ces Sociétés. — Les Societies for ethical culture veulent, en dehors de tout système religieux ou philosophique, cultiver et perfectionner la vie morale de leurs membres et de la société humaine tout entière, en leur donnant exclusivement pour mobile le « bien faire». Elles appellent à elles, sans distinction de sexe, d'âge ou de croyance, quiconque se sent animé de sympathie pour le but qu'elles poursuivent. Elles désirent seulement que leurs membres soient, sous le rapport intellectuel, à un niveau supérieur à la moyenne et qu'ils se montrent zélés pour la propagande*. Chaque Société a un ou plusieurs conférenciers : durant sept ou huit mois de l'année, au moins, elle tient des réunions le dimanche et l'on s'y occupe principalement de la réforme sociale au point de vue théorique comme au point de vue pratique. Afin d'agir aussi sur les classes infé-

1. Each member should he a missionary for the cause., dit Salter { What does the Ethical Society stand for, 1892, p. 11).

rieures et de faire pénétrer leurs idées chez le peuple, les Sociétés ont créé certaines institutions qui leur sont affiliées, par exemple des écoles ouvrières, des orphelinats, des auberges, àes neighbourhoodçjuilds^, des conférences sur Féconomie sociale entre industriels et ouvriers, des cercles ouvriers, etc. etc.

En 1887, les quatre Sociétés américaines ont formé une association sous ce titre, Union of the Societies for ethical culture. L'association tient une assemblée annuelle ; et son but est ainsi indiqué dans la première de ces assemblées (18-20 novembre 1887): « Établir entre les diverses Sociétés un lien plus étroit ; s'assurer le concours de ceux qui partagent nos sentiments, sans appartenir à aucune de nos Sociétés ; recueillir les fonds nécessaires pour la fondation d'un Institut oii la religion et la philosophie seront enseignées en dehors de tout système religieux ou philosophique déterminé, et d'oii sortiront les maîtres de la morale de l'avenir; publier et répandre des écrits dans le sens de notre

1. Dans ces établissements, qui ne peuvent compter plus de 70 membres, les gens de condition inférieure habitant les maisons ou les rues voisines, doivent se réunir et s'entr'aider pour arriver plus efficacement aux réformes désirées dans la famille, dans l'industrie, dans l'éducation et dans le bien-être général. Par là, aussi, la population ouvrière est tenue éloignée des assemblées religieuses et préservée du danger de consacrer ses soins et ses efforts à des choses absolument indifférentes pour la réforme sociale. — The Consei'vator (Philadelphie, 1892, nol).

cause ; favoriser tout ce qui peut être utile au but poursuivi parles Sociétés ».

Afin d'intéresser autant que possible tout le monde aux efforts de ï Union, les groupes indépendants composés d'au moins vingt membres, ont le droit d'élire un délégué et de l'envoyer aux assemblées annuelles ^ h'Union, comme M. Salter nous l'écrivait le 13 avril 1892, compte environ un millier de membres.

Les chefs du « mouvement éthique » — Félix Adler, William Mackintire Salter, Stanton Coit, etc.. — font une propagande très active qui s'étend au monde civilisé tout entier. Ils ont trouvé bon accueil auprès de plusieurs professeurs des Universités d'Europe : nommons Iloirmann, en Belgique ; Forster et Gizycki, à Berlin; lodP, à Prague ; Riehl, à Fribourg en Brisgau ; Th. Ziegler, à Strasbourg. Au printemps de 1892, à l'occasion du projet de loi scolaire présenté par Zedlitz, un comité s'est formé à Berlin pour introduire les Sociétés en Allemagne^. Une grande assemblée des partisans de ce dessein a eu lieu (18-21 octobre 1892) pour aviser aux moyens de le réaliser pratiquement.

Le professeur Adler, qui a été l'auteur du « mouvement éthique », en est demeuré l'âme et la tête. D'après lui, il est absolument indifférent

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