W. H. Mallock, Is life worth living ? ch, xi
laire du peuple d'Israël, histoire la plus merveilleuse de l'antiquité et qui porte si évidemment le sceau du divin ; — l'Eglise catholique qui est née au pied de la Croix oii est mort son Fondateur, qui a grandi au milieu des plus cruelles persécutions de toutes les puissances conjurées, qui s'est répandue par le ministère de pauvres pêcheurs sans instruction et sans gloire, se bornant à prêcher le Crucifié; — FEglise catholique qui, dans la lutte contre le plus puissant empire de l'antiquité, tenant sous son joug tout le monde alors connu, a triomphé sans autres armes que les exemples de vertu et la foi généreuse de ses fidèles; l'Eglise catholique, qui a si merveilleusement pourvu à l'éducation de l'Occident chrétien, qui est devenue son rempart le plus inébranlable contre toutes les forces destructrices, qui a su provoquer et diriger les plus nobles aspirations de l'homme, dompter les plus redoutables passions populaires, donner au monde tant de grands hommes et tant d'œuvres admirables, lumières de la sagesse chrétienne, héros de l'amour du prochain qui, par leur doctrine et leur exemple, par leur dévouement et leur zèle infatigable ont travaillé si efficacement au progrès de la civilisation chrétienne, versé sur toutes les blessures de l'humanité, l'huile et le baume de la charité, opposé à tous les maux un remède salutaire, sacrifié leur repos et leur vie, s'il le fallait, partout où le besoin et la souffrance les appelaient ; — cette Eglise universelle unissant dans la même foi tous les siècles et tous les
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peuples, serrant sur son cœur ses enfants accourus à elle sans distinction d'âge, de race, de condition, de civilisation, mais poussés par un même amour reconnaissant; — cette Ji^glise qui a déjà survécu à tant de tempêtes, à la ruine de tant d'adversaires insolents et de tant de dynasties qui ont voulu lutter contre elle ; — cette Eglise qui, aujourd'hui encore, dans ce siècle de découvertes et de sciences positives, garde tout l'éclat de son éternelle jeunesse après une existence de deux mille ans, qui l'emporte sur toutes les autres institutions par sa puissance et par son efficacité pour le salut de l'humanité, contraignant ainsi tous les regards à se tourner vers elle pour admirer la plus haute autorité sociale et morale, obligeant ses' ennemis secrets et ses persécuteurs déclarés à rendre malgré eux le même témoignage que les Saints Livres rendaient déjà à sa grandeur et à sa divinité ; — cette Eglise est assurément la plus grande « réalité » de l'histoire. C'est la ville bâtie sur une montagne, que tout homme doit voir nécessairement s'il ne ferme les yeux de parti pris. Pour la confondre avec d'autres systèmes religieux il faut vouloir juger non point d'après la réalité, mais d'après ses préjugés. Un libre-penseur, positiviste de naissance, incrédule par système — W. H. Mallock a fait cet aveu : « Si nous considérons l'Eglise catholique au point de vue strictement logique, surtout si, malgré les découvertes modernes qui ne vont qu'à nous montrer la vie comme un mécanisme, nous croyons encore au
libre arbitre et à la moralité, il est difficile de voir en quoi l'Eglise de Rome peut nous sembler logiquement atteinte ou moins vivante qu'aux jours de sa plus grande expansion... A mon avis, pour que l'Eglise romaine prenne un essor plus puissant que jamais, il ne manque qu'une chose : que les hommes aspirent à la certitude, à la règle, à la consolation qu'elle seule peut leur offrir » *.
C'est donc dans l'Eglise catholique que s'incarne réellement le Yéntahle positivisme. La révélation divine, telle que l'Église nous l'offre, est le réel véritable ; elle constitue le centre de toutes les réalités que nous présente l'ordre de l'univers; — elle est véritablement certaine : l'histoire entière vient lui donner une attestation qui surpasse en certitude toutes les autres réalités ; — elle est véritablement précise : dans ce conflit d'opinions diverses où l'humanité se débat, elle montre à l'homme avec une clarté et une précision divines le chemin qui le conduit au bonheur ; — elle est véritablement organique : elle seule a la puissance de briser les barrières qui séparent les hommes entre eux, de faire disparaître les oppositions qui les divisent, d'apaiser les haines de race et de nationalité, d'unir l'humanité en une seule et grande famille, la famille de Dieu; elle seule peut édifier et fonder pour le salut des individus comme pour celui des peuples ; — elle est véritablement utile: seule, par sa mission
i. Conteinporary Review, mars 1878, p. 726.
divine, qui fait d'elle l'Église de Jésus Christ, elle possède le secret d'appliquer en tout et partout les fruits de la rédemption, d'élever l'homme et de le diviniser dans la grandeur, dans la liberté et dans la perfection, de lui assurer ainsi le bonheur pour le temps et pour l'éternité.
Or — la raison et la révélation l'attestent éga» lement — le fond, l'essence de tout vrai positivisme, ce n'est pas le relsitif, mais V Absolu.
Introduction