‹ Le Positivisme depuis Comte jusqu'à nos joursChapitre 43 sur 342 · Voir Taxil, Les frères trois-points, i, 314 et suiv · texte numérisé non relu

Voir Taxil, Les frères trois-points, i, 314 et suiv

28. — F.-. Gambetta avocat du positivisme dans le monde des profanes. — La solidarité du positivisme et de la franc-maçonnerio se révélait aussi dans la vie publique. F.'. Gambetta, par exemple, qui fut en France, durant un certain temps, le personnage politique le plus influent, soutint plus d'une fois avec chaleur la cause du positivisme. Nous citerons seulement deux de ses discours. En 1873, dans un banquet donné en l'honneur de Littré, il disait:

« C'est par la vulgarisation de la méthode fondamentale de sa doctrine (la doctrine de Littré) qu'on pourra arriver à remettre la civilisation occidentale à son vrai rang, sur sa véritable base c'est

grâce à cette méthode qu'on ne poursuivra désormais le progrès que par l'éducation systématique et rationnelle des peuples de notre continent... Ce n'est pas le but de notre vie, à nous, de la consacrer à la recherche scientifique des faits que vous (M. Littré) observez et analysez ; nous ne sommes que les interprètes modestes, souvent incomplets, de votre pensée, de la doctrine que vous avez, mission de féconder, et dont nous nous honorons d'être les serviteurs libres et dévoués {bravos). Mais il viendra certainement un jour où la politique ramenée à son véritable rôle, ayant cessé d'être la ressource des habiles et des intrigants, renonçant aux manœuvres déloyales et perfides, à l'esprit de corruption, à toute cette stratégie de dissimulations et de subterfuges, deviendra ce qu'elle doit être, une science morale,... où elle s'imposera aussi bien aux cons-

ciences quaux esprits, et dictera les règles du droit des sociétés humaines. Ce jour-là, votre philosophie — la nôtre — aura vaincu et votre nom sera honoré parmi les hommes » ^.

Dans la réunion solennelle que la Ligue française de renseignement tint au Trocadéro le 21 avril 1881, Gambetta insistait encore sur la nécessité de « l'éducation positive », à partir même de l'école primaire, « Il faudra bien, du moment cil vous voulez instruire le suffrage universel et faire des hommes éclairés pour faire des électeurs intelligents, il faudra bien que vous leur donniez une éducation positive, c'est-à-dire une éducation qui bannisse la chimère, l'absolu et le sophisme, une éducation qui ne soit faite que de la moelle des lions ; et la moelle des lions, qu'est-ce dans notre siècle ? C'est le résultat de toutes les sciences pures » [Longs applaudissements) ^.

Paul Bert, le rapporteur de la plupart des lois scolaires qui vont à régler l'enseignement public d'après les programmes positivistes, assistait à la séance du Trocadéro, avec plusieurs membres importants du parti républicain, tels que Foucher de Careil, Floquet, Spuller, de Hérédia, etc.. Gambetta lui fit ce compliment : « M. Paul Bert (salve d'applaudissements) qui joint aune dialectique incisive la science d'un bénédictin, à telles enseignes qu'on ne discute même plus avec lui

Page 1