‹ Le Positivisme depuis Comte jusqu'à nos joursChapitre 45 sur 342 · SA MORT ; SES FUNÉRAILLES · texte numérisé non relu

SA MORT ; SES FUNÉRAILLES

Vers la fin de 1872, la santé de Littré reçut une grave atteinte : des accès de fièvre et un catarrhe opiniâtre se déclarèrent. Les ressources de la science demeurèrent impuissantes devant le mal qui poursuivait lentement son œuvre de destruction. Des rhumatismes vinrent s'ajouter aux autres souffrances, et Littré se vit de plus en plus

1. Bulletin de la Ligue française de Venseignernenty pp. 424, 448.

2. Séance du Sénat, l*'' juillet 1881 ; Voir Journal officiel 1881 ; p. 1004,

obligé de garder la chambre, cloué sur son fauteuil de malade^.

29. — Conversion de Littré sur son lit de mort. — Dans sa longue et douloureuse maladie, Littré, qui garda jusqu'à la fin toute la lucidité de son esprit, s'occupait encore de travaux scientifiques. Son article intitulé « Pour la dernière fois » montre qu'il accordait alors aiïx grands problèmes de la vie plus d'attention quïl ne leur en avait donné en des jours meilleurs. Il avoue « qu'il n"a aucune répugnance à prêter l'oreille aux choses anciennes qui lui parlent tout bas et lui reprochent de les abandonner ». Il s'est réservé le droit de ne pas se porter pour « le contempteur absolu du christianisme et de reconnaître ses grandeurs et ses bienfaits »-. Il croit pourtant devoir s'enfermer dans son non possumus positiviste.

Nous tenons d'une autre source que Littré, durant sa maladie, reçut souvent avec une grande consolation la visite d'un saint jésuite, le P. Millériot, et, après la mort du père Millériot, celle de l'abbé Huvelin, vicaire à Saint-x\ugustin. Il prenait un vif intérêt à la lecture d'un livre du P. Clair, S.J.: la Vie du P. Olivaint, un des otages fusillés sous la Commune. Une chose le frappait particulièrement : c'est que le P. Olivaint, quoique élevé, comme lui, en dehois de toute croyance religieuse, était revenu plus tard, dans la

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