LITTRÉ
oppression, à la fois spontanée et concertée », dit-il, « se trouve irrévocablement brisée, depuis six ans, par l'adhésion décisive d'un éminent écrivain (M. Littré) , dont le noble caractère est encore mieux apprécié que son admirable talent. Devenu mon principal collègue, sa vie fut autant vouée que la mienne au digne triomphe, philosophique et politique, du positivisme, où nous voyons tous deux la seule issue possible de l'anarchie moderne » ^. Dans une lettre à Hadery (9 mai 1851 i, Comte rend encore à Littré ce témoignage, qu'il est le seul de ses disciples qui « exerce directement l'apostolat positiviste j),__ qui « développe dignement l'aptitude religieuse-, i du positivisme » ^. - J
~tiependant, plus tard (1852), l'amitié se refroidit entre le maître et le disciple ; et, du côté de Comte, le sentiment d'amertume alla toujours grandissant. Du reste, même avant de rompre avec Littré, le philosophe avait jeté les yeux sur son disciple favori, P. Laffitte, pour en faire son successeur. Il avait même songé un instant (18oÛ) à le nommer dans son Testament, « second grandprêtre de l'humanité » ^. Toutefois, en 1851, Laffitte ne lui paraissant pas avoir l'énergie nécessaire à une fonction si importante, il renonça définitivement à ce projet ^, et comme aucun de