‹ Le Positivisme depuis Comte jusqu'à nos joursChapitre 8 sur 342 · Ces parenthèses sont dans le texte de Comte · texte numérisé non relu

Ces parenthèses sont dans le texte de Comte

3. Lettres d'Aug. Comte à Henry Dix fi^uff on, -Dublin, 1890, p. 113.

12 LF. POSITIVISME DANS LES ÉCOLES ISSUES d'a. COMTE

Dans une leltre à Richard Congreve (15 Charlemagne 69), il ajoute que celte « coterie de faux positivistes », formée « sous la présidence nominale du rhéteur usé que le positivisme a passagèrement décoré d'une auréole de penseur )i, est « sous la direction réelle de Tindigne femme à laquelle j'eus, dans ma jeunesse, le malheur de donner mon nom ». Il poursuit: « Ces roués sont ici l'équivalent de vos soi-disant positivistes intellectuels, Mill, Lewes, etc , sauf que les nôtres, poussés par un milieu toujours préoccupé de destination sociale, sont, sous peine de discrédit, forcés de paraître adopter la religion de l'Humanité, tandis que les vôtres se bornent à la Philophie positive et rejettent ouvertement la Politique positive » *.

3. — Conduite de Littré après la mort de Comte. — Mais de même que Madame Comte, malgré la volonté clairement exprimée par son mari, finit par ramènera elle l'héritage matériel du philosophe, ainsi Littré, « son conseil », parvint à recueillir la succession intellectuelle du maître, malgré tous les efforts de ce dernier pour empêcher ce résultat. Dans ce rôle nouveau de « chef de l'école positiviste », en France et à l'étranger, Littré eut un tel succès que, depuis lors jusqu'à sa mort (1881), non seulement l'école positiviste, à laquelle Aug. Comte avait confié par son Testament la mission de poursuivre son œuvre,

l. Lettres cVAug. Comte ci Rich. Congreve; Londres, 1889, p. 33.

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resta complètement dans l'ombre, mais encore le côté religieux et politique du positivisme, si important aux yeux du fondateur, fut entièrement oublié ou méconnu. Antoine, un disciple de « l'école orthodoxe » d'Aug. Comte — par opposition à « l'école dissidente » de Littré, nous appellerons ainsi le groupe positiviste demeuré fidèle au fondateur — s'exprime ainsi, avec assez de justesse, en parlant de la conduite de Littré et de Madame Comte à propos du Testament du philosophe :

« Peut-être cette constante opposition apportée à l'exécution testamentaire d'Auguste Comte par ces deux complices, aussi perfides que coupables, paraîtra-t-elle étrange et inexplicable à la plus grande partie du public, qui les regarde encore comme ses plus fidèles amis, bien que leur haine se soit manifestée sous les formes les plus variées. Cette mystification eut pour agents les grands-prêtres et directeurs de la démocratie, qui ne répondaient aux prédications des positivistes de la rue Monsieur-le-Prince que par le silence ou la calomnie; ils avaient ailleurs leurs dieux et leurs autels ! Par une bien singulière idéalisation, ils avaient découvert en M. Littré le continuateur d'Auguste Comte et un disciple plus grand que le maître, dont ils lui attribuaient, avec la candeur de l'ignorance, une foule de conceptions et d'aspirations. Doucement enivré des perpétuels élancements de leur adoration perpétuelle, M. Littré prit ce rôle au sérieux ; il se dit que lui aussi il était philosophe, et il aspira à fonder une école nouvelle pour la tourner contre son maître. Les

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organes de racadémisme et du matérialisme, les journalistes militants, aussi bien que les cardinaux romains et les pasteurs libéraux et orthodoxes, regardèrent dès lors la doctrine de M. Littré comme le vrai positivisme, sans se douter que ce prétendu maître n'avait pas de doctrine »*. — « En fait, M. Littré, à Fégard du positivisme (le vrai positivisme, celui de Comte), n'a finalement rempli qu'un rôle de pur démolisseur ))^.

1. Aperçu sommaire sur la vie et sur l'œuvre de M, P. Laffitte, successeur dAvg. Comle, par E. Antoine. Havre, 1880, p. .ïl.

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