C. Théorie de ITndustrie i
I. Introduction: Organisation spirituelle et temporelle ■de rindustrie positive; fonctions du sacerdoce positif dans la vie économique, par l'organisation des opérations collectives, etc.; Organisation des t patries » et hiérarchie industrielle (patriciat et prolétariat positif) etc..
II. Théorie des activités industrielles : activité géométrique, mécanique, astronomique, physique, chimique, biologique-végétale, biologique-animale.
III. Théorie des activités industrielles : agriculture, manufacture, commerce, banque, équilibre et oscillations du système économique.
Conclusion synthétique : Considérations générales sur la hiérarchie des arts industriels : rapports entre l'Industrie •et l'état général de l'évolution de l'Humanité.
1. Comte se proposait de traiter lui-même ce sujet dans le troisième volume de la Synthèse subjective (Voir Système de politique positive, iv, 452 et Synthèse siibjec- <itv, p. v). Avec le Système de logique positive (vol. i) elle Système de m,or aie positive (vol. ii), le Système de rindustrie positive devait être la troisième partie de sa philosophie dans sa forme dernière.
130 LEI'OSniVlSME DANS LES ÉCOLES ISSLES d'a, COMTE
rjS. — Succès du Cours de Laffitte. — D'après les complos-rcndus de la Revue Occidentale et des Circulaires annuelles, le succès de ces Cours est allé en croissant depuis 1878. A partir de 1880 ils se faisaient dans ramphilhcàlre Gerson*. A dater de 1888, ils se continuèrent dans la grande salle du Collège de France, que Renan,. Directeur du Collège, et Liard, Directeur de l'enseignement supérieur, mirent gracieusement à la disposition de LalTilte^. Yoici comment s'exprime au sujet de la faveur que le Cours de Laffitte rencontre en France, un compte-rendu publié dans la République française (11 novembre 1889), par dabriel Compayré, professeur de philosophie à Toulouse, auteur de plusieurs ouvrages de philosophie et de pédagogie, ainsi que de divers manuels de morale laïque très répandus :
« M. Pierre Laffitte a repris hier, à trois heures, dans le grand amphithéâtre du Collège de France ,^ son cours public de philosophie. Si nous en jugeons par cette première séance, ces vôpres laïques du positivisme seront cette année plus fréquentées que jamais. Le public nombreux qui y afllue y apporte d'ailleurs une attention sympathique et touciiante, pour mieux dire un recueillement qui a quelque chose de religieux. Ou devine tout de suite que le maître exerce une grande autorité sur son auditoire... Avons-nous besoin de dire que nous nous réjouissons de ce
succès croissant de renscigncmenL de M. Laffitle? L'ouverture de son cours est devenue un véritable événement sur la rive gauche, dans ce (|uartier de Paris qui est resté dans une certaine mesure ce qu'il était au moyen âge, la civitas 'philosophormn. Nul ne s'en étonnera de ceux qui connaissent M. LalTitte, sa prodigieuse science, sa fidélité de tant d'années à la philosophie d'Aug. Comte, et qui ont pu apprécier l'extraordinaire activité de sa pensée toujours neuve et originale, à travers tant de sujets d'étude successivement abordés, et bien qu'elle soit subordonnée à un culte passionné pour le créateur de la philosophie positive. Toute question de doctrine mise à part, nous ne croyons pas qu'il y ait en France de cours plus attrayant, plus remarquable que les leçons de ce savant aussi profond que modeste, qui, sans apprêt, sans aucune prétention à l'éloquence, vient tout simplement exposer ce qu'il sait, ce qu'il croit être la vérité, avec une sincérité parfaite, donnant à ceux qui Técoutent le plaisir rare d'entendre un homme qui pense tout haut... Les journaux annonçaient récemment que le conseil municipal de Paris se reprenait à l'idée d'organiser des cours d'enseignement populaire supérieur, une sorte de Sorbonne municipale et libre. En ce qui concerne la philosophie, M. Laffitte a devancé l'exécution de ce projet, par une initiative qui lui fait le plus grand honneur, et dont lui seront reconnaissants tous ceux qui pensent que l'enseignement philosophique ne doit pas se réduire à quelques chaires officielle
autour desquelles se groupent seulement quelques candidats à l'agrégation; que le peuple doit y participer afin d'y puiser les principes de la foi politique et les règles de la vie privée »*.
Quant au genre de Laffitte dans ses Conférences, écoutons Marcel Norris : « Son autorité s'impose ; il cause à l'aise, évoque mille sujets, effleure ici des dogmes et là des sciences ; il empoigne l'histoire, la secoue, la déshabille et, tranquillement, montre des choses nouvelles ou fixe des pensées flottantes... Depuis trente ans qu'il est sur la brèche, P. Laffitte a d'ailleurs acquis dans ce genre une virtuosité extraordinaire. Il sait être parfois plaisant ; il connaît bien mieux encore l'art de mener son sujet et d'être, s'il le faut, pathétique. Il a été visiblement créé pour la chaire. Le voilà assis, surmontant tout l'auditoire de sa forte tête blanche, et il déroule ses phrases ; des idées passent fugitives comme des ombres ; en un tour de main il a disséqué un monde, trouvant chaque fois le mot juste. Des héros à peine connus se dressent tout à coup et planent ; des époques méprisées, comme par exemple le moyen âge, envahissent l'esprit et montrent avec des papes gigantesques une infinité de rôles sociologiques qu'on n'avait même pas soupçonnés »^.