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Circulaire (1874), p

131 LE POSITIVISME DANS LES ÉCOLES ISSUES d'a. COMTE

aclion personnelle, conslanlc et continue, est le mode vraiment régulier de propagation philosophique et religieuse; car, outre la continuité de Taclion, ce mode de propagande, tenant compte des différences individuelles, est aussi efficace pour celui qui l'accompli I que pour celui qui le subit. Chaque àme régéuéiée, ou en train de régénération, chaque véritable croyant trouvera là une noble destination sociale et morale, d'autant })lus que chacun peut être certain que ses efforts ne sont jamais perdus. Cette action n'a rien de bruyant, mais elle a une efficacité certaine, quand même elle se réduirait à faire connaître vaguement le Positivisme, et à éloigner les préjugés répandus sur lui par nos adversaires. Chacun puisera dans cet apostolat une consolation, par la certitude de contribuer ainsi à la lente mais certaine installation de la Religion finale ».

¥A ailleurs*, Laffitte reprend : « Pour moi, ces Sociétés (positivistes) sont les éléments d'action du pouvoir spiriluel pendant la transition ». Elles doivent être pour la civilisation positive ce que les couvents de Bénédictins ont été pour la civilisation chrétienne au moyen âge.

Et de fait, à Paris comme dans toute la France, les positivistes orthodoxes se montrent d'infatigables apôtres de la nouvelle religion, travaillant sans relâche à la propager par des conférences, des catéchismes et des rapports, sous la direction de Laffitte qui, sur ce point aussi, fait preuve du

i. 5^e Circulaire (1882), pp. 17, 18.

plus grand zèle. Ces divers modes de propagande, il les appelle un « système de missions » pour la diffusion de la « bonne nouvelle »*.

oo. — Cercle positiviste d'ouvriers. — A coté j de la « Société positiviste», il y a: d'autres associai lions dont la principale est le « Cercle positiviste ) d'ouvriers ».

« Le Cercle a pour but: 1. De inettre ses } membres au courant, d'abord, de tous les faits se 1 rattachant directement aux rapports du capital i et du travail; ensuite, des principales études faites l sur ce sujet par les différentes écoles socialistes '. et économistes ; — 2. De rechercher les solutions ', fournies par le positivisme pour les questions ; sociales sur lesquelles l'attention générale est j attirée, soit par les faits eux-mêmes, soit par I Faction de la presse, soit par l'intervention gou- I vernementale ; — 3. De porter à la connaissance i du public les solutions positivistes au moyen de ! circulaires, brochures, affiches, pétitions, corres- I pondances et délégations aux réunions ouj vrières ». — «Conditions d'admission: émancipa- I tion de tout système théologique ; acceptation I des principes sociaux du positivisme la richesse 1 est sociale dans sa source et doit l'être dans sa j destination ; le salaire n'est pas le prix de la va- I leur du service rendu, mais l'indemnité nécesi saire, dans un milieu donné, à l'entretien du 1 travailleur et à celui de sa famille ; l'installation I définitive des institutions que comporte l'ordre

1 . 36^ Circulaire (1884) p. 5; et 39^ Circulaire (1887) p. 3.

nouveau doit être précédée dune complète réorganisation des opinions et des mœurs) » *.

Le Cercle ne compte qu'une cinquantaine de | membres ; mais ces membres sont loin d'être inactifs. Ils cherchent une solution pacifique des questions sociales dans les maximes de la Politique jiositive d'Aug. Comte. Ils ne veulent point, à l'exemple des communistes, supprimer le droit de propriété, mais faire accepter de tous le grand principe : « La richesse est sociale dans sa source et doit l'être dans sa destination '>. De^ môme que tout homme, le capitaliste doit, lui aussi, se regarder comme l'organe de l'IIumanilé,. comme un fonctionnaire public ; il doit donc employer sa richesse pour le bien général. Le libéralisme économique n'est « qu'une formule savante de l'égoïsme ploutocratique, la sanction hypocrite et sophistique de l'oppression des faibles par les forts » 2.

Le « Cercle positiviste d'ouvriers » a donné naissance, en 1879, au «Cercle des éludes sociales et professionnelles des cuisiniers de Paris », avec la devise : Ordre et Progrès. Comme « ce corps d'état est si considérable et si distingué à Paris » — il suffit de se rappeler le fameux et coûteux cuisinier de Gambetta — Laffitte attache

\. Revue Occidentale, I880, 11, 401 el suiv, ; Voir .3/^

2. Voir Laflitte, Le Positivisme et VÉconomie politique. Paris, Ritti ; S" édit., 1876, pp. 16, 74 et suiv. ; et Jîcvue Occidentale, 188o, 1, 254.

une grande importance à ce Cercle ^ Les membres de la nouvelle association se proposent de « baser leur action ultérieure, sociale ou professionnelle, sur une connaissance plus approfondie des relations humaines» 2.

Le « Cercle positiviste d'ouvriers » a fait preuve de la plus grande activité, en organisant des congrès et des assemblées. C'est ainsi qu'en 1869,. il organisa le congrès ouvrier de Bàle ; en 1876, celui de Paris ; en 1878, celui de Lyon ; en 1879,. celui de Marseille, etc. Le discours prononcé au congrès de Paris (1876) contre les sociétés coopératives, par Isidore Finance, le plus habile représentant du prolétariat, a été déclaré par la presse parisienne le discours le plus remarquable de cette assemblée 3. Il a été publié en une brochure,^ avec deux autres discours positivistes, préparés en vue du congrès*. Les délégués du « Cercle positiviste d'ouvriers » prennent également part aux assemblées des libres-penseurs ; et on ne laisse pas de leur y accorder une certaine importance, puisqu'on voit leurs Rapports publiés dans le compte-rendu des séances (en 1884 par exemple).

Malgré le petit nombre de ses membres, le

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