‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 104 sur 320 · LIVRE II. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE II

applicable à divers objets concrets, indépendant du temps et de Fespace. Ces qualités et ces phénomènes, ainsi isolés , sont aptes à constituer des cadres idéaux servant à classifier la réalité, à la distribuer en genres et en espèces.

Nous retrouvons donc ici, par l'analyse psychologique, la même dualité de points de vue que nous avons constatée lorsque nous avons exposé les notions du bon sens.

C'est toujours l'unité se résolvant en diversité , la permanence coexistant avec la succession.

Seulement, nous avons constaté en outre que Tordre progressif de notre connaissance est le même que Tordre logique de la réalité.

De même que la substance est antérieure en nature aux éléments qui en sont abstraits, de même la substance est connue la première dans son unité concrète.

La perception concrète, qui nous manifeste les substances, les personnes et les choses , précède l'abstraction , qui nous manifeste les qualités et les phénomènes.

Le nom même de l'abstraction est le témoignage inconscient de cet ordre. Abstraire, c'est séparer, arracher, enlever une partie d'un tout : le tout doit donc préexister; le concret doit exister et être connu avant l'abstrait.

Nous allons rendre ces notions plus claires en étudiant la synthèse de ces deux connaissances, qui se fait par les jugements expérimentaux.

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