‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 135 sur 320 · LIVRE III. — CHAPITRE IV. ^ 24ft · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE IV. ^ 24ft

sont manifestée» par les gestes et l'expression du visage. Mais il est facile de reconnaître que, toute naturelle et spontanée que soit cette interprétation des signes, elle ne peut se faire que parce que ces signes réveillent en nous l'idée de nos propres jAénomènes internes. Nous devinons en autrui des phénomènes internes semblables aux nôtres. Nous ne percevons réellement que nos propres phénomènes internes, et nous ne les percevons que par la conscience. Nos sens extérieurs sont aussi impuissants pour nous les révéler que la vue pour révéler les sons, et l'ouïe les couleurs.

Ces principes étant posés, il est facile de voir que toutes les objections soi-disant expérimentales dirigées contre la conscience que nous avons de notre personnalité, peuvent être a priori convaincues d'erreur.

La croyance à cette personnalité repose en effet sur le témoignage universel, normal et régulier do notre conscience ; et ce témoignage porte sur l'objet propre de cette faculté, sur un objet qu'elle seule peut atteindre. Donc, aucune induction, de quelque nature quelle soit, n'a qualité pour contester ce témoignage. Aucun fait exceptionnel et tératologique de mémoire oa de conscience n'a qualité pour mettre en doute le résultat de cette constante et universelle expérience.

Nous sommes donc certains d'avance que ces objections sont fausses, comme un caissier est certain qu'un compte est inexact, quand l'état vérifié de la caisse prouve une différence entre les faits et les calculs.

Nous en sommes aussi certains qu'un capitaine de navire est certain que ses calculs d'estime de la route sont faux, quand des relèvements précis d'objets terrestres lui ont permis de calculer sa position. Nous sommes en possession des faits, nous n'avons pas à nous occuper des argumentations contraires ; les faits ne peuvent être détruits par des raisonnements.

U n*est donc nullement nécessaire de discuter une à une toutes ces objections. Il sera utile cependant d'en examiner quelquesunes, ne fût-ce qu'à titre de spécimen, ou pour nous rendre compte des causes qui font glisser si facilement l'esprit humain dans l'erreur.

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