DE LÀ LUMIÈRE
Si le son est ce qui frappe nos oreilles, la lumière est ce qui frappe nos yeux. Il semble donc, au premier abord, que la même théorie devrait s'appliquer à ces deux objets.
Rien, cependant, ne serait plus inexact. Outre la différence que nous avons signalée plus haut entre nos différents sens, il en est une qui distingue le sens de la vue, et qui est capitale : c'est celle qui consiste dans la nécessité, pour la vision, d'une condition distincte à la fois de l'organe voyant et de l'objet vu. Cette condition se nomme la lumière.
Aucune condition pareille n'existe quand il s'agit des autres sens. Le son se propage à travers tous les corps ; il n'est arrêté que par le vide ou par certains corps exceptionnellement peu élastiques. Il y a des ombres sonores, mais il n'y a pas de nuit et de jour relativement au son. Toutes les conditions de l'audition des sons consistent dans la présence ou dans certains états des corps perceptibles. Au contraire, la perception visuelle exige une condition spéciale distincte des corps ; le bon sens l'a tou-
sK^ LE pofHTnnmB et la «science KXPsmiBsrriLK.
jours ern, et ia scianee a confirmé sur ce point les cimaicfï^ « bon sens. Ceai cette ccmdition ([m doit étee le pniiBÎer «loîac it OftreétMfe.
^m» avons vu que la premiëre notion. YoiçsBre éa maa. «r Mtttnulietoire et incohérente; celle de la lomiisfe VeA «ogor dairantage.
Rien de plan oppoeé que les différents jnçemenls que ooss prononçons nnr cette condition mystériense. laraqœ oons ne eherebons pas à rectifier nos assertions par la phikieopliîe et ia ncienee.
ijA Inmière semble d'one part être on agmt. c*est-«-<fir9« one mibstance active ; c*est-^me cause très pmssante de senaatân». dXTets physiologiques, et, comme ia science Ta démootré dans notre siècle, d'effets purement physiques.
Mais, d'autre part, la lumière est considérée comme one pare apparence, comme quelque chose d^objectif, sans être substantieL comme TétofFe des météores et des fantômes, c'est-à-<fire de choses dépourvues de réalité véritable, conmie un »mple éelat analogue au son qui est un simple retentissement.
Substance réelle et active d'une part, phénomène apparent et sans substance de l'autre. N'est-ce pas là une véritable antinomie sur laquelle s'en greffe une seconde, celle qui résulte de k notion hybride d'une apparence sans substance, qui se trouvait déjà dans le son?
ijSL solution de cette antinomie n'est cependant pas difficile. Elle peut être trouvée avec un simple effort d'attention. 11 suffit pour cela de remarquer que le même terme de lumière désigne deux objets, une substance active et une pure apparence^ une cause et un effet.
Il y a l'agent lumineux, la lumière objective qui est cause de la vision, cm fait voir.
n y a l'apparence lumineuse, la lumière phénoménale, analogue au son, et, comme nous le verrons, subjective comme lui; la lumière qui est vue.
Il suffit d'étudier à part chacune de ces deux notions pour reconnaître qu*elle8 s'appliquent à des objets tout à fait distincts.