‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 196 sur 320 · LIVRE IV. - CIIAPITKE 111. S · texte numérisé non relu

LIVRE IV. - CIIAPITKE 111. S

]>E l'agent lumineux

L'existence d'un agent lumineux, d'une cause de la vision, est évidente aux yeux de la raison. Quand nous allumons une lampe et que tous les objets environnants apparaissent revêtus de couleurs jusqu'alors invisibles, une cause est intervenue.

Que pouvons-nous savoir de cette cause ?

Premièrement, elle est une cause, c'est-à-dire, une réalité active. Nous ne pouvons pas sans doute affirmer, quelque probable que cela nous paraisse, que cet agent soit une substance distincte de tous les corps perceptibles, et non un certain état de ces corps. Dans ce dernier cas, cet état serait un mode réel survenu dans ces corps et leur communiquant une activité nouvelle.

La lumière est une réalité, quelque chose de positif. L'ombre, la nuit, les ténèbres, sont de simples privations. Ce ne sont pas les ténèbres qui empêchent actuellement de voir, qui font obstacle à la vision. C'est la lumière qui fait voir. Là où ne se trouve aucune cause de lumière, l'obscurité règne. Là où ces causes sont très distantes, comme dans l'espace intersidéral, leur action s'affaiblit et l'obscurité va croissant.

En second lieu, cette réalité active sort de sources qui nous sont connues. Elle sort du soleil, des astres, et de certains corps terrestres, lumineux par eux-mêmes, c'est-à-dire, doués de la propriété de rendre par leur présence les autres corps visibles. A partir de ces sources, l'agent lumineux se propage dans toutes les directions suivant des routes que nous pouvons déterminer et que nous nommons rayons lumineux. Il se propage en ligne droite dans les milieux homogènes; sa route s'infléchit quand la nature du milieu change ; il est arrêté par les corps opaques et réfléchi sur leur surface, tantôt reproduisant l'apparence de la source dont il sort, tantôt rendant visible le corps opaque lui-

Ui LE POSITITISME ET ÎA SOESCM, EXPÈUSDTALE.

même. Il rq^ri de la surface da eoq» opaque, car Fespéneoce prouve qn^on corps édairé édaire les aatres corps. Il pénètre dans les jreox de lliomme et prodmt deox effets : d'une part. 3 Cait vmr les objets ertérieors : d*aatre part, Q prodaîU sortoat qoand son intensité est grande, certaines sensations que nous nommons sensations lomineoses et dont la pins vive s*a|^idle Téblonissement.

L'agent lomineux est présent en chaque point de la roate qu'il suit, à partir de sa source jusqu^à Fœfl de Thomme ou jusqu'à ce qu'il se perde, absorbé par un corps, ou qu'il se répande dans le vide extérieur sans limites. Sa présence, en chacun de ses points, peut être constatée par ce &it. que. si l'on place un corps cqpaque en un point où passe le rayon, ce corps sera éclairé, et que tout corps placé derrière cesse de l'être par l'interposition de l'obstacle.

En troisième lieu, il existe dans l'agent lumineux des différences intrinsèques. Il y a diverses lumières. Ce qui le prouve, c'est que les mêmes corps placés sur le passage de différents rayons lumineux prennent des aspects divers et apparaissent diversement colorés. Les diverses lumières font donc voir les corps sous des aspects divers.

On donne à ces diverses espèces de lumières actives les noms même des divers aspects qu'elles font prendre à une surface blanche qu'elles rencontrent. Mais il faut bien remarquer que quand il s*agit de Tagent lumineux, les noms de lumière rouge, bleue ou verte, veulent dire, cause d'aspect, rouge, bleu, ou vert.

En effet, Tagent lumineux lui-même est invisible. Cette idée qui semble un paradoxe, est cependant rigoureusement vraie. Si Fagent lumineux était visible, nous le verrions là où il esU c'est-à-dire répandu partout et traversant les milieux transparents dans tous les sens.

Or, nous ne le voyons pas ainsi. 11 est impossible que nous le vojrions ainsi ; s'il se manifestait ainsi là où il est, loin de faire voir les corps, il empêcherait de les voir.

Si quelquefois nous croyons voir un rayon de lumière, c'est une illusion. Ce sont des particules solides éclairées que nous

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