‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 199 sur 320 · LIVRE IV. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE III

Ainsi il y a une lumièro objective, un agent lumineux invisible et qui fait voir ; c'est la cause de la vision. Il y a une lumière apparente, phénomène passif, qui est Tobjet de la vision.

C'est cette lumière apparente qui est analogue au son dont nous avons étudié la nature.

Comme le son, elle est objective en apparence et n'a pas les caractères d'une substance. Comme le son, elle a ses variétés propres. Elle a ses couleurs diverses ; elle apparaît sous l'aspect blanc, bleu ou rouge, de même que le son a ses notes diverses. Les aspects colorés ne peuvent être distingués que par la vue, comme les notes ne peuvent être distinguées que par l'ouïe.

Néanmoins, la similitude n'est pas complète. Les sons dépendent simplement d'une cause inconnue que l'induction peut découvrir. La lumière et les couleurs dont elle se compose dépendent à la fois de l'agent lumineux et des corps que cet agent vient baigner. Les sons ne sont localisés que plus ou moins vaguement, ils n'adhèrent pas aux corps, ils ne représentent pas la forme et le mouvement. La lumière apparente est localisée avec une parfaite exactitude, et, dans la plupart des cas, elle se manifeste à la surface même des corps, les revêtant avec exactitude. Or, dans ce cas, elle subit l'influence de la nature du corps, et s'unit si étroitement avec lui, qu'il semble que la couleur, qui n'est cependant qu'une variété de lumière, adhère au corps luimême et lui appartienne à titre de qualité.

Il y a ici une nouvelle confusion qu'il est essentiel de dissiper, celle qui s'établit entre la propriété des corps que nous nommons leur couleur, et l'aspect coloré qui n'est que la lumière apparente manifestée à la surface des corps. Ce ne sera qu'après que nous aurons résolu cette difficulté que nous pourrons appliquer à l'étude des couleurs la méthode que nous avons appliquée avec succès à l'étude des sons.

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