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CONCLUSION DE LA THÉORIE DES SONS ET DES COULEURS

L'analyse que nous avons faite est maintenant complète. Nous avons reconnu que, dans tous les cas, les sons et les couleurs apparentes sont des phénomènes subjectifs en réalité, objectifs en apparence, et produits par une cause externe objective qui n'est pas directement perçue.

Il en résulte que si nous ne possédions que les sens de la vue et de l'ouïe, nous serions précisément dans la situation que supposent les partisans de l'étendue subjective. Nous éprouverions des phénomènes subjectifs, audition de sons et vision des couleurs. Ce ne pourrait être que par une sorte d'hallucination naturelle que nous les transporterions au dehors dans un espace fictif. Nous saurions que ces phéomènes doivent avoir des causes extérieures

LE POSinyiSME ET LA SOENGE EXPÉRIMENTALE.

à nous. Nous sapposerions des variétés dans ces causes, correspondant aux variétés de nos sensations. Nous pourrions juger des changements successifs de ces causes d'après les changements successifs de nos sensations.

Hais nous n'aurions aucun droit de localiser dans un espace réel les causes de nos sensations et nous n*aurions aucun moyen de connaître, à un degré quelconque, la nature de ces causes.

Nous n'aurions également aucun droit de distinguer entre des corps et des images. Nous n'aurions aucun droit de distinguer entre la réalité et l'illusion, entre les corps réels et les fantômes subjectifs.

D'où vient que le monde réel est tout autre que ce monde imaginaire du sensualisme ?

D*où xîent que nous connaissons le lieu réel d'où émanent ces rayons lumineux et colorés, que nous distinguons les teintes réelles des corps de leurs couleurs apparentes? D'où vient que nous pouvons ébaucher la connaissance des causes de la couleur, déterminer de suite une des causes partielles, le corps coloré, sa forme et sa teinte, et préparer la découverte scientifique de la cause principale, l'agent lumineux? D'où vient que nous distinguons avec évidence les images des corps réels? Cela vient de ce que nous possédons un autre moyen de perception, un sens vérificateur, un sens des réalités, le sens du tact. Le tact nous révèle de vrais corps, de grandeur déterminée, placés à des distances déterminées, dans un espace réel. Une correspondance exacte s'établit entre les données du tact et les fantômes de la vue ; s'appuyant sur des corps solides dont ils deviennent les signes, ces fantômes apparents nous manifestent la réalité extérieure. Ceux qui enveloppent les corps réels se distinguent par le tact de ceux qui sont vides. L'homme a un pied en dehors de ses sensations ; sa science possède ce point d'appui qui lui permettra de mesurer le monde. Nous connaissons le monde tel qu'il serait dans le système de retendue subjective. Ce serait une collection de sons retentissants et d'images illusoires, comme celles que l'optique se plaît à faire chatoyer devant nos yeux.

Nous pouvons comparer ce monde fictif au monde réel, au monde dans lequel nous vivons, au monde que la science étudie,

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