‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 219 sur 320 · LIVRE IV. - CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV. - CHAPITRE IV

science qui confirme la métaphysique et qui affirme le principe que tout phénomène appartient à une substance.

DU DALTONISME ET DES VARIATIONS INDIVIDUELLES DANS l'appréciation DES COULEURS

La subjectivité des couleurs apparentes peut être prouvée par des faits d'un autre ordre.

Tout le monde connaît le daltonisme ou Tinfirmité qui rend les hommes incapables de distinguer le rouge du vert. Cette infirmité prouve à elle seule que les couleurs apparentes plaquées sur les objets sont subjectives.

En effet, c'est là même, sur les objets, que les daltoniens voient deux teintes identiques là oti les autres hommes voient des teintes diverses.

Le bon sens avait d'ailleurs deviné cette vérité, et le vieil adage : « Des goûts études couleurs il ne faut pas disputer », n'en est qu'une expression.

Chacun de nous aperçoit autour de lui un même et identique monde quant aux corps, aux formes et à leurs distances ; chacun peut vérifier et comparer quant aux formes ses propres perceptions, les exprimer sous une forme géométrique qui permet de les comparer à celles des autres.

Mais, quant aux teintes, elles sont vues d'une manière individuelle . Tout ce que nous pouvons constater, c'est que nous voyons en général tous les mêmes différences, et les mêmes ressemblances de teinte ; c'est contre cette règle générale que pèchent les daltoniens. Mais il est impossible de comparer terme à terme le rouge perçu par une personne avec le rouge perçu par une autre.

On attribue à cette variation individuelle dans la perception des couleurs^ le fait que certains peintres adoptent en général

OÙ ton différent des autres ; les uns un ton plus brillant d'autres un ton plus terne, chacun voyant la nature à sa façon.

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