‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 239 sur 320 · LIVRE IV. — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE VI

par le mouvement. Nous ne pouvons connaître la forme d'un corps par le tact sans le palper.

La table est un objet unique, déterminé. Les sensations musculaires qui servent à la révéler peuvent être extrêmement diverses. 11 y a toutes sortes de manières de palper un objet par toutes sortes de mouvements.

La forme en relief de la table est une surface simple et sans profondeur. Les sensations musculaires, plongées dans Tintérieur de notre corps, ne peuvent révéler la forme de la table qu'avec l'aide des sensations cutanées ; il faut ce double système de sensations superposées pour signifier la forme du corps touché. C'est leur union seule qui produit la notion de la forme. Sans la sensation cutanée, la sensation musculaire ne donnerait qu'une notion de mouvement vague; sans la sensation musculaire, la sensation cutanée ne donnerait que celle d'une résistance obscure. C'est leur union qui fait naître la forme précise et géométrique de la surface solide. Enfin l'étendue et la forme sont perçues par la vue, bien qu'incomplètement puisque le tact est nécessaire pour la connaissance de laprofondeur ; les sensations musculaires sont in\dsibles.

Remarquons bien qu'il ne s'agit pas de savoir si la notion de forme en relief et d'étendue ont leur origine dans la sensation musculaire : cela, nous l'admettons. Il s'agit de savoir si la forme en relief, et l'étendue sont identiques avec les sensations musculaires.

Or, nous pouvons former le tableau suivant de leurs différences.

ÉTENDUE ET F0R3iE EN RELIEF

SENSATION MUSCULAIHE

Objectivité évidente.

Subjectivité évidente.

Clarté, précision.

Obscurité, vague

Facile observation.

Observation difficile.

Tracé géométrique

Mouvements rcctilignes

où les lignes droites

ou circulaires

et les cercles

signifiés par des

sont uniformes.

sensations très variées.

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