LIVRE IV. - aUPlTRE X
des notions semblables ne repose pas sur un principe métaphysique réflexe, mais sur un principe instinctif qui nous porte à croire que les signes semblables correspondent à des notions semblables.
L'induction inconsciente qui unit les signes aux notions n'est point en efl'et une simple association d'images dont Tune révèle l'autre, elle contient une croyance, une espèce de jugement. Quand nous voyons un signe, nous croyons instinctivement que la chose qui lui est associée se trouve présente. C'est une croyance instinctive, c'est une loi innée de notre intelligence.
Un second instinct également inné, c'est l'instinct de recherche, la curiosité qui nous pousse à chercher la réalité sous les signes. C'est un instinct intellectuel de même nature que ceux qui portent l'enfant à chercher sa nourriture, à fermer les paupières quand une lumière éblouissante se manifeste.
Un troisième instinct inné qui semble nécessaire pour expliquer l'éducation de nos sens, c'est celui que nous pouvons appeler rinstinct d'unité ou l'instinct d'adaptation.
Nous croyons instinctivement que nos difl'érents organes sensitifs sont destinés à interpréter une même réalité. Nous cherchons à interpréter nos sens l'un par l'autre, nous unissons la vue au tact, bien que la sensation brute et non interprétée de la vue, c'està-dire une surface colorée plate, et la forme tangible obscure et invisible ne semblent avoir aucun rapport.
Peut-être est-ce à un instinct inné d'adaptation de ce genre qu'il faut attribuer le parallélisme naturel des axes des deux yeux, que l'on peut observer chez les plus petits enfants, bien avant qu'ils aient pu acquérir l'habitude de fixer des points déterminés.