‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 294 sur 320 · V. — Flan général de la réfutation complète du positivisme · texte numérisé non relu

V. — Flan général de la réfutation complète du positivisme

Enoncé des trois assertions du semi-positivisme. — La science expérimentale ignore les causes et les substances. — L'ordre des phénomènes et des lois est radicalement distinct de celui des causes et des substances. — La science expérimentale est radicalement distincte de la métaphysique. — Exposé du troisième système qui nie ces trois assertions. — Difficultés de la démonstration du système. — Variété immense d'opinions régnantes, d'où résulte une diversité très grande de définitions et une variation continuelle du langage. — Antinomies nécessaires dans les doctrines Traies. — Les chemins battus en métaphysique côtoient des abîmes. — Nécessité d'une méthode nouvelle. — L'exposé fait dans l'introduction sera démontré plus tard par l'application de la méthode. zu

VI. — Comme quoi l'expérience atteint les causes et les substances,

Les substances, ce sont les personnes et les choses. — Ce sont des individus réels, particuliers et objectifs. — L'expérience externe nous fait connaître les corps qui sont des substances. — L'expérience interne nous fait connaître notre propre personne qui est une substance. — Les causes, ce sont les réalités qui produisent les phénomènes ou déterminent leur apparition. — Les substances directement perceptibles sont des causes : donc l'expérience connaît certaines causes. — Connaissance direete et connaissance indirecte des substances. — Perception et induction. — Limites de la connaissance expérimentale des substances et des causes. — Quoique limitée, cette connais0Mice est réelle. — Véritable explication du changement de méthode des sciences physiques. — Fausseté de la première assertion des positivistes.— Conséquences de la seconde assertion. — Les faits et les lois seraient sans substance et par conséquent sans réalité. — Les substances et les causes seraient sans rapport avec les faits expérimentaux. — Dichotomie du monde réel selon les semi-positivistes. — D'une part des apparences liées par un canevas idéal. — De l'autre des causes inconnues et obscures. — M. Taine reproche avec raison au spiritualisme semi-positiviste de doubler l'univers, de supposer un monde hypothétique derrière le monde expérimental. — Vraie doctrine. — Unité de l'univers; union intime des substances et des phénomènes, des causes et des lois. — Le fond se prolonge jusqu'à la surface. —L'expérience atteint l'un et l'autre.— Examen de la troisième assertion. — Il est impossible d'expérimenter sans métaphysique, et de faire de la métaphysique sans s'appuyer sur des lidts. Néanmoins la science expérimentale et la métaphysique restent distinetef • — La science cherche avant tout les faits, et se sert des principes pour les classer. — La métaphysique s'occupe principalement des principes et se sert des faits pour les appliquer et les vérifier. — Le tort des anciennes méthodes et le tort opposé du positivisme. — Véritable doctrine. — Distinction sans séparation radicale et sans divorce absolu. xLvi

VIL ^ Relation entre les divers systèmes sur les substances et les causes.

Relation de notre système avec les trois autres systèmes exposés plus haut. — Par rapport au semi-positivisme, distinction moins absolue entre la métaphysique et la science; limite autrement placée. — ^Par rapport au positivisme , notre système admet comme le positivisme la distinction du connaissable et de l'inconnaissable, mais il ne trace pas la limite a priori. — U la trace a posteriori d'après Texpérience môme, comme la limite d'un désert ou d'un pays inaccessible se trace sur une carte de géographie. — Le positivisme traçant la limite a priori n'est expérimental qu'en apparence. — Sa modestie n'est qu'un orgueil caché. — Avec le monisme de M. Taine, le terrain commun, c'est que les causes ne forment pas un monde extraordinaire et à part. — La différence, c'est que nous croyons à une réalité et que le monisme n'admet qu'une apparence abstraite. — Le monde, selon le positivisme, c'est un théâtre dont la toile est baissée et le fond de la scène inaccessible. — Selon le monisme, le fond n'existe pas, la toile seule existe. — Selon le semi-posiiivisme , le fond est indirectement accessible. — Selon nous, la toile est levée et le fond tombe directement sous l'expérience. — Le positivisme mutile la science. — Le monisme mutile la nature ; le semipositivisme double l'univers ; le vrai spiritualisme ne double rien et ne mutile rien. LVIII

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