‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 69 sur 320 · LIVRE PREMIER. - CHAPITRE V. lit · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. - CHAPITRE V. lit

presque jamais sans un article ou un signe déterminatif quelconque.

Le seul cas assez rare où il peut se trouver isolé, est celui où il est employé comme prédicat. Telle est cette phrase : Pierre est homme. Alors le mot homme a le sens d'un adjectif, il veut dire, ayant la nature humaine. C'est un véritable adjectif, seulement dont le sens est plus complexe que celui des adjectifs ordinaires, désignant non pas une propriété, mais un ensemble de propriétés, une essence, la réunion de tous les attributs de la nature humaine.

Ce cas est rare ; le cas habituel, lorsque le nom commun est employé comme prédicat, c'est ^celui où il est précédé de l'article un. Cet animal est tm chien. Cet article nous fait comprendre la vraie signification de ce nom. Il veut dire : un individu de l'espèce chien, c'est-à-dire un individu possédant les caractères de cette espèce.

Ici nous découvrons la vraie signification habituelle du nom commun. Ce nom désigne une espèce, c'est-à-dire une classe indéfinie d'individus réels ou possibles qui ont certains carac* tères communs. Pris adjectivement et sans article, il désigne ces caractères eux-mêmes. Pris £^vec l'article un, il désigne la classe elle-même et indique que le sujet est contenu dans cette classe.

La même signification se retrouve quand le nom commun est employé comme sujet.

Alors, ou il est restreint à un individu par un signe déterminatif, et il désigne alors une ou plusieurs substances individuelles, un ou plusieurs des individus de l'espèce .: le chien, ces chiens.

Ou bien il s'étend à plusieurs individus appartenant à l'espèce, ces individus restant indéterminés comme dans cette phrase : Il y a des chiens qui savent chasser.

Ou bien enfin il s'étend à l'espèce entière, et il indique alors, soit l'ensemble total de ces individus réels ou possibles ; par exemple * « Tous les chiens aboient » ; soit un individu quelconque appartenant à l'espèce, par exemple : « Tout chien aboie » ;

• Voir la note à la fin du chapitre.

lîO LE POSITIVISME ET LA SCIENCE EXPÉRIMENTALE.

OU, SOUS une autre forme. « Le chien est un animal qui aboie ».

Les noms communs, sans signes déterminatifs, désignent donc des espëce% où des genres, des classes indéfinies d'êtres réels ou possibles.

L'objet de ces noms n'a donc pas d'individualité concrète, cet objet n'est pas une substance. La notion générale désignée par lé nom provient par abstraction des individus particuliers, elle s'applique et se rapporte à eux; mais elle ne les désigne pas.

Gela est vrai, lors même qu^il s'agirait du nom même de substance. *Ce nom, quand il est employé sans déterminatif, ne désigne pas une substance réelle, mais la classe générale des êtres qui possèdent les caractères de la substance.

Nous pouvons résumer en un tableau les résultats de ce chapitre. Nous y trouverons un moyen pratique d'appliquer la grammaire à la distinction des notions qui désignent des substances d'avec les autres notions, et par conséquent à la séparation de l'abstrait d'avec le concret.

§ 6. Tableau grammatical et métaphysique.

Pronom persoukel. | Je, tu, nous, il. TERMES i Nom propre de personne I Alexandre.

DÉSIGNANT DES < OU DE CHOSE. César.

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