‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 68 sur 320 · LIVRE PREMIER. - CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. - CHAPITRE V

Tun objectif, l^dislinction des substances, des qualités et des phénomènes, et l'autre subjectif, le sujet et le prédicat de Taffifmation et leur lien.

Voici comment on peut se représenter la formation graduelle de ce mécanisme du langage.

Le point de départ serait la notion d'une substance concrète individuelle de laquelle se dégage par une observation statique une qualité permanente, et par une observation dynamique, un phénomène fluent.

Cette orange est ronde.

Cette orange tombe.

Les formes grammaticales se moulent ici sur la réalité. Il y a un sujet, cette orange, qui représente la substance individuelle, un prédicat permanent, Fadjectif rond qui est un terme général car il peut y avoir plusieurs choses rondes. Le verbe est indique l'identité concrète et l'union indivisible de la substance et de la qualité.

Dans le cas de la seconde observation, il y a toujours le même sujet individuel, la substance, et un prédicat d'un autre genre, prédicat qui contient Télément du temps, la notion de la durée fluente, et qui enferme en lui-même l'affirmation. — C'est le verbe tombe. C'est le signe exact du phénomène.

Cette première opération faite, l'intelligence poursuit son abstraction et considère chacun des éléments de s«n analyse à part des autres, comme un objet direct et unique d'observation mentale.

Elle forme ainsi des sujets abstraits, la chute, la rondeur, auxquels elle peut attribuer de nouvelles qualités et de nouveaux phénomènes.

La chute s'accélère.

La rondeur est belle.

Les formes grammaticales ici se sont, par l'abstraction, séparées de la réalité.

Il n'y a plus en présence de notre esprit une substance réelle avec des attributs et des phénomènes, il n'y a plus qu'un sujet logique et des prédicats permanents ou mobiles.

Avec ces explications, on voit que la forme grammaticale

fit LE POSmVISIfE ET LA SCIEKCE EXPfiUMDTrALE.

eonfinna la théorie qae nous svans expoêée. Utos eDe Ta bire plos eneoie, elle Ta nous aider à la compléter par mie notkm noorelle, edle des termes miiversels ou noms eommmis.

§ 5. — Du nom commun et de sa sigfmfieaikm.

Le nom common est celui qui désigne nne persmme on mie chose d^nne manière indéterminée, c'est-à-dire, qni n*est pas accompagné du signe déterminatif qne nons avons reconnu nécessaire ponr qn'il désigne nne substance individuelle. Tels sont les mots, homme, chien^ livre, table.

Ces termes sont très différents des substantifs abstraits, blancheur, rondeur, chute, course. Le substantif abstrait désigne une notion générale qui s'applique à plusieurs individus, mais qui, considérée en elle-même, est unique.

n y a beaucoup d'objets blancs; il n'y a qu'une seule couleur blanche. D y a beaucoup d'objets sphériques, il n'y a qu'une seule sphéricité.

Le nom commun au contraire désigne tout naturellement et directement plusieurs objets. H y a plusieurs chiens, plusieurs hommes, plusieurs livres.

Ainsi le nom commun considéré isolément, ne rentre dans aucune des catégories ci-dessus tracées. Il ne désigne ni une substance individuelle puisqu'il manque du signe déterminant, ni une qualité ni un phénomène, puisque les qualités et les phénomènes sont exprimés par des adjectifs, des verbes ou substantifs abstraits.

Or, comme nous l'avons remarqué, le nom commun est fort probablement la première notion qui soit nommée par le langage. C'est le premier résultat de l'abstraction spontanée, dont la parole articulée est le signe.

Il importe donc d'en bien saisir la signification exacte.

Pour cela voyons comment il entre dans les propositions et comment il se joint à d'autres notions.

Nous remarquerons, que le nom commun concret ne s'emploie

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