J'appelle essence d'un être, l'ensemble de ses attributs
6. J'appelle modes, les qualités variables qui peuvent affecter la
LIVKE PREMIER — CHAPITRE VIÏ. 141
substance à certains moments et qui peuvent aussi cesser de lui appartenir. (Type : le mouvement, la joie, la douleur.)
7. J'appelle puissances, les qualités de la substance qui correspondent aux diverses classes de ses phénomènes successifs. (Type : l'intelligence, l'activité, le pouvoir éclairant, la capacité calorifique.)
Car (ictères des substances.
Les substances possèdent quatre caractères.
I. EUes sont permanentes; elles possèdent la première espèce de durée , la durée subsistante , c'est-à-dire qu'elles conservent ridentité de leur être tout entier pendant les moments consécutifs de leur existence.
II. Elles sont, par rapport à leurs qualités, des centres indivisibles. Les qualités diverses de chaque substance appartiennent toutes à un centre unique et ne peuvent en être détachées.
m. Elles existent objectivement, réellement, en elles-mêmes, en dehors de l'intelligence humaine; leur notion, pour désigner une réalité, n'a pas besoin de se rapporter à une autre notion.
IV. Elles sont concrètement individuelles, c'est-à-dire que chacune est distincte de toute autre réalité.
Principes évidents.
1. Les êtres réels existant tous sous la condition du temps peuvent posséder deux sortes de durée : la durée subsistante, qui convient aux substances; la durée fluente, qui convient aux phénomènes.
2. Considérées abstraitement, les deux durées sont identiques et se composent des mêmes moments; elles diffèrent, lorsqu'on les considère comme les propriétés d'une réaUté.
3. La réalité, qui possède la durée subsistante, reste identique à elle-même pendant qu'elle dure ; la réalité, qui possède la durée fluente, se mesure par le temps et lui est proportionnelle.
i42 LE POSITIVISME ET LA SCIENCE EXPÉRIMENTALE.
4. Les phénomènes sont réels par la réalité même de leur substance , avec laquelle ils sont concrètement identiques.
5. Le phénomène étant identique concrètement avec sa substance , les deux durées subsistante et iluente coexistent et sont unies dans un même sujet.
6. Les qualités^ bien qu'inséparables de leur substance, sont réellement diverses ; il y a dans la réalité un fondement à l'abstraction qui les isole.
7. La substance est antérieure en nature à ses qualités et à ses phénomènes. Les qualités et les phénomènes dépendent de la substance et ne peuvent exister qu'en elle.
8. La notion de substance est tellement hétérogène et disparate par rapport aux notions de qualités et de phénomènes, qu'il est impossible de former un genre commun qui les comprenne et les réunisse.