‹ Le postscriptum comedie en un acte, en proseChapitre 11 sur 21 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

l.ANCT.

Alors, permeltez-moi de ne pas désespérer encore.

MADAME DE VERLIÈRE

La rupture no serait pas à votre profit. Je renoncerais au monde et m'irais enterrer à Verlière

LA NC Y, souriant.

N’avez-vous pas quelque caveau d'ami, k Verlière?

MADAME DE VERLIÈRE.

Ne plaisantez pas, je vous en prie. Quand je songe au dé que je vais jouer...

LANCY

Pourquoi le jouer, alors?

MADAME DK VERLIÈRE.

Pourquoi Psyché a-t-elle allumé sa lampe?

LANCY

O fille d’Ève! — Me permettrez-vous, madame, si j’en ai le courage, de venir savoir le résultat do l’entrevue? Car je tiens à conserver au moins les droits de l’amitié, si je n’en puis avoir d’autres. »

Madame de verlière.

Voilà de bonnes paroles dont je me souviendrai quoi qu’il arrive. (Lui tendant la main.) Merci, mon ami.

UN DOMESTIQUE, ouvrant la porte de gauche.

Madame, M. de Mauléon est là.

LANCY, h part.

M. de Mauléon?

MADAME DE VERLIÈRE.

. C’est bien; j’y vais.

Le domestique sort.

LE POST-SCRIPTUM

LANCV, très-froid.

C’est donc lui? Que ne le disiez-vous tout d’abord? Je me serais retiré sans souffler mot.

MADAME DE VERLIÈRE.

Pourquoi devant lui plutôt que devant un autre? Est-ce que vous le connaissez?

LANCV, prenant son chapeau sur la table.

A peine. Je sais seulement qu’il est depuis deux ans consul quelque part, dans l'Inde.

MADAME DE VERLIERE.

.Eh bien?

Or, comme vous n’êtes veuve que depuis quatorze mois...

MADAME DE VERLIERE.

Je l’ai aimé du vivant de mon mari ? Est-ce là ce que vous voulez dire?

LANCY

Oubliez mon importunité, madame, et veuillez me croire toujours votre humble serviteur.

. U va jusqu'à la parle de droite.

MADAME DE VERLIÈRE. .

Monsieur de Lancv! (n s’arrête.) Je ne peux pourtant pas vous laisser croire ce qui n’est pas. Je tiens à votre estime.

LANCY, sur la porte.

Vous êtes trop bonne, madame; mais on vous attend.

MADAME I>E VERLIERE.

En deux mots : c’est moi qui ai demandé au ministre la nomination de M. de Mauléon pour éloigner un danger avec, lequel une honnête femme ne doit jamais jouer.

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