I. A NC Y
Vous allez vile en besogne!
MADAME DE VERLIERE, se regardant dans la glace.
N’est-ce pas aussi une chose bien surprenante que cette complète indifférence à ma... Comment dirai-je?
LANCY
A votre beauté.
MADAME DE VERLIERE.
Oui. Si j’ai quelque chose de passable, c’est ma chevelure. On dirait qu’il ne s’en est jamais aperçu.
LANCY', souriant.
Il aime votre âme.
MADAME DE VERLIERE.
Ne plaisantez donc pas. — Et, s’il ne m’aime pas, en effet, voyez à quelle horrible supposition je suis réduite.
LANCY
Laquelle?
MADAME DE VERLIERE. se rasseyant en face de I.ancy.
Vous ne voulez rien comprendre aujourd’hui! Ne vous ai-je pas dit qu’il est sans fortune?
LANCY
Vous lui faites injure.
MADAME DE VERLIERE.
Mon Dieu! toutes mes idées se brouillent. Qui me tirera
28 LE POST-SCRIPTUM
d’anxiété? Mon cher Lancv, vous regrettiez de ne pas être mon frère; supposez que vous l’êtes, et donnez-moi un conseil, je vous en prie. «
LANCV.
Mon conseil serait trop intéressé.
MADAME DE VERLIERE.
Non! Vous êtes la loyauté même; je vous obéirai aveuglément.
LANCV.
Je vous conseille de m'épouser.
MADAME DE VERLIERE.
Ce n’est pas ce que je vous demande.
L ANCY
C’est pourtant tout ce que je peux vous dire.
MADAME DE VERLIERE.
En votre âme et conscience, croyez-vous qu’il m’aime?
LANCV.
Je vous aime trop moi-même pour en douter.
MADAME DE VERLIERE, se levant avec impatience, traverse la scène jusqu’à la table, puis, revenant à Lancv, d'un ton résolu.
Eh bien, s’il m’aime, tant pis pour lui, car je ne l'épouserai certainement pas. Désolée de vous contrarier...
LANCV, se levant.
Le pensez-vous? — Je suis le plus heureux des hommes
MADAME DE VERLIERE.
Vous avez bien tort, mon pauvre Lancv, car je ne vous en