SCÈNE TROISIÈME
épouserai pas davantage. Le veuvage ne me pèse pas à ce point. Si vous voulez rester mon ami, bien; sinon...
LANCV.
Je le veux! C’est déjàuno commutation de peine. — Mais, si je ne suis pour rien dans ce revirement inespéré, qu’est-ce donc que vous a fait Mauléon?
• MADAME DE VERLIÈRE.
Je vous ai tout dit.
LANCY
Tout? Il n’y a pas do post-scriptum ? Les femmes en ont toujours un.
MADAME DE VERLIÈRE.
Pas l'ombre. (Elle s’assied & gauche de la table.) — Maintenant, comment faire pour me dégager? Je ne vous consulte pas, car vous êtes détestable aujourd’hui.
LANCY
Une femme a toujours le droit de reprendre sa parole.
MADAME DE VERLIERE.
Je ne lui ai jamais donné la mienne. .
LANCY
Pas môme tout h l’heure?
MADAME DE VERLIERE.
Non. Je ne sais par quelle prudence instinctive j’ai éludé sur ce point.
LANCY, debout de l'antre côté de la table.
Rien de plus simplo : il vient prendre le thé ce soir...
MADAME DE VERLIÈRE.
C’est que je voudrais bien qu’il ne vînt pas.
LE POST-SCRIPTUM
LANCY
Alors, écrivez-iui.
MADAME DE VE R LIE RE
Je ne lui ai déjà que trop écrit.
LANCY
Il a des lettres de vous?
MADAME DE V E R L I È R E
Oh! pas beaucoup, et pas bien compromettantes; vous pourrie/, les lire; des lettres de veuve... mais enfin des lettres.
LANCY
Renvoyez-lui les siennes, il vous renverra les vôtres.
MADAME DE VE RL 1ERE
Et s’il ne les renvoie pas?
LANCY
N’avez-vous pas quelque ami qui se chargerait volontiers de la négociation? Je crois qu’avec un peu de diplomatie...
MADAME DE VER LIE RE
C’est que vous me faites l’effet d’un pauvre diplomate, mon ami.
LANCY
Vous ne me connaissez pas.
MADAME DE VERLIERE.
Comment vous y prend riez-vous?
LANCY
Je lui dirais : a Monsieur, voici vos lettres à madame de Verlière; je suis chargé de lui rapporter les siennes. »