‹ Le potager d'un curieuxChapitre 16 sur 111 · ARACHIDE · texte numérisé non relu

ARACHIDE

duction sont ceux de la côte occidentale d'Afrique et rinde.

La graine de l'Arachide fraîche rappelle le Haricot vert par sa saveur; c'est un excellent aliment renfermant environ 30 0/0 de matières azotées ; grillée, elle a la saveur de la noisette.

Cette graine renferme environ 45 à 50 0/0 d'huile que

Fig. 7. — Arachide ou Pislache de terre (Arachis hypogœa).

Ton peut extraire par simple expression avec ou sans l'intervention de la chaleur. L'huile d'Arachide, lorsqu'elle est extraite à froid, est comestible, presque incolore, à saveur et à odeur agréables; elle est, paraît-il, couramment substituée à l'huile d'olive dans le commerce. Lorsque cette huile est obtenue par l'intervention de la chaleur, elle présente une coloration foncée et prend une saveur et une odeur désagréables, elle est

alors impropre à la coosommation et on l'emploie, soit à Téclairage, soit à la fabri cation des savons après l'avoir traitée par des solutions alcalines de polasse et de soude qui la saponifient. Les tourteaux servent à la nourriture des bestiaux et constituent un excellent engrais.

L'huile rancissant assez rapidement dans l'Arachide décortiquée, les industriels européens se font expédier le plus généralement les fruits en coque qui se conservent plus longtemps sans perdre leur qualité.

Autrefois la Sénégambie produisait, à elle seule, la presque totalité des Arachides du commerce et de ce fait, réalisait d'importants bénéfices, le prix de vente se maintenant relativement élevé. Les cultivateurs de l'Inde se sont mis h leur tour à cultiver la précieuse Légumineuse, et, comme dans l'Inde, la main-d'œuvre est abondante et à bas prix, il s'est établi une concurrence telle que notre colonie africaine a perdu peu à peu le monopole de cette culture. Pondichéry a été le port d'exportation des Arachides de l'Inde ; mais le commerce de Pondichéry est aujourd'hui très menacé par suite de l'extension que prend la culture de cette plante dans les possessions anglaises.

En 1876, Marseille ne recevait de l'Inde que 11.000 tonnes d'Arachides contre près de 44.000 de provenance africaine; on évalue aujourd'hui les importations de cette Légumineuse en France à plus de 150 millions de kilogrammes, sur lesquels 70 millions de kil. sont tirés de la Sénégambie. Les principaux ports d'importation sont en France, Marseille, Bordeaux et Dunkerque.

L'Arachide doit êlre cultivée en sol léger, meuble, sablonneux, dans lequel le jeune fruit puisse aisément pénétrer. Au Sénégal et dans l'Inde les semis se font en juillet-août. La récolte a lieu 5 à 7 mois après.

ARRACACIA 35

La production est de 2.000 kil. à Theclare, en sols fertiles.

Il existe au Sénégal deux variétés principales d'Arachides : VA. de Galam, pelife, à saveur agréable, donnant une huile de qualité supérieure ; VA. Cayo7\ plus grosse, mais d'un rendement moindre et de qualité inférieure.

Nous ne devons pas nous étendre davantage sur ce sujet, mais nous recommandons aux amateurs de nos départements du Midi la culture de la Pistache de terre^ qui leur fournira une amande d'un goût agréable et le spectacle de la plus singulière fructification.

Nous avons cultivé la plante dans le département des Landes. Nous savions que des essais y avaient été faits pendant le premier Empire.

Nous n'avons ensemencé qu'une planche de jardin formée d'un sable fin, noirci par des détritus de Bruyère et de Fougère. La végétalion s'y est faile régulièrement, mais sans grand développement. Nous avons cependant eu le plaisir de faire une petite récolte.

ARRAGAGIÂ

Arracacia xanthorriiiza Baner(l). Arracacha esculenta DC. ; Conium Arracacha, Exot, /?., tab. 152 ; Bot. Mag.^ tab. 3092.

Fam. des OmbeUlfères,

Racines très charnues ; tige de 60 à 90 centimètres, herbacée, peu rameuse, striée, glauque, garnie de

(I) Dans rAmérique centrale, les Arracacia sont célèbres pour leurs racines comestibles, principalement celles de TA. xanthorrhiza, qui se mangent en Colombie, bouillies, comnij no3 Pommes de terre, et

LE POTAGER D UiN CURIEUX

quelques feuilles plus petites que les radicales. Feuilles radicales longuement péliolées, de 0",40 à 0™,50 de longueur, îrrégulières, bilernaliséquées, à segments

Fig. 8. — Arracacia (Arracacia xanlhorrhiza Bauer).

ovales, irrégulièrement trilobés, acuminés, grossièrement incisés-denlelés, glabres et d'un vert foncé ; en juillet-octobre, fleurs d'un violet foncé ou jaunâtre,

servent à Textraction d'une fécule analeptique, comparée à TArrowrool et à la fabrication d*une liqueur fermenlée qu'on dit stomachique.

VA, moschala sert aux mômes usa^^'es au Mexique (H. Bâillon, Histoire des Plantes , vol. VU, p. 193).

ARRACACIA 37

disposées en ombelles peu nombreuses, légèrement concaves.

Nous ne croyons pas devoir passer sous silence celte plante précieuse, qui jusqu'ici s'est montrée rebelle à loule tentative de culture sous notre climat. Nous n'avons pas été plus heureux que nos devanciers dans l'essai auquel nous nous sommes livrés.

Une caisse de tubercules d'Arracacia nous a été apportée du Venezuela par un obligeant ami. M. le D' Ernst, professeur d'histoire naturelle à Caracas, avait présidé au choix et à l'emballage des racines. Nous avons partagé avec le Muséum le contenu de cette caisse, qui était dans le meilleur état.

Nous avons planté nos tubercules dans la première quinzaine de juin, sur couche et sous châssis aéré. La végétation s'en est faite admirablement et les tiges se sont élevées avec rapidité. Au mois d'août, elles étaient garnies de boutons à fleurs ; mais ces boutons ne se sont pas ouverts et les tiges se sont cassées à demi-hauteur. Lorsqu'au mois d'octobre nous avons relevé les plantes ^ leurs tubercules primitifs pourrissaient sans qu'il s'en fût formé de nouveaux. Notre échec était complet.

Nous ne nous étendrons pas sur le mérite, dailleurs incontesté, d'une plante qui a déjoué tout essai de culture. Nous n'avons pas réussi à nous en procurer des graines que nous avons demandé aux pays d'origine sans en obtenir. Le semis aurait-il donné un bon résultat? Il est permis d'en douter. Quoi qu'il en soit, les essais qui ont échoué jusqu'ici seront sans doute renouvelés, et cette prévision nous engage à indiquer & nos successeurs les sources auxquelles ils pourront puiser tous les renseignements désirables. Nous accompagnons de nos vœux leurs futures tentatives.

Publications à consulter :

Bulletin de fa Société centrale d'Horticulture de France, vol. V, p. 251, 1829.

Annales des sciences physiques et naturelles de la Société d'Agriculture de Lyon, t. I, p. 206, 1838-39.

Note sur la racine de l'Arracacha, par M. L. Vilmorin. Butletin de la Société centrale d'Horticulture, vol. XXV, p. 16, 1839.

A.-P. de Candolle, Cinquième notice sur les plantes rares du Jardin botanique de Genève,

Repue horticole, vol. VII, p. 64, 1845-46.

Culture de l'Airacacha et possibilité de l introduire en Europe, par M. Boussingault, de TAcadémie des sciences. Revue horticole, vol. VII, p. 356, 1845-46.

Note sur VArracacha, essais de culture, par Vilmorin. Revue horticole, vol. XIII, p. 42,1851.

Note sur quelques plantes féculentes exotiques, par M. Posada Arango. Bulletin de la Société botanique de France, t. XVIII, p. 372, 1871.

Bulletin of Miscellaneous information {Royal gardens Kew), 1887. n« 8 (août), p. 10.

Page 1