‹ Le potager d'un curieuxChapitre 19 sur 111 · BARDANE DU JAPON · texte numérisé non relu

BARDANE DU JAPON

de semer aa printemps. La sécheresse de Télé durcit les racines, et, d'ailleurs, ce genre de planle potagère est moins utile dans la saison où abondent les légumes frais.

Nous proposons donc de semer le 15 juillet, en lignes distantes Tune de Tautre de 20 centimètres, et d'éclaircir le semis de façon que les plantes jouissent en tous sens de cet espace de 20 centimètres.

Il est bon de semer dans une terre défoncée à deux fers de bêche pour que les racines puissent y pénétrer aisément et ne se ramifient pas Irop. Les bifurcations ou ramifications nombreuses des racines sont, en eQet, un sérieux inconvénient pour la vente sur les marchés. Quelquefois, du collet de la plante descend un vrai faisceau de racines trop menues pour la vente. On doit donc éviter ce dommage autant que possible, et les moyens les plus efficaces sont le défoncement du sol, le semis tardif, et, en temps sec, Tarrosage qui active la végétation.

Au bout de cent à cent vingt jours, les racines sont aussi grosses et plus longues que les Salsifis les mieux venus. L'hiver est proche, la végétation s'arrête; les feuilles encore saines, sont données aux lapins, qui en sont avides; la récolle commence et se poursuit malgré les gelées, si la plantalion est couverte de litière.

La préparation du Gobô pour la table est la même que pour les Salsifis ou les Scorsonères. Il serait bon cependant de faire cuire à deux eaux les racines de la plante japonaise pour faire disparaître une très légère saveur sauvage que quelques personnes leur reprochent ; mais comment obtenir des cuisinières qu'elles commencent la cuisson dans une première eau et l'achèvent dans une seconde? Nous doutons fort qu'on y parvienne.

On ne lira pas sans intérêt deux noies sur la Bardane du Japon, publiées par M. le Ir Sacc et par M. J. Dybowski (1). Celui-ci ne présente le Gobô qu'au point de vue de la culture potagère, qui est le nôtre. Le D"^ Sacc le propose aux agriculteurs comme plante fourragère. Nous croyons, en effet, qu'elle pourrait comme telle, rendre des services ; mais il ne nous appartient pas de traiter cette question.

Comme légume, le Gobô nous parait inférieur aux Salsifis et aux Scorsonères ; il ne peut, à aucifn degré, supporter la comparaison avec le Scolyme d'Espagne ; mais sa végétation rapide, la longueur de ses racines qui lui permet de se nourrir sans épuiser le sol, sa résistance au Froid et à la sécheresse, la date à laquelle on le sème el qui en fait, à quinze jours près, une culture dérobée comme celle du Navet, ne permettent pas de le négliger.

S'il était connu dans les campagnes, il y serait probablement utilisé.

(1) Description, culture et usage de la Bardaue comestible, Lappa edulU Sieb., par M. le D^ Sacc {Bull, de la Société d'Acdvnatationf t. VI, p. 30).

Note sur la BarJane du Japon, par M. J. Dybowski [Journal de la Soc. nat. d'HorlicuUurc de France, 3* série, t. lU, p. 770).

fiÂSELLE BLANCHE — BASELLE ROUGE 49

BASELLE BLANCHE Épioard de Gbitie*

Basblla alba L., Specy p. 390, n" 2 ; W^i^A/, /con., lab. 896 ; Gandolaalba Rumph., Herb. Amb., 5, p. 417 ; Plukn., Phyt»y t. 63, fig. 1.

Fam. des Salsolacées.

Plante grimpante munie de tiges et de Feuilles très succulentes employées comme potagères à la façon des Épinards, cultivée parles indigènes et tapissant leurs habitations dans toutes les parties de Tlnde, mais à peine admise comme plante potagère par les Européens (Thomas A.-C. Firminger). Son nom hindoslani estPoi.

La Baselle blanche peut être considérée comme une variété delà B. rouge. Ses feuilles et ses tiges sont constamment verdâtres et non rouge pourpre comme celles du B. rubra. Comme culture et usages, elle ne diffère en rien de ce dernier.

BASELLE BOUGE Épinard du Malabar, Brède d'Angola, Brède Gandole.

Basella rubba L., Spec. plant., p. 390, n» 1 ; Gandola rubra Rumph., Herb. Amb., 5, p. 417, t. 154, fig. 2 ; Basella rubra Lam., 111, t. 215, fig. 1.

Plante annuelle ou bisannuelle. Tiges grêles, charnues, rameuses, d'un rouge pourpre, s'élevant à 4 pieds de hauteur, environ, en se roulant autour des plantes

qui les avoisinenl. Ces tiges sont munies de feuilles alternes, ovales, entières, légèrement acuminées, épaisses, charnues, d'un rouge pourpre comme les liges et portées par un pétiole court et épais. Les fleurs sont petites, rougeâtres ou d'une couleur pourpre claire et disposées en épis axillaires sur des pédoncules plus longs que les feuilles.

Cette plante est originaire des Indes orientales. Aux

Fig. 10. — Baselle rouge [Basella rubraL.).

Indes et en Amérique, on la cultive dans les jardins et Ton en mange les feuilles cuites (Brèdes), assaisonnées de diverses manières, et surtout épicées et pimentées, ce qu'on appelle alors Calalou-Baselle. Chaque pied peut fournir trois bons plats dans le cours de l'été. Toutes les Baselles, hors la blanche, sont plus ou moins rouges, et leurs baies, comme celles du Phytolacca^ fournissent un suc d'un très beau pourpre, qu'on n'a pas encore pu fixer (Descourtilz, Flore des Antilles).

Nous avons cultivé la Baselle rouge. Nous l'avons

Page 1