‹ Le potager d'un curieuxChapitre 2 sur 111 · VI NICOLAS-AUGUSTE PAILLIEUX · texte numérisé non relu

VI NICOLAS-AUGUSTE PAILLIEUX

signature de son directeur, M. Bourguignon, article que je publie intégralement, malgré les phrases trop élogieuses qui m'y sont personnellement consacrées.

PariSy le 2 janvier 1899.

D. Bois.

NIGOLAS-AUGUSTE PAILLIEUX t

La Remie horticole a annoncé, dans son numéro du i6 février, la moit de M. A. Paillieuz, décédé à Paris à l'âge de 85 ans; mais la courte notice qu'elle a pu insérer dans sa chronique de quinzaine ne saurait sufUre, au re^'ard des services rendus par cet homme de bien, non seulement à l'horticulture française, mais au pays lui même, car c'est bien en ces termes qu'on doit qualifier, ce nous semble, l'introduction et la vulgarisation d'un nouvi*au légume.

Si nous recherchons quelles sont les plantes alimentaires nouvelles introduites dans nos jardins depuis un siècle, nous verrons qu1l en est trois seulement qui peuvent être considérées comme présentant un certain intérêt: V Igname de la Chine, oui s'est peu répandue pour des raisons diverses; le Cerfeuil buheuxy d'excellente qualité, mais d'une culture très aléatoire; et enfin le Crosne.

C'est grâce â M. Paillieux, c*est grâce à ses patientes recherches et à ses efforts persévérants, que le Crosne est aujourd'hui lépandu non seulement en France, mais dans tous les pays d'Europe; et chaque année la consomnintion de c^t excellent légume devient plus considérable.

A Paris, le Crosne figure maintenant tout l'hiver non seulement chez les fruitiers, mais dans les voitures des marchands des quatre saisons; et son prix est devenu accessible â tous. C'est que le Crosne réunit des quahtés de premier ordre: rusticité absolue sous notre c imat; culture extrêmement facile; production très abondante; préparation culinaire simple el rapide; bel aspect, siveur agréable; et enfin grande richesse en substances facilement assimilables, qui le rendent précieux pour les estomacs délicats.

Si le service rendu par M. Paillieux eat réellement aussi grand que nous le disons, comment donc se fait-il gue non seulement son nom soit resté à peu près inconnu [du public, mais que lui-même n'ait jamais reçu des Sociétés qui ne devaient pas ignorer ses travaux, ou des pouvoirs, ni encouragements, ni récompenses d'aucune sorte ? Il faut en rechercher la raison dans la modestie véritablemant exceptionnelle de ce travailleur silencieux.

M. Paillieux avait pour lui-même horreur du bruit, horreur des réclames tapageuses; el malheureu^ment tout cela est nécessaire pour attirer l'attention. Il ne demandait pas mieux qu'on parlât du Cjrosne, qu'on en dtt tout le bien qu'il méritait, mais â la condition qu'on ne s'occupât que du légume, sans prononcer le nom de son vulgarii^ateur.

Ce que nous n'avons pu faire du vivant de M. Paillieux, nous avons

({) Bévue horticole, 1898, page 176.

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