‹ Le potager d'un curieuxChapitre 6 sur 111 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

le cultivait pas pour la table ; cependant, les pauvres le mangent; mais quel léyume tes Japonais pauvres ne mangent-ils pas ^ >

Un autre correspondant, à propos du Momordica Cha^ rantia^ nous écrivait : € Les Chinois le mangent aussi; ils mangent tout. // serait plus facile cTenumérer les choses de provenance végétale que les Chinois ne mangent pas que celles qu'ils mangent. »

De ce qui précède on doit conclure que tous les végétaux alimentaires sont connus; que, si Von peut en rencontrer encore qui n'aient pas été signalés, ce cas sera bien rare ; enfin, que nous n'avons pas la prétention d'avoir introduit des plantes absolument nouvelles, et qu'on ne fera pas, en nous lisant, un voyage de découvertes.

Si nous consultons l'ouvrage de M. A. de Candolle : V origine des plantes cultivées^ nous voyons aue TEurope centrale et septentrionale était, en des temps plus ou moins reculés, extrêmement pauvre en plantes potagères, et que notre sol n'en produisait spontanément qu*un très petit nombre. Les espèces que nous possédons aujourd'hui, et dont nous avons obtenu d'innombrables variétés, nous sont venues successivement de pays plus chauds que le nôtre. Une seule plante potagère, d'ailleurs insignifiante, l'Arroche, nous est venue du Nord.

Réduite à ses seules productions naturelles, la France n'aurait, pour ainsi dire, oas de légumes. Les Fèves, les Pois, les Haricots (1), les Oignons, les Salsifis, les Pommes de terre, les Meloni, les Citrouilles, les Tomates, les Fraisiers à ffros fruits et trente autres plantes potagères usuelles lui feraient défaut ; ce qui démontre deux choses : premièrement, qu'on ne peut introduire dans nos cultures des plantes potagères nouvelles qu'en les demandante des contrées plus chaudes que la nôtre ; secondement, que ces plantes, entourées de soins appropriés à leur nature, peuvent prospérer sous notre climat.

Après dix années de recherches plus ou moins fructueuses, nous croyons le moment venu de rendre compte d'essais dont nous ne verrions jamais le terme. La tâche que nous avons entreprise est de telle nature qu^elle ne peut pas être achevée.

L'expérience nous a prouvé que telle plante qui se

(i) L'origine du Haricot commun n'est pas connue ; mais il est trop sensible au froid pour étr# né sous notre climat.

Page 1