LAVAGE DES VÊTEMENTS DE KO
u Si on lave ces vêtements dans une eau pure où l'on aura écrasé des feuilles de M& {Am'^gJlalytsA nana^ suivant M. Abel de Rémusat; Arbùtus^ suivant le P. d'ËûtrecoUes), ils resteront empesés pendant toôt l'été. Quelques personnes les lavent dans un. bassin de porcelaine avec de l'^au. bouillante; où elles eut écrasé des feuilles dé Meï. Il est essentiel de ne' pas faicè usage d'un baquet de bois, autrement les vêtements de Ko deviendraient noirs.
a D'après l'opinion de M. déJussieu, la planteront
KUDZU 305
il s'agit paralf être une Pbaséolée voisine des Dolichos Qt particulièrement du Dolichos bulbosus. »
Le Kudzu au Japon
Nous lisons, dans le livre intitulé : Le Japon à r Exposition universelle de 1878 : « Le Kudzu {Pueraria Thunbergiana) est une planle sauvage dont les racines donnent de lamidon. Ses feuilles servent à nourrir les bestiaux et ses fibres à faire des étoffes. »
Nous devons à l'obligeance de M. le comte de Caslillon deux notes qu'il a traduites du japonais et qui font connaître, avec les détails les plus instructifs et les plus complets, l'emploi que Ton fait au Japon des racines et des fibres du Kudzu.
Celle de ces notes que Ton va lire décrit le procédé usité pour Textraction de la fécule. L'autre, publiée dans les Mémoires de la Société des Etudes japonaises, années 1878-1879, décrit la fabrication de la toile de Kudzu. On la trouvera, ainsi que l 'avant-propos qui la précède, à la suite de ce chapitre.
LE KUDZU KO (féculc de Kudzu) (Extrait de la Notice sur les plantes à fécule du Japon)
a Le Kudzu {Pueraria Thunbergiana) est une plante grimpante qui croit à l'état sauvage dans les montagnes et les friches. Au printemps, les jeunes pousses sortent de la vieille tige. Chaque pétiole porte trois feuilles semblables à celles de VIngem marne {Phaseolus vul-
306 LE POTXGEa D*UN GURIfiUi
gari$)\ feuilles et pétioles sont garnis de poils. En automne, sortent de l'aisselle des feuilles, des grappes de (leurs semblables à celles des Marne (Légumineuses), de couleur violet vineux, et qui produisent des gousses. C'est à partir des neuvième et dixième mois, et jusqu'au douzième, époque oîiles yeux font leur évolution, qu'on arrache ces racines avec un pic de fer ou une houe. On les lave pour enlever la terre, et on les écrase avec soin sur une pierre plate avec un maillet de bois ou de métal. On remplit d'eau ud baquet, dans lequel on les malaxe pour extraire les parties solubles. On filtre ; on met la pulpe dans un saç de toile de Chanvre que Ton soumet à la presse. On jette le résidu. Immédiatement après, on filtre au moyen d'un sac de toile de Coton. On laisse reposer un jour. On décante l'eau de dessus et l'on fait sécher le dépôt, que l'on divise au moyen d'un couperet. On racle et l'on jette la fécule noire qui se trouve au-dessous. On met une seconde fois dans le sumasi-oke (baquet à laver) avec une grande quantité d'eau, et l'on remue en tournant. Au fur et à mesure que le dépôt se précipite, on retire successivement le fausset des cannelles superposées, en commençant par celles du haut, pour soutirer l'eau de la partie supérieure. Ce lavage est pratiqué deux ou trois fois. Après fivoir fait sécher le précipité, on l'enlève avec une petite truelle ; on l'étend dans le ^ara-^i (caisse plate), garni d'une toile saupoudrée de cendre, et l'on fait sécher au soleil. On a alors le Kai-Kudzu (Kudzu cendré, Kudzu gris), et, pour rendre cette fécule parfaitement blanche, on en met dans un baquet la proportion convenable et l'on agite circulairement dans l'eau comme précédemment. On filtre au moyen d'un sac à trame serrée ; on laisse reposer un jour, au bout duquel on décante; on change une troisième fois l'eau, on
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laisse se précipiter le dépôt, et, en répétant cette opération sept ou huit fois, on enlève toutes lés parties solubles. Quand la fécule est sèche, on la met dans un ^ora-^t tendu de papier épais, et, en la metiant tous les jours à sécher au soleil, elle forme des grumeaux parfaitement blancs, et Ion a alors le Kudzu ^o (fécule de Kudzu). »
Eh 1879, nous avons semé conire un mur exposé au midi, des graines que nous avions reçues de M. le D' Hénon. Elles ont donné des tiges vigoureuses qui atteignaient bientôt le chaperon du mur. Elles n'ont pas fleuri, et, l'hiver venu, elles ont été gelées. La souche n'a pas souffert.
En 1880, les tiges ont été plus fortes que celles que le semis avait produites, et 30 degrés de froid n'ont gelé que les parties qui excédaient en hauteur l'°,50. Les parties inférieures, devenues ligneuses, ont donc résisté au grand hiver; elles n'avaient pas fleuri.
En 1881, les tiges, dans toute leur hauteur, ont bien passé Thiver. La plante n'a pas fleuri.
Depuis cette époque, la plante fleurit tous les ans à la fin de septembre.
Nous avons donc constaté chez le Kudzu une rusticité absolue, une végétation luxuriante, mais en même temps, sous le climat de Paris, une complète stérilité, qui ne permet pas de multiplier la plante par des semis.
Au Muséum, od il existe quelques pieds du Kudzu, les plantes ont, comme les nôtres, résisté aux hivers; il est vrai qu'elles sont placées dans la partie du jardin qu'onappelle/^^C(?wcA«^,c'esl-à-diredansle lieu le mieux abrité* On a essayé de faire des boutures ; on a échoué. Le couchage de tiges a donné un meilleur résultat.
308 LE rOTAGEÏ^ Vm CURIEUX
De notre côlé, nous avons obtenu un premier pied par le même moyen ; puis, la plante-mère ayant acquis une vigueur et un développement extraordinaires, nous avons pu coucher une vingtaine de tiges qui -nous ont donné autant de pieds nouveaux. La multiplication est donc facile et illimitée. Ce point est capital, la plante ne donnant pas de graines sous le climat de Paris.
On a vu que la souche duKudzu fournit une précieuse fécule et que ses feuilles sont recherchées parle bétail; mais le Pueraria Thunbergiana est d'abord et avant tout une plante textile.
11 ne semble pas cependant qu'an Japon il soit cultivé pour ses fibres aussi généralement qu'en Chine. Questionné par nous à ce sujet, M. le D' Hénoù nous a écrit, le 29 juillet 1883 : « Si je ne vous ai pas parlé des usages du Kudzu comme plante textile, c'est que je n'en ai jamais vu faire cet emploi. Dans la partie du Japon que j'habitais, le Kudzu croit partout dans les taillis; il y végète avec une grande puissance, pousse des tiges de 8 à 10 mètres de long, fleurit très abondamment et se couvre de gousses, lesquelles, à la vérité, contiennent peu de graines. Il n'est pas cultivé; mais, en hiver, les pauvres gens en arrachent, non sans peine, les racines, et Ton en fabriqué un amidon excellent. L'empois obtenu par cet amidon est bien meilleur, plus résistant, sans ê(re cassant, que celui du Riz ou du Blé. On se sert quelquefois de cet amidon comme fécule alimentaire et on le fait entrer dans des gâteaux. »
La culture du Kudzu se pratique donc à deux fins t d'une part, on extrait de ses racines une excellente fécule, et, d'autre part, il fournit la matière d'une fabrication de tissus dont M. Eugène SlmoUf ancien consul
KUDZÛ 309
de France, uous signalait, il y a quelques années, Tim* porlance industrielle.
Les tîges du Pueraria fhunbergiana émettent des jets si longs, si nombreux, si fibreux, qu'on ne peut ^outëf du profil qu'on en tirerait si la plante était naturalisée ou cultivée en France. Nous croyons à rexactU tudedes renseignements qui présentent sa toile comme remarquablement belle.
On devrait, ce nous semble, faire venir des pays d'origjnedes graines de Kudzu ou Ko. il est assez rustique pour qu'on puisse le cultiver partout en lelaissant ramper sur le sol. Il serait, en effel, impossible de fournir des supports assez élevés à une plante dont les liges atteignent 8 à 10 mètres de longueur. Il faut donc la laisser ramper, comme le fout d'ailleurs les Chinois jet les Japonais.
^ Dans une lettre, en date du 16 août 1883, M. le comte de Castillon nous disait : « Dans le San kdi meï Sari dzu ye^ le Kudzu est figuré àFétatde plante rampante &VLV le sol, et le dessin représente les paysans japonais en opérant l'extraction. Il n'est donc pas nécessaire de le faire grimper. »
La culture du Kudzu ou Ko se ferait, par conséquent, en laissant ses tiges s'étendre sur le champ, et ses souches donneraient, pendant un temps indéterminé, d^abondautes récoltes obtenues à peu de frais.
Une plante vivace, textile et extraordinairement productive mérite une expérimentation sérieuse et décisive. Quant à nous , nous avons cru pouvoir nous autoriser de ses propriétés alimentaires pour eu parler aussi longuement que nous venons de le iajre.
3i0 LE POTAGER D'UM CUBIEUX
hK TOILE DU KUDZU
Notice traduite pour la première tois du japonais par M. le eomte de Gastillon (Voy. les Mémoireê de la Société des études japonaises^
Le Kudzu [Pueraria Thtinbergiana) est une plante alimentaire et industrielle d'une très grande valeur. Elle est en outre ornementale, et la fougue de sa croissance, jointe à Fampleur de son Teuillage, la rend très propre à tapisseries murs elles berceaux. Elle possède aussi des propriétés médicales qui mériteraient d'être sérieusement étudiées. Ses racines, ses fleurs et ses gousses sont employées comme remède en Chine et au Japon. Dans ce dernier pays, on utilise ses feuilles comme fourrage, et ses rameaux longs, minces et très résistants y servent de ficelle.
La fécule que fournissent en abondance ses longues et volumineuses racines, qui peuvent atteindre une longueur de 3 mètres sur un diamètre de 0",10 à 0",12, est d'une qualité tout à fait hors ligne. Sa finesse, sa blancheur éclatante, sa saveur agréable, lui assurent le premier rang parmi les aliments de ce genre. M. le D"^ Filhol, le savant chimiste toulousain (1), a reconnu à cette racine un pouvoir nutritif égal à celui de la Pomme de terre.
Le seul pied de cette plante qui existe, croyons-nous, en Europe, a été introduit par nous, il y a trois ans et demi, au printemps de 1875. (Voy. les Annales de la Société d'Horticulture de la Haute-Gaîvnney 1875.) Tout fait présumer que ce végétal si précieux s'accom-
(1) La science porte son deuil récent; 1883.
KUDZU 311
modéra parfaitement de noire climat. Ajoutons qu'il ne demande aucun soin de culture.
. Enfin, sa lige grimpante fournit une toile douée de propriétés particulières, mais fabriquée par des procédés que notre industrie trouvera vraisemblablement moyeu de simplifier. C'est ce dout ou pourra juger après avoir entendu Tauleur japonais, auquel nous lais* sons la parole :
c Le Kudzu {Pueraria Thunbergiana), plante vivace de la famille des Légumineuses, ressemble beaucoup au Fudzi marne {Dolichoi cultratui Thunb.) et à VIngen marne (Phaseolus vulga^ ris L.); mais î^a tige et ses feuilles sont garnies de poils; sa tige sarmenteuse est extraordinairement vigoureuse ; ses graines ne sont pas comestibles.
c Cette plante croît à l'état spontané dans les diverses provinces, sur les montagnes ou dans les friches, suivant les lieux. Partout on prépare avec ses racines une fécule nommée Kudzu ko et en outre, au relais du poste de Kake gava, dans le Yen siu (province de Totoini), on retire do sa tige un fil avec lequel on tisse une toile de la plus grande réputation. Ce Kudzu provient des montagnes et des friches du village du Kura-ma, au nord-est du relais de poste dont nous venons de parler, des localités nommées Matsu-ba et Oho zawaet du village de Tomi-da, situé au sud de Naka-yama, de Koya, etc. On regarde plus spécialement comme étant de qualité supérieure celui qui croit sur les montagnes du village de Musi-bu, qui fait face au côté nord de Mari-matsi, dans le district de Sudzi, et sur celles du village de No-be.
c Si maintenant nous recherchons depuis combien de temps on a commencé à exploiter le Kudzu, bien que ce point ne soit pas encore élucidé, comme nous possédons une chanson composée par son Exe. Tameaî (1) sur la toile de Kudzu de ce lieu, il y a aujourd'hui quelque chose comme plus de 680 ans que Ton doit fabriquer cette étoffe.
c Nous allons maintenant décrire d'une façon générale la fabrication de ce tissu. Quant à la fécule de Kudzu, il en
(i) Tameaiy poète, noble Je la cour du Kyau4o, au xm* siècle.
312 LE POTAGËa D*UN CURIEUX
géra traité à part, lorsque nous parlerons de ce genre d'aliment.
« Quoique les tiges de Kudzu se trouvent, lorsqu'arrive l'automne, avoir atteint une longueur qui varie de 2 à 3 zyau (3 à 9 mètres) et au delà, il faut, pour la fabrîcation du fil, les couper pendant un laps de temps de cinquante jours environ à partir de la première quinzaine du cinquième mois (5-2i juin). Leur longueur, qui, à ce moment, n'est que de 7 syaku (2",i0), atteint, au milieu de cette période, 9 syaku (2", 70), pour arriver, dans les derniers jours, à i et 2 zyau (3 à 6 mètres). Mais comme les 3 ou 4 syaku (0",90 à 1",20) au-dessus des racines sont de mauvaise qualité, il faut les laisser, ce qui réduit la longueur exploitée de 3-4 à 6-7 syaku environ (0",90-l",20 à 1»,80-2»,10).
« Il faut (car les tiges, une fois coupées, redoutent d*ètre laif^sées dans cet état), et le jour même de cette opération, les plonger dans une chaudière pleine d'eau bouillante. On les y agite dans tous les sens pendant un temps très court (2 secondes et demie, 5 de nos secondes européennes). On les remet dans l'eau après les avoir ainsi remuées et on les y laisse pendant le même nombre de secondes, puis on les en retire.
c On les met ensuite à tremper dans une eau courante où on les laisse un jour et une nuit. On étend sur le sol un paillasson sur lequel on les entasse ; on en étend un autre par-dessus comme couverture et on les laisse ainsi enveloppées pendant deux jours et deux nuits, et, lorsqu'on les découvre, les tiges eo pleine fermentation laissent exhaler des vapeurs ; on les arrose, ce qui met fin à celte fermentation. C'est ce qu'on appelle naha midzu (eau du milieu, deuxième eau).
« On replace les paillassons comme précédemment, et les tiges restent dans cet état un jour et une nuit.
« On les met ensuite à tremper dans une eau courante peu profonde, où on les foule avec les pieds ; puis on enlève les écorces et l'on jette le cœur de la tige. On égalise la longueur des bandes d'écorce, que l'on met par paquets de trente, puis, prenant deux de ces bandes à la fois, d'une seule main, on:le3 introduit entre les branches d'une petite fourche longue.de .2 tan (0*?,00), que Ton tient de l'autre..
c On les racle dans Teau à plusieurs reprises, et, lorsqu'elles sont devenues blanches, on les suspend à une percheborizontale
kUDZU 318
de Bambou pour les faire sécher au soleil. Avant que la dossiccation soit coin plète^ on les enlève, et, en les secouant vivement, lesfibresde récorcese séparent par leur frottement réciproque; et Ton obtient ainsi la filasse, qu*on laisse ensuite sécher coniplatement avant de la convertir en Kudzu wo (fil de Kudzu).
« Pour faire celui-ci, on choisit ce qu'ily a de meilleur parmi les brins de la filasse; avec le pouce et l'index on les divise par déchirement aussi finement que possible ; puis on les ajoute bout à bout, en les nouant solidement. On coupe ras avec des ciseaux les extrémités des ûls- qui dépassent les nœuds. On donne aux fils dont on a ainsi tondu les nœuds le nom de Uuguri, On les enroule dans le wo oke (boite à fil, de forme ronde et dont le fond est à claire-voie), et, ayant mis celle-ci dans un panier de même forme, on plonge le tout dans Feau ; on retire immédiatement et Ton secoue pour faire égoulter.
« Ensuite, en entrelaçant les fils en forme de 8 autour du pouce et du petit doigt (littéralement : comme dans le jeu ^ue les enfants appellent aya, berceau du chat), on en forme de petits écbevéaux^.etils sont prèls à servir pour la trame. Comme c'est là leur seul usage, il faut nécessairement employer pour la chaîne des fils de soie^ de chanvre ou de coton.
c Le métier à tisser ne diffère en rien du métier ordinaire ; seulement, on mouille avec de l'eau ce fil de trame avant de le mettre dans la navette, et, lorsqu'il passe devant le peigne, on ^n soulève les nœuds, que Ton tond avec des ciseaux quand le tissage est terminé. Le tissu est alors rincé à Teau propre, séché, puis mouillé de nouveau ; on l'enroule sur Je makiginuta (cylindre à foulonner) et on le frappe lentement à petits coups, ce qui donne du brillant à TétofTe, que l'on teint ensuite de diverses nuances, après quoi on la tend au moyen du sii-si (1), et l'on passe à Tenvers avec une brosse à colle une couche de norij apprêt composé de 10 momme (37 gr. 50) de Kudzu ko (fécule de Kudzu) et de iOO me (1 kil. 500) d'eau, alors la toile de Kudzu est terminée.
(1) Instrument de teinturerie destiné à -faire diaparaUre les plis d*une étoife; il 8*3 compose de plusieurs arcs de Bambou élastique qui maintiennent rétoffe bien tendue dans sa largeur. Cet instrument se nomme ^aussi mogari (voleur). Le Bambou généralement employé pour cet uffige est lé ma^ké{B» QuUioi)^ ce qui lui a valu le synonyme de mogari iake.
€ Celte étoffe ne se ramollit point sous l'action de-Teau ; et, comme une fois mouillée, elle sèche rapidement, on l'emploie pour les kappa (i), les kakama (2), etc. Les pièces étant tissées en grande largeur servent, en outre, pour Tentoilage des fusuma (3), et cette fabrication a pris de nos jours un graud développement.
« Le premier fabricant de fil de Kudzu au relais de poste de Kake gava est Sudzuki gen pe. Les principaux fabricants de celte étoffe au même lieu sont Naru hira Kiu. meï, Satô Kuni yosi, Matsu moto yosi naga, etc. La principale maison pour la toile de Kudzu est celle de HycntOy au village de Taka-mura.
c On fabrique, année commune, dans les lieux dont nous avons parlé, et par quantités égales dans les trois sortes, supérieure, moyenne et inférieure, un total de 60,000 tan (le tan vaut 8",50) de cette toile (500,000 mètres), d'une valeur en or de 49,200 yen (263,809 fr. 65). »
Ère impériale, meî dv^ 5* année. Hiver.
M. Carrière a publié dans la Revue Horticole y 1891, p. 31, une note dans laquelle il cite ropinion de M. Paul de Mortillel, de la Tronche, près Grenoble (Isère), qui dit pouvoir cerlifier, par expérience^ que la fécule obtenue des racines du Pueraria Thunbergiana (fig. 41) est excellente et donne des potages comparables à ceux du tapioca. Le même auteur recomnoande le Kudzu comme plante \fourragère par ses feuilles, recherchées du bétail.
Duns uiic lellre qu'il a adressée au présideut du Comice agricole d'Alger (voir Revue des Sciences naturelles appliquées j 1895, p. 810), M. J. Poisson, assis-
(1) Manteau pour la pluie; un des rares mois que les Japonais ont empruntés à la langue portugaise.
(2) Kgpèces de pantalons très amples.
(3) On désigne sous ce nom les portes à coulisses qui séparent les appaitements japonais; elles sont ordinairement tapissées de papier des deux côtés et aussi de toile, et notamment de toile de Kudxa, plus large que la toile ordinaire.
KUMARA 311^
tant au Muséum, insiste sur l'intérêt qu'il y aurait à cultiver le Kudzu^ comme plante fourragère^ en Algérie et dans le midi de la France. Des chevaux, des vaches et des moutons en auraient, parait-il, mangé les feuilles avec une satisfaction évidente. jCes feuilles étant de grandes dimensions et produites en abour dance, il y aurait sans doute intérêt à poursuivre des expériences en vue de cette utilisation de la plante.
EUMABA (1)
Batatas eduus Chois., var. ; Ipomxa Batatas Poir., var. ; Ipomœa chryiorrhiza Hook. f.
Fam. des Convolvulacées.
Plante irès voisine de la Patate commune, Iponiœa Batatas Lamk., dont elle n'est qu'une simple variété ; cullivée depuis les temps les plus reculés par les Maoris de la Nouvelle-Zélande.
En 1884, MM. Vilmorin-Andrieux et C*'' ont reçu de M. J. Hookerdes tubercules de Kumara, récoltés à Kew. Ces tubercules sont malheureusement arrivés dans un tel étal de décomposition qu'il n'était pas possible de les planter. Cet accident est très regrettable ; le climat de la Nouvelle-Zélande étant à peu près celui de la France centrale, le Kumara eût été pour nous une Patate de pleine terre.
On comple vingt à trente variétés de cette Ipomée.
(1) Notes presque entièrement extraites d'un rapport publié par X. Schomburgk, directeur du JarJiû botanique d'Adélaïde Australie en 8«d).
él6 LE POTAGEH d'un CURIEUX
Ses tiibercule^ drffëreut entre eux comme ceux de nos Pommes dé terre ; quelques-uns ont la peau roûge, d'antres pourpre, d'autres blanche. Quelques-uns sont lisses ^l cylindriques, d'aulres sont profondément sillonnés ou régulièrement cannelés ; d'autres sont courts el épais, ablus à leur exirémilé ; mais aucun mélange n'a jamais lieu enlre ces variétés. IVutes reproduisent exieictemenl les sortes plantées. Le seul signe de dégé.iéresconce. ayant pour cause le sol ou la sécheresse, £5.1 .dans le volume du tubercule.
Toutes les variétés sont aucienues et ont été perpétuées par la parfaite conservatron des tubercules.
Dans les mémoires de Tlnslilut de la Nouvelle-Zélande, M. W. Colenso fait un très intéressant rapport sur ce If^gume favori des Maoris : « Ils eu font usage, ditil, depuis les tempî^ préhistoriques, comme le démontrent de nombreuses légendes.
« Lorsque les saisons et 4e sol sont favorables, ^on rendement est considérable. Il a cependant un ennemi puissant, de Tordre des insectes, en forme de grosse larve, qui dévore les feuilles des jeunes plantes longtemps avant que les racines ou les tubercules aient atteint leur développement.
« Chaque plante est visitée par les femmes âgées, à Taide d'un plantoir ou d'un instrument pointu, afin de choisir et d'arracher quelques-uns des plus beaux tubercules nouveaux de la saison. La terre est ameublie autour des plantes, puis reçoit encore un buttage qui ne diffère pas de celui que l'on donne avec la houe aux Pommes de terre, mais qui est exécuté avec beaucoup plus de soin.
. « Les jeunes tubercules de ce premier arrachage sont grattés el à demi séchés au soleil sur des njSttcs
komara : 817
propres et protégée soigneusement contre la rosée; Lorsqu'ils sont secs, ils sont ou mangés ou conservés dians des paniers comme une sorle de sucrerie ou de (ubercule confit. Us sont tenus en grande estime par lés Maoris et mangés par eux crus, ou trempés et broyés dans un peu d'eau chaude.
« A rarràcbagè général, qui se fait tard en automne, mais toujours avant la gelée, de grandes précautions sont prises pour recueillir les racines. Elles sont soigneusement assorties selon leur volume. Tontes celles qui sont meurtries, cassées ou légèrement blessées sont mises à part pour être promptement consommées. Le reste est ramassé dans de grands paniers plais, toujours neufs et placés en temps utile dans des magasins convenables, avec grand soin de ne le faire qu'un jour de soleil, lorsqu'ils sont parfaitement secs, et de les préserver de toute moisissure. »
M. Colenso dit, en outre : <i Selon moi, une des choses les plus remarquables qui soient propres à cet utile tubercule est encore à noter : comment les premières variétés ont-ellea été obtenues ?»
A ce sujet, il n'a rien pu apprendre qui le satisfit des Maoris eux-mêmes, si ce n'est que tontes les variétés leur venaient de leurs ancêtres. 11 s'est efforcé desavoir si les vieux Maoris avaient jamais vu le Kumara en fleur. c( Non, ils n'ont jamais rien connu de semblable » €t ils n'ont jamais rentré leurs récolles avant que les feuilles des plantes fussent desséchées.
. M? Colenso a souvent aussi voulu savoir si quelque iftoKe ou variété nouvelle avait été récemment obtenue par les Maoris ou par leurs ascendants immédiats ; à <|uoi ils ont également répondu : f< Non. »
€ N'est-il pas possible, dit M. Colenso, que, dans des teiopa reculés/la plante ait fleuri et que les anciens
318 Lfi POTAÛBH D*UN CURlEUI
cultivaleurs, volontairement ou accidentellement, aient obtenu des racines sur graines semées ? N'es(-il pas possible aussi que la plante, après une culture artificielle, persévérante, assidue, tendant à obtenir des variétés hftlives, et poursuivie pendant des siècles, en soit arrivée définitivement à ne pas fleurir, comme il est arrivé en Angleterre pour des variétés de Pommes de terre, après une culture répétée? Les variétés les plus hâtives ne donnent ni fleurs ni graines. »
M. le professeur Kirk, de Wellington (Nouvelle-Zélande), a envoyé par deux fois des tubercules de Kumara à M. Scbomburgk et a joint à ses envois les renseignements les plus intéressants : « Les Maoris, écrit-il, cultivent environ vingt variétés, qui toutes leur ont été apportées, dit-on, par lemystique « Hawaiki».
c( Celle qui a le goût le plus délicat est unepetite sorte à chair rose. La culture en est presque abandonnée, mais elle mériterait d*6tre cultivée comme une friandise. Je ne Fai pas vue depuis douze ou treize ans, mais je tâcherai de vous l'envoyer au printemps prochain avec d'autres variétés. Je compte visiter le nord, et là je pourrai prendre des arrangements à ce sujet.
« J'ai écrit, dit encore M. Kirk, à un de mes amis maoris, pour lui demander des renseignements sur la végétation, la culture et la cuisson du Kumara, et je Vous les enverrai lorsque sa réponse me sera parvenue. Pour le moment, je me bornerai à dire que le Kumara se plante sur de petits monticules disposés en quinconce, à 18 pouces environ d'écart. Le sol doit être plutôt léger que compact et riche. Lorsque la pièce de terre est plantée, elle est rigoureusement interdite aux femmes.
KUMAtlA 310
La récolte est faite, à la maturité, en grande cérémonie. »
C'est cuit au four, à la manière des Maoris, qu'il est le meilleur.
~ La saison pour la plantation, commence avec le mois d'octobre et continue jusqu'en décembre.
La terre est labourée à la charrue ou à la bêche, et Ton en forme de petits monticules après en avoir fine* ment brisé les mottes. Les buttes ont 8 à 10 pouces de hauteur, un tubercule est planté dans chacune et à peine couvert de terre. La plantation n'exige plus ensuite d'autres soins qu'un sarclage attentif. L*arrachage a lieu en mars et avril, la récolte venant à maturité vers le milieu de mars.
Pour la conservation des tubercules, la méthode en usage est le rua maori. Le rua est une fosse peu profonde, creusée dans une place aisément drainée et dans un sol d'une consistance suffisante, la terre de déblai étant employée à exhausser les côtés et à couvrir les tubercules pour former le toit. Les côtés du rua sont bâtis sans employer d'eau, la terre étant simplement battue avec la main. Un poteau est placé à chaque bout de la fosse, et ces poteaux portent un arêtier d'où sont étendues jusqu'au mur des fascines et des pièces de bois serrées les unes contre les autres et le tout est couvert de terre.
Les tubercules sont aussi conservés dans des fosses peu profondes avec une bonne couche de branchages au fond et une bonne couverture de même nature au sommet, avant que la terre soit jetée dessus.
S'ils sont longtemps exposés à Tair, ils sont perdus. Ou les enlève avec des bâtons à pointe aiguë, d'un pied de long environ, travail qui doit être fait avec soin pour éviter de les blesser, ceux qui sont endommagés
périssant bientôt. Si les tubercules sont laissas dans la terre, ils pourrissent rapidement pendant les pluies de Thiver. Les Maoris les cuisent de préférence dans leurs fours, quoique souvent ils les fassent bouillir comme des Pommes de terre. Quelques sortes de Kumara sont assez aqueuses. Celles-ci ne sont pas bonnes bouillies, ce mode de cuisson les rendant encore plus aqueuses. Toutes sont encore meilleures étant cuites au four ou grillées.
On remarquera que M. Colenso, parlant d'un premier arrachage, dit qu'il est fait par des femmes Agées, tandis que M. le professeur Kirk dit que l'entrée des plantations de Kumara est absolument interdite aux femmes; mais il n'y a pas là de contradiction. Il s'agit évidemment d'une croyance partagée par beaucoup de DOS jardiniers, qui attribuent, à certains moments, à la présence des femmes une influence pernicieuse, notamment sur les Melons et sur les Champignons.
En 1884, le Kumara n'était pas encore absolument acclimaté dans TAustralie du Sud ; mais sa culture paraissait devoir réussir et M. Schomburgk espérait faire, en 1885, une distribution de tubercules.
La plante avait été récemment introduite dans les Indes orientales. Elle y avait donné des récolles de premier ordre. M. Duthie, directeur des Jardins botaniques de Sabaranpur, disait, dans son dernier rapport : <c Je considère le Kumara comme une très précieuse addition à nos variétés de légumes. »
Dans son ouvrage intitulé : Origine des plantes cul ti-vées, M. Alph. de CandoUe, recherchant le pays natal de la Patate, expose que des considérations de valeur à peu près égale permettraient d'attribuer, soit à l'Amérique, soit aux Indes orientales, la paternité de la plante»
KUMARA 321
Or, le Kumara, qui n'est cerlainement qu'une variété de la Patate, ne se trouve ni en Amérique, où Ton ne parall pas le posséder encore, ni aux Indes orientales qui Tonl récemment reçu de la Nouvelle-Zélande, et, d'après cette hypothèse, ce type primitif de la Patate aurait dû être porté de l'Amérique ou de Tlnde en Océanie, ob il se serait modifié, de manière à constituer une race distincte. Cette introduction devrait d'ailleurs remonter à une époque fort reculée, puisque la plante semble exister chez les Maoris depuis les temps préhistoriques.
Au surplus, voici ce que dit M. Alph. de CandoUe : a La plante cultivée à Taïti, dans les îles voisines et à la Nouvelle-Zélande sous les noms de : Umarra^ Gumarra et Gumalla, décrit par Forster sous le nom de Convolvulus chrysorrhizus ^ est la Batate d'après sir Joseph Hooker. Seeman fait observer que ces noms ressemblent au nom Quichuen de la Batate, en Amérique, qui est, dit-il, Cumar. »
Nous ignorions Jusqu'ici que le Kumara fût cultivé à Taïti et dans les tles voisines. Ce serait, croyons-nous, une acquisition utile.
LEWISIA
Gbita, Spatulum ou Spœllum des Indiens. Racine amère des Canadiens. White Lewisia. Bilter Root. Mountain rose.
Lewisia rediviva Pursh.
Fam. des Portulacées.
Noire atlenlion a été appelée sur celte plante par un rapport du commissaire de Tagriculture (1), où il est dit : Les Indiens de Calirornie donnent au Lewisia le nom de « Spatulum ». Sa racine est compacte et fusiforme, de couleur sombre extérieurement, blanche et farineuse intérieurement. Elle fournit abondamment un aliment concenlré, dont une seule once suffît pour un repas. La plante mérile d'être cultivée. »
Nous dirons plus tard ce que nous pensons de la valeur nutritive extraordinaire attribuée par le rapport au Lewisia et affirmée successivement par plusieurs botanisles, qui paraissent avoir répélé, sans autre examen, ce qu'avaient dit leurs prédécesseurs ; mais là n'est pas seulement le mérite de la plante : elle est aussi très ornementale, et, par ses fleurs prinlanières , roses et relalivemenl Tort grandes, est tout à fait digne de prendre place dans nos jardins.
Ce n'est pas tout encore : sa vilalité est tout à fait surprenante et fait d'elle une véritable curiosité végétale.
Nous allons présenter les renseignemenls que nous
(1) Report ofthe Commissionner of AgncuUure for ihe year 1870. Pood producls of tiie Norlh American Indians, Washington ; Printing office, 1871.
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avons recueillis sui* son habitai, sur ses propriétés alimentaires, sursa vitalité et sur sa culture, jusqu'ici bien peu connue, coaime plante décorative.