MORELLE DES ANTHROPOPHAGES
nues de graines rapportées par le D' Seeman, et ont fleuri dans la serre des jardins royaux en juillet. Excepté lorsqu'elle porte des fruits, cette espèce de Solarium n'a rien qui puisse engager à la cultiver. Elle ne présente qu'un intérêt historique, lié à une pratique qui, chaque année, tombe de plus en plus en désuétude. »
En 1878, nous avons semé sur couche et sous châssis le Solarium anthropophagorum. Le 2 juin, nous TavoDS mis en place, en plein air, sur vieille couche. Au commencement de septembre, des fruits assez nombreux commençaient à rougir. Au mois d'octobre, ces fruits n'étant pas mûrs, nous avons enferméla plante dans une cage vitrée, et, peu de temps après, nous avons récolté ses baies.
Elles étaient sèches, ou tout au moins assez peu juteuses pour qu'il fût impossible d'en faire une sauce ressemblant à la sauce de Tomate. Selon nous, on perdrait son temps et ses peines en cultivant le S. anthro^ pophagorum sous le climat de Paris; mais M. Rantonnet (1), horticulteur à Hyères, a reconnu que, chez lui, il supportait l'hiver en plein air, et il a récollé des fruits mûrs au mois de février. A son avis, cette nouvelle sorte de Tomate pourrait entrer dans la consommation générale, surtout dans la France méridionale.
(1) Berne horticole^ 1867, p. 326.
MORELLE DE BALBIS
SoLANUM siSYMBRiiFOLiuM Lamk., Illustr., N^' 2386. S. Balbisii Dum.\, Solan.^ 232, n*» 195, t. III, fasc. 2; Bot, Mag. tab. 2568, 2828 et 3954^5. decurrens Balb., ic. et descripf.^ fasc. 1, p. 16, t. I*'; 5. inflatum Horn., horl, Hafn.y I, p. 221 ; S. viscosum DC, te. pic t. facult, se. monsp,; Lag. gen et sp. 10, n" 145; S. brancœfolium Jacq., Eclog., 14, t. VII ; 5. formosumCat. Dorp.^ p. 145, n«c H. B. et Klh; S. mauritianum Vélins du Mus., Paris, t. XXI, t. LXVI; S. visctcfum Schweîgg, Enum, h. regioriy&l y^i^si. en H. Erlang., 64; 5. e(fu/eVellozo, Flor. flum.i 2, t. CXXI; S. opulifoUum Fortensch., mss. in h. Vindob. e Sendtn; S. Thouini Gmel., Cal. CarUruhe^ 254.
Fam. des Solanées.
Plante annuelle, originaire de TAmérique méridionale, alleignant 1 mètre de hauteur environ, velue, glanduleuse, portant des épines jaunâtres sur toutes ses parties. Tige ligneuse à la base. Feuilles pinnatifides, à cinq ou sept lobes, irrégulièrement dentées, hérissées de poils rudes, très épineuses, décurrentes. Fleurs assez grandes, blanches, lilacées ou violettes suivant les variétés, en cymes terminales ; calice à divisions illégales, épineuses ; corolle ressemblant beaucoup à celle de la Pomme de terre. Étamines à anthères jaunes ; style court. Fruit (baie) du volume d'une grosse Cerise, recouvert en partie par les divisions du calice, d'un rouge safrané, à chair sucrée et légèrement acide à la maturité.
Ce que nous avons à dire de la Morelle de Balbis tiendra moins de place que n'en occupent sa description
MORELLE DE BALBIS 407
et ses synonymes. La plante est plus ornementale qu^alimeotaire et ne doit pas nous retenirlongtemps.
Elle acquiert de grandes proportions dans un sol riche. Nous avons obtenu des pieds qui portaient, les uns des fleurs bleues, les autres des fleurs blanches, et il nous a semblé que les fruits qui succédaient aux fleurs bleues étaient d'un plus beau rouge que ceux des plantes à fleurs blanches.
Nous avons mesuré le diamètre et la circonférence d'un pied planté sur vieille couche, et nous regrettons de n'avoir pas conservé les chiffres; les dimensions étaient énormes.
La culture du S. Balbisii est celle de la Tomate. On sème sous châssis et sous couche ; on met en place à la fin de mai, et les fruits mûrissent en septembre et octobre.
La récolte est difficile. La plante est pourvue d'innombrables épines, qui eu défendent les approches. On essaye de cueillir ses jolies baies rouges, et le plus souvent on y renonce.
Nous nous souvenons cependant d'avoir vu, près des serres du Muséum, un pied de Morelle de Balbis qui était dépouillé de ses fruits par les passants, au fur et à mesure de leur maturation ; mais, assurément, cet innocent larcin ne s'accomplissait pas sans qu'il y eût du sang répandu.
La saveur des baies du S. Balbisii est assez insignifiante. On pourrait les confire au caramel et au fondant, comme celles du Phy salis peruviana, qui sont beaucoup meilleures ; ce qu'on peut affirmer, c'est que la plante est fort belle et digne de l'attention des amateurs.
MORELLE DE SALTA Petite Tomate de Salta.
Sous le nom de Petite Tomate de Salta ^ M. le D' Weber nous a remis des graines d'une variété de la Morelle de Balbis {Solarium sisymbriifolium).
La description que nous avons donnée de cette dernière est de tous points applicable à la Petite Tomate de Salta. Ses fruits sont plus petits et moins abondants, mais ses feuilles sont plus finement découpées et d'un vert plus brillant. Sa culture est facile, et son développement est tel que trois pieds suffisent pour former une vaste corbeille.
Elle devrait donc être exclusivement cultivée comme plante, ornementale. A ce point de vue, nous serions disposés à la préférer à la Morelle de Balbis ; nous remercions M. le D*^ Weber de nous l'avoir fait connaître.
MORELLE DES OISEAUX SoLANUM AvicuLARE Forsl. (Syn. : S. laciniatum Ait.)
Fàm. des Solanées.
Cette espèce est originaire de l'Ausiralie et de la Nouvelle-Zélande. C'est un arbrisseau qui peut atteindre :) mètres de hauteur et qui est cultivé dans nos jardins d* Europe pour son feuillage ample, lacinié, très orne-
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mental, ainsi que pour ses fleurs, assez grandes et d'un beau bleu violacé.
LeD' Kirk, de Wellington, Nouvelle-Zélande, auteur de publications importantes sur la flore de la Nouvelle- Zélande, a eu l'obligeance de nous envoyer des graines decelteplante,que,nousdisait-ilJesMaoriscultiventpour en manger les grosses baies, de couleur jaune, orangée ou violette, selon les variétés. Notre aimable correspondant nous disait en outre que ces Truils sont consommés, soit crus, soit cuits, mais surtout dans le premier état.
Nous avons cultivé la plante à Crosnes, mais nous n*avons récolté qu'un très petit nombre de fruits, absolument comparables, d'ailleurs, à ceux du Solaniim laciniatunij que nos jardiniers emploient à la formation des corbeilles dans les jardins. La saveur de ces fruits est nulle.
La Morelle des Oiseaux^ mérite d'être recommandée comme plante ornementale ; elle ne nous semble présenter aucun intérêt comme plante alimentaire.
lORELLB NODIFLOBE
SoLANUM NODIFLOROM Jacq. Icont9 var., 2, lab. 326; Dunal, in DC. Prodr., XIII, 46; S. nigrum, var. patulum Lin.
Fam. des Solanées.
Plante très répandue à Maurice et à Rodriguez, et cultivée dans les potagers. Se trouve partout dans les tropiques. Brède malgache. {Flore de Maurice et des Seychelles^ Baker.)
Plante annuelle, atteignant 6 à 7 décimètres de hau-
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leur, à liges sous-frulescentes, rameuses, presque cylindriques, glabres, à nœuds épaissis; feuilles alternes, péliolées, ovales aiguës, un peu décurrentes sur les pétioles, entières, glabres et vertes sur les deux faces; pédoncule simple à ]a base, se divisant au sommet pour former une sorte d'ombelle composée de cinq ou six fleurs, petites, blancbàtres, à sépales obtus; corolle à divisions profondes, lancéolées, aiguës, très ouverte; baie ronde, petite, noire, luisante ; graines blanches. Croit dans toutes les parties tropicales de Tancien et du nouveau continent.
Les graines de la Morelle nodiflore nous ont été apportées de Nouméa par notre correspondant, M. V. Perret. Semées sous châssis et mises en place, en pleine terre, à la mi-mai, elles donnent la plus vigoureuse végétation.
Les sommités de la plante sont comestibles, mais nous croyons prudent de n'en pas manger les fruits; plusieurs Solarium appartenant à cette section ont des fruits vénéneux.
Le Solarium nodiflorum est-il spontané ou introduit dans la Nouvelle-Calédonie? Nous ne saurions le dire; mais on le rencontre dans les parties de TUe les plus éloignées des points occupés par les Européens.
La plante est d'un usage général dans les contrées tropicales, où elle entre notamment dans le calalou et dans les soupes de légumes.
Plusieurs espèces de Solanum.le S. oleraceum Dunal, le S. nigrum L., ont le même emploi.
Nous avons dégusté la Morelle nodiflore, hachée et préparée comme les Épinards. Elle n'a pas eu le don de nous plaire ; nous ne lui avons pas trouvé d'autre saveur qu'une légère amertume. Nous sommes trop riches en herbes comestibles, Épinard, Té tragone, Glaciale, etc.,
MORELLE DB WALLIS 4ii
pour recommaDder une plante, à notre avis, inférieure.
Il nous a semblé cependant qu*une Morelle universellement estimée dans les pays chauds et d'une culture facile sous notre climat avait droit à une place dans le Potager (fun curieux.
Notre goût ne fait pas loi.