‹ Le potager d'un curieuxChapitre 70 sur 111 · MORELLE DE WALLIS · texte numérisé non relu

MORELLE DE WALLIS

Guayavo, Pepino, Melon Pear, Melon Shrub.

SoLANUM MURICATUM Ait., var. ; S. Wallisii Carr. ;

S. guatemalense Eisen .

Fam. des Solanées.

<i Plante d'une grande vigueur, buissonneuse, compacte et très ramifiée dès sa base qui devient sous-rrutescente ou même subligneuse, nigrescente ou mieux noire dans toutes ses ramifications ; rameaux et ramilles nombreux, légèrement anguleux ou subailés. Feuilles très longuement lancéolées, entières, très rarement et légèrement lobées, longues d'environ 12 centimètres, larges de 4, régulièrement atténuées en pointe; pétioles de 5-7 centimètres de longueur, d'un violet noir, ainsi que les nervures. Fleurs réunies en sorte de corymbe scorpioïde, solitaires sur un pédicelle d'environ 15-20 millimètres, noir, fortement villeux. Calice à divisions courtement ovales, très longtemps persistantes. Corolle étalée, large de 25-30 millimètres, d'un violet foncé brillant, à divisions brusquement rétrécieset acuminées en pointe; étamines incluses, à filets plus courts que les

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anthères. Fruits allongés cordiformes, atteignant environ 6 cenlimèJres de longueur sur 4, parfois plus, de

Fig. 53. -* Morelle de Wallis.

diamètre, régulièrement atténués au sommet, qui est brusquement arrondi, légèrement rétréci à la base, sur

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laquelle s'appliquent les divisions du calice ; peau lisse et très unie, luisante, d'un très beau violet marbré, pointillée, souvent çà et là bandelettée ou largement maculée. Chair blanc jaunâtre, épaisse, fondante, très juteuse, de saveur légèrement piquante, rappelant un peu celle du Melon, faiblement sucrée, laissant néanmoins un arrière-goût poivré, acre. Graines portées sur une espèce de placenta central charnu, dressé au centre du fruii. » E.-A. Carrière (1).

Après avoir donné cette description, M. Carrière poursuit :

« Les qualités que nous venons de rappeler sont celles que nous avons constatées sur des fruits qui ont mûri dans notre serre, et qui, par conséquent, n'ont pu atteindre la perfection qu'ils devront acquérir dans des climats équatoriaux. A Nice déjà, les fruits paraissent êlre d'une qualité supérieure, à en juger par les dires de M. Ch. Huber. Ainsi, dans une lettre de Nice, datée du 13 janvier 1877, il nous dit : « Je viens de manger un autre fruit de Solanum Wallisiiy et je suis extrêmement satisrait de son bon goût; la cbair, très fondante, d'une couleur jaune, comme celle d'une Prune Reine- Claude, est très douce. Pour que les fruits aient acquis cette qualité, il faut attendre qu'ils soient dune consistance tendre, les laisser en repos en évitant de les presser avec la main, ainsi qu'on le fait souvent, ce qui alors nuit au bon goût. Les plantes que j'ai laissées en pleine terre n'ont pas souffert des petits froids du mois de décembre, et elles poussent aussi bien que si elles étaient en serre. Pour les pays du Nord, je crois qu'une serre froide suffira pour les hiverner... J'en ai aussi fait

(i) Note sur le S. Wallisii, figure coloriée {Revue horticole^ 1877), p. 291).

préparer cuits, et j'ai constaté qu ils forment un mets délicieux ».

La Morelle de Wallis a été introduite en Europe par iVI. Wallis, qui en a acheté les fruits au marché de Guayaquil (Equateur), où ils se vendent sous le nom de Guayavos. Ces fruits sont très recherchés par les habitants, qui les mangent crus ou cuits. M. Ch. Huber en a reçu les graines de M. Ortgies, les a semées le 12 décembre 1875, et, pourvu de pieds nombreux, a mis la plante dans le commerce.

Nous en avons alors essayé la culture, et Tun de nous, par une lettre dont nous reproduisons une partie, a fait connaître à M. Carrière les résultats qu*il avait obtenus : « Les boutures de la Morelle de Wallis se font en plein air aussi facilement que celle des Pelargonium ^ et la plante en fournit abondamment. J'en ai fait un bon nombre au mois d'août dernier; elles ont passé Thiver sous châssis, côte à côle avec les P^/tfr^oniwm. Le piedmère seul est mort.

« Le printemps venu, j'en ai conservé huit, dont quatre ont été maintenues en pots. Les quatre autres ont été plantées en pleine terre et fort mal protégées par un châssis qui n'a pas cessé d'être levé à 25 ou 30 centimètres au-dessus du coffre. L'air circulait ainsi sous ce coffre. Il avait fallu le soulever pour redresser la plante, qui s'élève peu mais dont je ne voulais pas laisser traîner les liges à terre, car elles y auraient immédiatement pris racine, ce que je désirais éviter.

€ Les plantes ont végété vigoureusement, et ont été sans cesse ébourgeonnées. Trois ou quatre branches seulement ont été conservées et se sont continuellement couronnées de charmants bouquets de Qeurs. Les boutures maintenues en pots, placées également sous châs-

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