SCORSONÈRE DÉLICIEUSE
a La racine longue et charnue du Scolyme est usitée comme légume en Provence et en Laoguedoc, où la plante croit abondamment; à Montpellier, on la nomme Cardouille. Elle n'y est pas cultivée ; on la ramasse sauvage dans les champs, et, comme Taxe central est ordinairement ligneux, on fend la racine longitudinalement, on la retranche, et c'est la partie corticale, liée par petites bottes, qui se vend » (1).
En terminant, nous renouvelons le conseil de cultiver le Scolyme d'Espagne.
SGOBSONÉBE DELIGIEOSE
SCORZONERA DELICIOSA (GuSSOUe.
Index seminum horio BoccadifalcOy 1825, p. il ; i*iorse siculœ synopsis^ II, p. 389; DC. Prodr., vol. VII, p. 118.
Fam. des Composées.
Sicile. Plante vivace à racine tubéreuse, cylindrique oblongue ou presque globuleuse, brune extérieurement, blanche à l'intérieur; tige simple, rarement rameuse à la base; feuilles linéaires lancéolées, acuminées, planes, glabres, un peu tomenteuses à la base ; capitules solitaires à l'extrémité des rameaux; écailles de l'involucre glabres, aiguës, les extérieures lancéolées, terminées en pointe aiguë. Fleurs pourpres.
Voici ce que dit Gussone de la Scorsonère délicieuse : « Les racines de cette espèce sont employées
(1) Le Bim Jardinier.
en Sicile, confites dans le sucre, puis dissoutes dans Teau froide ; on en fait aussi des sorbets rafraîchissants, glacés et parfumés au Jasmin à grande fleur, aromate qui les rend très agréables ; enfin, elles sont classées parmi celles qui fournissent des décoctions rafraîchissantes. »
Cette plante ne nous parait pas justifier Tambilieuse qualification qui lui est donnée par le botaniste italien. Nous l'avons reçue de M. E. Morelli, ingénieur, et de M. Todaro, notre collègue, jurisconsulte éminent et directeur du Jardin botanique de Palerme.
Ce dernier nous écrivait, le 27 avril 1886: « Quant à ce qui concerne les quatre plantes demandées, la Scorsonère délicieuse est la seule d'entre elles que nous possédions dans le jardin et qui croisse spontanément dans les environs de Palerme... Cette espèce, dont on Fait un très grand usage en Sicile, soit en décoctions, soit enjuleps, soit en sorbets, cultivée en pot, périt si on l'arrose après la floraison. »
Dans le cours de la même année, nous recevions de M. E. Morelli plusieurs lettres, dont nous extrayons ce qui suit : « Je n'ai jamais entendu parler du Scorzonera hors de Sicile, et, même là-bas, il n'est employé que par les confiseurs, qui en fabriquent un sirop qu'on consomme, soit en boisson de même manière que celui d'orgeat, de Citron ou autre, soit pour la confection des glaces...
« ... En Sicile, on ne fait pas de semis, mais ou multiplie les plantes par simple séparation des racines, ce qui se pratique en octobre et novembre. La plante étant tout à fait sauvage on ne lui donne aucun soin. La récolte des racines, qui forment la seule partie em-