INTRODUCTION DANS LES AUTRES PARTIES DE L’EUROPE
Le Crosne s’est répandu de France en Angleterre, où on lui a donné le nom de C/iïnese Artichoke. De nombreux essais de culture ont été faits, ainsi que le démontrent les articles publiés dans les journaux horticoles comme : The Gardeners ’ Chronicle, The Garden , etc. ; cependant, nous ignorons si la plante est cultivée en grand dans ce pays et si elle est entrée d'une manière défi n i l i ve dans la consommation.
En Belgique, il a été cultivé peu de temps après son introduction et la réussite a été au moins aussi complète qu’en France.
En Allemagne, où la plante est nommée KnoUenziest , le Crosne n’est guère cultivé que par quelques amateurs d’horticulture; mais on fait des elforts pour le répandre.
D’ap rès Villkomm, les tentatives qui ont été faites en Autriche permettent de croire que le Crosne peut prospérer en plein champ dans toutes les parties- de l’empire et qu'il y aurait intérêt à en étendre la culture.
En Italie, dès 1887, MM. Ingegnoli frères, de Milan, en recommandaient la culture; la plante, expérimentée par eux depuis déjà quelque temps, avait donné de très bons résultats et ils écrivaient « qu’elle méritait une des meilleures places dans les jardins potagers ».
Le Raccoglitore , journal italien, en avait parlé en 1886; en 1887, diverses expériences de culture lurent faites dans la province de Padoue et dans le Boyal potager agraire, grâce à l’actif président du Comice agraire de Padoue, le professeur Keller.
CROSNE
M. Bullo, d’accord avec le professeur Saccardo, a proposé, pour la plante, le nom de Tubenna , qui a le mérite d’êlre facile et bref. Il a publié dans le Raccoglitore, vol. XIII, sér. III, une longue noie sur l’histoire, les usages et la culture de ce nouveau légume. Nous en avons extrait d’intéressants renseignements sur l’introduction du Crosne en Italie.
« En Lombardie, plusieurs particuliers cultivent le Slachys af ‘finis; cependant, il n’a pas encore paru sur le marché de Milan. Au contraire, à Monza, près de Milan, il est très eu vogue: on a commencé à le cultiver dans le Parc royal, et, ayant plu à la cour, toutes les lamilles de la ville le voulurent cultiver. On en voit quelquefois sur le marché de Monza et, en souvenir de la protection accordée à ce légume, il y est appelé Pomme de terre de la Reine [Porno di terra délia Regina) .
« J’aurais, dit-il, désiré vraiment lui conserver ce nom; mais, pensant qu’il est trop long pour devenir promptement populaire et que, d’ailleurs, il y a déjà d’autres plantes avec des noms presque pareils, je me suis décidé à proposer le nom de Tuberina , plus court et plus facile, et qui ne se peut pas confondre avec d’autres.
« J’ai été appuyé dans cette idée par des personnes compétentes qui m’ont encouragé à en faire la proposition.
« En Piémont, le Stachys n’est connu que de nom; nous espérons bientôt le voir cultivé là aussi, au moins pour essai.
« Dans les provinces méridionales, il est encore inconnu; la Société d’Àcclimatation de Palerme fait actuellement des essais pour le faire connaître en Sicile et la maison Dammann de Sainl-Giovia?ini di Teduccio
a fait des expériences, mais, à dire vrai, elle a eu des résultats peu satisfaisants, évidemment à cause de la trop haute température de l é lé .
« Italo Mazzon, l’excellent aviculteur de Padoue, amateur de tout ce qui est nouveau et utile, l’a cultivé dès 1887, et voici ce qu’il m’a écrit à ce sujet :
« Le Stachys affinis est une plante qui mériterait d’être cultivée sur une grande échelle, spécialement dans les terrains sablonneux. Les épreuves que j’ai faites m’ontconvaincuque, dans les lerrrains argileux, quoique assez productive, elle ne serait pas à recommander, parce que les racines assez fragiles tendraient à s'allonger et les nœuds à grossir. Lu tubercule de quelque grosseur, planté dans un terrain approprié, rend environ 1 kilogramme et demi de produit et beaucoup d’autres tubercules de la grosseur du doigt environ. » « J'étais déjcà persuadé que le Stachys devait donner un gros produit, mais les expériences faites au Loyal potager agraire n’ont jamais donné le produit noté par Mazzon, et cela doit dépendre absolument de la qualité du terrain où a été faite l’expérience.
« Mazzon a envoyé les tubercules de Stachys à l’exposition de Trévise, en 1888, et a obtenu une médaille. »