‹ Le potager d'un curieuxChapitre 71 sur 111 · MELON BLANC DU JAPON · texte numérisé non relu

MELON BLANC DU JAPON

par panneau ; son prix serait toujours assez élevé. Nous reconnaissons qu'aux environs de Paris, il ne pourra être fructueusement cultivé, et qu'il demeurera ce qu'il a été jusqu’ici, une plante d’amateur.

MELON BLANC DU JAPON Shiro uri.

Ccjcumis Melo L., var.

Fam. des Cucurbitacces .

Pour toute description, nous dirons que ce Melon ressemble, à s’y méprendre, au gros Concombre blanc de Paris.

Nous le cultivons depuis plusieurs années sous châssis. Nous ne le taillons pas, de peur de le déformer en le grossissant. En effet, sa forme se prête parfaitement à l’usage que nous en faisons.

Nous le cueillons bien mûr; il est alors agréablement parfumé. Il manque malheureusement de sucre, comme Ions les Melons que nous avons reçus de la Chine et du Japon; mais, coupé en rondelles minces, plongé dans la pâte de beignets, frit par une main exercée et libéralement saupoudré de sucre, il forme un excellent entremels, qui garde un léger goût d’Ananas et est fort bien accueilli par tout le monde.

Cet emploi du Shiro uri n’est pas le seul qu’on en puisse faire. En 1879, à l’Exposition d’Horliculture de Brie-Comle-Robert, le jardinier Veniat présentait ce Melon, qu'il cultivait depuis deux ans sous châssis, de la même manière que le Cantaloup, la taille exceptée,

et, dons une note relative à cetle présentation et publiée par le Journal de la Société nationale d' Horticulture , nous disions : « Chaque pied donne en moyenne quatre fruits, dont la forme et la couleur sont celles des Concombres blancs de Paris. Le Shiro uri est un peu plus gros cependant. Sa peau est mince, ses graines tiennent peu de place, il est tout en chair.

« Cette chair manque de sucre; ce n’est donc pas après le potage qu'il faut manger ce Melon japonais, mais au dessert, coupé en rondelles comme l’Ananas, avec accompagnement de sucre en poudre.

« Le Shiro uri confit est très bon. Le confiseur Mamoz en a fait, en 1879, un excellent dessert. Plus tard, M. Robineau-Boissier en a commandé deux cents fruits à M. Millet, horticulteur distingué de Bourg-la- Reine, qui les lui a exactement livrés. Le célèbre confiseur en a coupé la chair en dés, l’a confite et nous a gracieusement offert une certaine quantité de cetle friandise, qui a été dégustée avec un sensible plaisir par vingt membres de la section des végétaux (Société d’ Acclimatation).

« Nous considérons le Shiro uri comme préférable à la plupart des Melons de l’extrême Orient. Il peut rendre des services et être fructueusement cultivé dans le Midi.

c( Gomme il exige autant de soins et de frais que les Cantaloups, nous n’espérons pas que sa culture se propage dans les environs de Paris. »

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