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MORELLE DES OISEAUX

Solanum aviculare Forst. (Syn. : S. laciniatum Ait.)

Fàm. des Solanées.

Cette espèce est originaire de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. C’est un arbrisseau qui peut atteindre 3 mètres de hauteur et qui est cultivé dans nos jardins d’Europe pour son feuillage ample, lacinié, très orne-

MORELLE NODIFLORE

mental, ainsi que pour ses (leurs, assez grandes et d’un beau bleu violacé.

LeD1' Kirk, de Wellington, Nouvelle-Zélande, auteur de publications importantes sur la flore de la Nouvelle- Zélande, a eu l’obligeance de nous envoyer des graines de cette plante , que, nous disait-il, les Maoris cultivent pour en manger les grosses baies, de couleur jaune, orangée ou violette, selon les variétés. Notre aimable correspondant nous disait en outre que ces fruits sont consommés, soit crus, soit cuits, mais surtout dans le premier état.

Nous avons cultivé la plante à Crosnes, mais nous n’avons récolté qu’un très petit nombre de fruits, absolument comparables, d’ailleurs, à ceux du Solarium ladniatum , que nos jardiniers emploient à la formation des corbeilles dans les jardins. La saveur de ces fruits est nulle.

La Morelle des Oiseaux , mérite d’être recommandée comme plante ornementale ; elle ne nous semble présenter aucun intérêt comme plante alimentaire.

MORELLE NODIFLORE

Solanum nodiflorum Jacq. Icônes rar., 2, tab. 326; Dunal, in DC. Prodr., XIII, 46; S. nigrum, var. patulum Lin.

Fam. des Solanées.

Plante très répandue à Maurice et à Rodriguez, et cultivée dans les potagers. Se trouve partout dans les tropiques. Brède malgache. (Flore de Maurice et des Seychelles , Baker.)

Plante annuelle, atteignant 6 à 7 décimètres de hau-

teur, à liges sous-frutescentes, rameuses, presque cylindriques, glabres, à nœuds épaissis; feuilles alternes, péliolées, ovales aiguës, un peu décurrentes sur les pétioles, entières, glabres et vertes sur les deux faces; pédoncule simple à la base, se divisant au sommet pour former une sorte d’ombelle composée de cinq ou six fleurs, petites, blanchâtres, à sépales obtus; corolle à divisions profondes, lancéolées, aiguës, très ouverte; baie ronde, petite, noire, luisante ; graines blanches. Croît dans toutes les parties tropicales de l'ancien et du nouveau continent.

Les graines de la Morelle nodiflore nous ont été apportées de Nouméa par notre correspondant, M. Y. Perret. Semées sous châssis et mises en place, en pleine terre, à la mi-mai, elles donnent la plus vigoureuse végétation.

Les sommités de la plante sont comestibles, mais nous croyons prudent de n’en pas manger les fruits; plusieurs Solanum appartenant à cette section ont des fruits vénéneux.

Le Solarium nodiflorum est-il spontané ou introduit dans la Nouvelle-Calédonie? Nous ne saurions le dire; mais on le rencontre dans les parties de l'île les plus éloignées des points occupés par les Européens.

La plante est d’un usage général dans les contrées tropicales, où elle entre notamment dans le calalou et dans les soupes de légumes.

Plusieurs espèces de Solanum , le S. oleraceum Dunal, le S. nigrum L., ont le même emploi.

Nous avons dégusté la Morelle nodiflore, hachée et préparée comme les Épinards. Elle n’a pas eu le don de nous plaire; nous ne lui avons pas trouvé d’autre saveur qu’une légère amertume. Nous sommes trop riches en herbes comestibles, Épinard, Télragone, Glaciale, etc.,

MORELLE DE WALLIS

pour recommander une plante, à notre avis, inférieure.

Il nous a semblé cependant qu’une Morelle universellement estimée dans les pays chauds et d’une culture facile sous notre climat avait droit à une place dans le Potager d'un curieux.

Notre goût ne fait pas loi.

MORELLE DE WALLIS

Guayavo, Pepino, Melon Pear, Melon Shrub.

Solanum müricatüm Ait., var. ; S. WalUsii Carr. ;

S. guatemalense Eisen .

Fam. des Solanées.

« Plante d’une grande vigueur, buissonneuse, compacte et très ramifiée dès sa base qui devient sous-frutescenle ou même subligneuse, nigrescente ou mieux noire dans toutes ses ramifications ; rameaux et ramilles nombreux, légèrement anguleux ou subailés. Feuilles très longuement lancéolées, entières, très rarement et légèrement lobées, longues d’environ 12 centimètres, larges de 4, régulièrement atténuées en pointe; pétioles de 5-7 centimètres de longueur, d’un violet noir, ainsi que les nervures. Fleurs réunies en sorte de corymbe scorpioïde, solitaires sur un pédicelle d’environ 15-20 millimètres, noir, fortement villeux. Calice à divisions courlemenl ovales, très longtemps persistantes. Corolle élalée, large de 25-30 millimètres, d’un violet foncé brillant, à divisions brusquement rétrécies et acuminées en pointe; étamines incluses, à filets plus courts que les

LE POTAGER û’UN CURIEUX

anthères. Fruits allongés cordiformes, atteignant environ 6 centimètres de longueur sur 4, parfois plus, de

Fig. 53. — Morelle de Wallis.

diamètre, régulièrement atténués au sommet, qui est brusquement arrondi, légèrement rétréci à la base, sur

MORELLE DE WALLIS

laquelle s’appliquent les divisions du calice ; peau lisse et très unie, luisante, d’un très beau violet marbré, pointillée, souvent çà et là bandelettée ou largement maculée. Chair blanc jaunâtre, épaisse, fondante, très juteuse, de saveur légèrement piquante, rappelant un peu celle du Melon, faiblement sucrée, laissant néanmoins un arrière-goût poivré, âcre. Graines portées sur une espèce de placenta central charnu, dressé au centre du fruit. » E.-A. Carrière (1).

Après avoir donné celte description, M. Carrière poursuit :

« Les qualités que nous venons de rappeler sont celles que nous avons constatées sur des fruits qui ont mûri dans notre serre, et qui, par conséquent, n’ont pu atteindre la perfection qu’ils devront acquérir dans des climats équatoriaux. A Nice déjà, les fruits paraissent être d’une qualité supérieure, à en juger par les dires de M. Ch. Huber. Ainsi, dans une lettre de Nice, datée du 13 janvier 1877, il nous dit : « Je viens de manger un autre fruit de Solanum Wallisii, et je suis extrêmement satisfait de son bon goût; la chair, très fondante, d’une couleur jaune, comme celle d’une Prune Reine- Claude, est très douce. Pour que les fruits aient acquis celte qualité, il faut attendre qu’ils soient d'une consistance tendre, les laisser en repos en évitant de les presser avec la main , ainsi qu’on le fait souvent, ce qui alors nuit au bon goût. Les plantes que j’ai laissées en pleine terre n’ont pas souffert des petits froids du mois de décembre, et elles poussent aussi bien que si elles étaient en serre. Pour les pays du Nord, je crois qu’une serre froide suffira pour les hiverner... J’en ai aussi fait

(I) Note sur le S. Wallisii, figure coloriée ( Revue horticole, 1877), p. 291).

préparer cuits, et j’ai constaté qu'ils forment un mets délicieux ».

La Morelle de Wallis a été introduite en Europe par AI. Wallis, qui en a acheté les fruits au marché de Guayaquil (Équateur), où ils se vendent sous le nom de Guayavos. Ces fruits sont très recherchés par les habitants, qui les mangent crus ou cuits. M. Ch. Huber en a reçu les graines de M. Ortgies, les a semées le 12 décembre 1875, et, pourvu de pieds nombreux, a mis la plante dans le commerce.

Nous en avons alors essayé la culture, et l’un de nous, par une lettre dont nous reproduisons une partie, a fait connaître à M. Carrière les résultats qu’il avait obtenus : « Les boutures de la Morelle de Wallis se font en plein air aussi facilement que celle des Pélargonium , et la plante en fournit abondamment. J’en ai fait un bon nombre au mois d’août dernier; elles ont passé l’hiver sous châssis, côte à côte avec les Pélargonium. Le piedmère seul est mort.

a Le printemps venu, j’en ai conservé huit, dont quatre ont été maintenues en pots. Les quatre autres ont été plantées en pleine terre et fort mal protégées par un châssis qui n’a pas cessé d’être levé à 25 ou 30 centimètres au-dessus du coffre. L’air circulait ainsi sous ce coffre. Il avait fallu le soulever pour redresser la plante, qui s’élève peu mais dont je ne voulais pas laisser traîner les liges à terre, car elles y auraient immédiatement pris racine, ce que je désirais éviter.

« Les plantes ont végété vigoureusement, et ont été sans cesse ébourgeonnées. Trois ou quatre branches seulement ont été conservées et se sont continuellement couronnées de charmants bouquets de fleurs. Les boutures maintenues en pots, placées également sous châs-

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sis très aéré, ont donné beaucoup de fleurs, mais n’ont pas noué un seul fruit.

« Sur les quatre pieds mis en pleine terre, un seul a noué des fruits au nombre de trois. Deux de ces fruits sont déjà beaucoup plus gros que celui dont notre Revue donne la figure ; le troisième grossit encore et semble devoir acquérir le môme volume. Ces fruits sont d’une rare beauté. Ils sont noués depuis le 1er juillet dernier (1).

« Les détails dans lesquels je viens d’entrer font voir clairement par où j’ai péché. La saison ayant été plus froide qu’à l’ordinaire, j’aurais dû donner à mes plantes un peu plus de chaleur. Je ne l’ai pas fait, et j’ai eu tort. Voyons maintenant l’avenir.

« La Morelle de Wallis est extrêmement rustique, en ce sens que ses boutures reprennent en plein air, que sa végétation est toujours très active, qu’aucune maladie, aucun insecte, ne semblent pouvoir en compromettre la culture.

« Que lui faut- il? Un peu plus de chaleur que je ne lui en ai donné. Ce n’est une difficulté ni pour les jardiniers, ni pour les maraîchers. Faire des boutures en août, les conserver l’hiver sous châssis, les avancer un peu au printemps sur couche tiède, les ébourgeonner avec soin, supprimer la moitié des fleurs de chaque bouquet, tels sont les conseils que je puis donner aujourd’hui. »

Nous sommes bien convaincu que la Morelle de Wallis peut être cultivée sans difficulté. Cependant, elle

(1) Un de ces fruits, complètement mûr le 2 septembre, mesurait 9 centimètres de hauteur sur 27 de circonférence. Sa forme rappelait celle d’un cœur de bœuf non aplati ; sa peau lisse et luisante était marbrée de rose violet ; il était en effet d’une rare beauté ( Rédaction de la fievue horticole ) .

exigera toujours sous notre climat plus de soins qu’elle n’en mérite. Nous avons dégusté les fruits que nous avons obtenus. Ils étaient superbes, parfaitement mûrs, charnus, juteux, appétissants. Nous étions pleins d’illusions sur le résultat. Les curieux comprendront toute l’amertume de notre désappointement ; nos fruits avaient le goût de Concombre et laissaient sur la langue un picotement désagréable. Nous les avons mis en compote, ils ne valaient pas mieux.

Pourquoi donc venons-nous d’en parler longuement? C’est que ces beaux fruits, certainement fort bons à Guayaquil, peuvent être une utile acquisition pour le littoral méditerranéen et pour l’Algérie ; c’est qu’après tout nous n’écrivons pas seulement pour les environs de Paris.

Dans une note publiée dans la Revue horticole , 1892, page 155, M. Ed. André décrit les fruits d’une variété de Solanum muricatum que M. Naudin lui a envoyés d’Antibes, et qui diffèrent de la Morelle de Wallis par leur couleur blanc crème sur laquelle tranchent des stries et des ponctuations violettes.

MOTSIJI

Bidens pilosa Lin. ; Ceratocephalus pilosus Rich. ; Kerneria dubia Goss. ; Kerneria tetragona Mœnch.

Fam. des Composées.

Plante annuelle à tiges dressées, hautes de 0m,80 à 1 mètre, quadrangulaires, branchues dans leur partie supérieure. Feuilles opposées, pétiolées, glabrescentes,

MOTSIJI

d’un verl noirâtre, les supérieures triséquées, les inférieures imparipennatiséquées, à segments ovales aigus, dentés sur leurs bords. Pétioles ciliés à la base. Fleurs en capitules discoïdes ; involucre à écailles presque égales en Ire elles, à peu près de la longueur des fleurs du disque. Fruit ( achaine ) linéaire, anguleux, terminé par deux arêtes plus ou moins divergentes, s’écartant un peu en mûrissant.

Cette plante croît dans toutes les parties chaudes du globe.

Notre correspondant du Transvaal, M. Mingard, agronome attaché à la mission vaudoise, nous en a adressé les graines, et nous extrayons de sa lettre d’envoi le passage suivant : « Je prendrai, dès aujourd’hui, comme vous me le conseillez, l’habitude de joindre à chaque lettre quelques graines pour en compléter le port ; je vous remets donc ci-ointes des graines de Motsiji , plante que je mange jeune et fraîche, bouillie comme les Laitues et hachée comme les Epinards. Les naturels la mélangent ordinairement à la farine d’Arachide. »

Nous avons semé le 20 mars (1884) en pot, sous châssis, nos graines de Motsiji ; elles ont bien levé, et nous avons mis les plantes en place le 20 mai, en plein air. Elles ont pris un grand développement et nous ont donné des graines mûres au commencement de juillet.

Le 26 mai, nous avons semé le Motsiji en pleine terre, et, dès le 12 juillet nous dégustions les sommités des tiges, hachées comme les Épinards ; le résultat nous a satisfait. Nous reconnaissons que la plante peut être aisément cultivée et fournir un bon légume d’été, sans qu’il y ail lieu de la recommander d’une manière particulière.

MODTARDE TUBÉREUSE

Sinapis juncea L., var. napiformis.

Fam. des Crucifères.

Plante bisannuelle, glabre, atteignant 1 mètre à tm,50 de hauteur. Hacine rentlée, napiforme, ressemblant beaucoup au Panais commun, blanche, mesurant environ 0m,17 de longueur et 0"’,20 de circonférence. Feuilles inférieures oblongues lancéolées, dentées, quelquefois lyrées ; les supérieures étroites, linéaires lancéolées, entières ou dentées. Fleurs jaune clair, en grappe terminale. Sépales divergents. Siliques dressées, bosselées ; bec assez long, asperme, un peu comprimé ; valves carénées, trinerviées, cà nervures latérales sinueuses.

On peut lire, dans le Bulletin de la Société d' Acclimatation, 3e série, tome IX, page 579, la lettre datée de Pékin, 20 novembre 1881, par laquelle M.le D1' F. Brelschneider, médecin de la légation russe, annonçait à cette Société un envoi de graines et de tubercules qui ne comprenait pas moins de 112 plantes, arbustes ou arbres, d’utilité ou d’ornement.

La Moutarde tubéreuse faisait partie de celle riche collection, et ses graines nous ont été remises cà tin d’expérimentation. Nous avons rendu compte de nos essais dans le Bulletin de la Société, 3e série, tome X, page 21 .

Semée au printemps de 1882, la plante est montée à graine avec une extrême rapidité, et n’a pas formé de racine tubéreuse.

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