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MOUTARDE TUBÉREUSE

Semée le 1er août, elle nous a donné en deux mois et demi les racines décrites plus haut.

Nous avons informé M. le D1' Brelschneider du résultat favorable que nous avions obtenu, et il nous écrivait à ce sujet, de Pékin, en date du 28 février 1883 : « Les Chinois sèment celte plante en plein été et en recueillent les racines en hiver. Ces racines jouent un rôle très

Fig. 54. — Moutarde lubéreuse.

important comme aliment, en Chine, et on les cultive beaucoup dans le Nord. Les Chinois les mangent salées et confites aux fruits de Zanthoxylon Bungei et d7//icium anisatum. Je leur trouve un goût assez agréable.»

La culturede la Moutarde lubéreuse ne diffère en rien de celle du Navel. Elle doit être classée, comme celle de ce dernier, parmi les cultures dérobées.

Ses racines, introduites dans le pot-au-feu, communiquent au bouillon un très bon goût; préparées au jus, comme le Céleri-rave, elles sont tendres, légèrement piquantes.

Nous considérons comme précieux le don que nous a

fait M. le Dr Brelschneider de cette variété du Sinapis juncea, absolument nouvelle pour nous.

Parmi les Crucifères utilisées comme plantes alimentaires au Japon, il en est une, le Wasabi (Eutrema Wasabi Maximowicz), que nous désirions connaître. Nous l’avions trouvée, mentionnée dans la Note explicative des objets exposés par V Ecole agricole et forestière de Komaba (Japon), à l' Exposition universelle de Paris , en 1889. Ou peut lire dans celte brochure : « Wasabi. Pour la culture de ce Raifort, on choisit un terrain dans une vallée arrêtée par un cours d’eau. On en récolte les racines. Il existe une variété appelée aussi Wasabi , dont les feuilles, préparées avec du vinaigre, sont d’un goût exquis. » Nous avons demandé celte plante au Japon et nous avons reçu, en 1896, des rhizomes qui, malheureusement avaient pourri pendant le voyage.

Une autre espèce de Wasabi (Ainu- Wasabi, Risesseri ou Nisesseri ) ( Cardamine yesoensis Maximowicz) est citée par MM. Batchelor et Miyabe : Ainu Economie plants (Transactions of the Asialic Society of Japan, 1893, p. 215). « Au commencement du printemps, disent ces auteurs, on recueille les jeunes feuilles et les nouveaux rhizomes, comme nourriture, les parties plus vieilles des racines sont rejetées. Pour augmenter leur saveur piquante, les Aïnos, en quelques endroits, ont appris à mettreles feuilles et les rhizomes ensemble, dans (les bouteilles qu’ils gardent bien bouchées un jour environ avant de s’en servir. Le Bisesseri est généralement bouilli avant d’être mangé. »

MUKEKASHI

MUKEKASHI

T surigane-ninjin ou Nunoba.

Adenopuora verticillata Fisch.

Fam. des Campanulacées.

Cette plante (fig. 55) est souvent cultivée dans les jardins botaniques; elle est assez ornementale. Au Japon, on mange ses racines, soit fraîches, aussitôt récoltées, soit séchées, ce qui permet d’en faire des provisions : on les consomme après les avoir fait bouillir, en les mélangeant quelquefois à des Fèves. Les feuilles sont souvent mises dans la soupe1 (Batchelor et Kingo Miyabe, Aimi Economie plants. Transactions of the Asiatic Society of Japan, p. 224).

Nous avons semé des graines de Mukekashi , au printemps 1896. Les jeunes plantes ont été repiquées en planches, en espaçant les pieds d’environ 40 cent., et ont été recouvertes de coffres vitrés, à l’entrée de l’hiver. (Sous le climat de Paris, la plante est d’une rusticité absolue et nous avons reconnu l’inutilité de cette précaution). Au printemps, les touffes étaient devenues très volumineuses et nous en avons arraché quelques-unes pour nous rendre compte de leur valeur alimentaire.

Les racines, assez nombreuses, épaisses et charnues, ont à peu près la saveur de celle de la Raiponce. Cuites à l’eau un peu salée, les plus jeunes étaient tendres, un peu aromaliques, mais mangeables, les plus grosse avaient une saveur aromatique accentuée.

Les feuilles cuites étaient tendres, de saveur presque nulle, mais agréable.

Fig. 55. — Adetiophora verlicillala.

Les jeunes liges étaient un peu filandreuses, et avaient une faible saveur de Laitue.

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