‹ Le potager d'un curieuxChapitre 96 sur 111 · II. — Le Soya en Cochinchine · texte numérisé non relu

II. — Le Soya en Cochinchine

La piaule est cultivée en Cochinchine. Quelle est l’importance de celte culture? Quelles sont les variétés préférées? Les graines du Soya ont-elles dans le pays quelque autre emploi que celui qu’on en fait au Japon ou en Chine? Nous l’ignorons; mais nous rencontrons dans le Bulletin du Comité agricole et industriel de la Cochinchine , 2e série, tome Ier, page 456, un article de M. Corroy, des plus intéressants, et, fidèles à notre plan, qui consiste à mettre sous les yeux du lecteur toutes les pièces relatives à la question qui nous occupe, nous le reproduisons ci-dessous :

« Nous avons rapporté de Mandchourie, en même temps que le Sorgho, 3,000 kilos de Pois noirs qui servent généralement à la nourriture des animaux dans le nord de la Chine, mais ne peuvent être donnés que comme supplément de rations; l’huile essentielle qu’ils contiennent servirait de stimulant aux organes digestifs ; l’actiou réparatrice de ces grains serait souveraine sur les animaux amaigris à la suite de pénibles travaux, de longues marches ! Nous avons donné, du 25 novembre au 7 avril, 250 grammes de ces Pois, par jour, à chaque animal, et nous devons déclarer que, si par moment les animaux les recherchaient avec avidité,

il arrivait souvent, au contraire, qu’ils les laissaient au fond de la mangeoire, malgré la précaution qu’on prenait de les mélanger aussi exactement que possible avec le Sorgho et le Paddy (1). Nous n’avons pas constaté non plus qu’il provoquait, chez les animaux fatigués, cette espèce de résurrection des forces épuisées que leur attribuent les Chinois et les Mandchoux.

« En outre, ces grains sont très amers lorsqu’on les administre secs; il faut donc leur faire subir un commencement de cuisson pour les débarrasser du principe amer que renferme l’épiderme. 11 en résulte de grandes difficultés pour l’administration de la ration, difficultés qui ne nous semblent pas compensées par les vertus problématiques qu’on nous avait vantées. Nous croyons donc qu’il n’y a pas lieu de renouveler l’essai (2).

« Néanmoins, comme cette plante peut être utilisée pour la nourriture de l’homme et pour l’industrie, nous en avons soumis un échantillon au Comité agricole et industriel de Cochinchine, qui a chargé M. Pierre, directeur du jardin botanique et de la ferme des Mares, de l’examiner et de donner son appréciation sur cette Légumineuse.

« Voici le résultat des observations de M. Pierre :

« J’ai semé les graines rapportées par M. Corroy. J’ai sous les yeux, en ce moment, plusieurs plantes venant de ce semis, les unes en fleurs, les autres en fruits; les graines appartiennent au Glycine Soja Sieb. et Zucc., et j’établis à dessein, m’aidant de Bentham, la synonymie, pour montrer les formes diverses qu’affecte cette espèce, suivant les climats où elle est cultivée.

(1) Riz non décortiqué.

(2) Les expériences faites en Europe montrent que les conclusions de M. Corroy ne sont pas fondées. — P. B.

« Il existe une différence sensible entre la variété à graine noire et celle à graine blanche; mais, quand on compare la plante provenant des graines de M. Corroy et de la variété cultivée en Cochinchine, dans l’Inde et à Java, on comprend que Miquel ait pu en faire une espèce distincte, sous le nom de Soja cingusti folia.

« En effet, le caractère hispide de l’espèce est à peine accentué dans les plantes provenant de mon semis, les folioles sont ovales et, dans la majorité des cas, on en trouve à peine quelques-unes ayant la forme acuminée. Les tleurs sont bleues et non rougeâtres, comme Baker les décrit; elles sont exactement celles de la description de Loureiro. Les fruits sont moins longs que dans l’espèce cultivée près de Saïgon, plus larges, plus aplatis et u u peu fal ci formes.

« Tous ces caractères ont été, suivant les variétés, décrits par plusieurs auteurs. On peut admettre jusqu’ici les races suivantes :

A. Race à fleurs blanches.

B. — — bleues.

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